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Rapport Charpin : l’avenir dans le rétroviseur

Communiqué à la presse du 31 juillet 2000

lundi 31 juillet 2000

Le rapport Charpin-Pellat-Dessus sur "l’étude économique prospective de la filière électrique nucléaire" vient d’être remis au Premier Ministre. Contrairement à ce que laisse supposer son titre, vous n’y trouverez pas une décomposition précise des coûts du nucléaire, par exemple le coût du traitement des déchets, mais des scénarii énergétiques à l’horizon 2050 (!) qui s’appuient en 2020 sur deux hypothèses provenant des scénarii du plan.
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Les Verts dénoncent ce rapport comme étant une "machine" à écrire l’avenir à partir du passé. L’avenir en 2050 est à décider collectivement et démocratiquement. Il est totalement ouvert. Or, pour nos "scénaristes" qui fixent la durée de vie des centrales à 45 ans, l’avenir est la prolongation des courbes du passé et, si on ne renouvelle pas les centrales nucléaires, elles sont remplacées par du gaz. Ils pensent avoir exploré "un large spectre de scénarios visant à couvrir la plupart des stratégies envisagées dans le débat public", mais leurs "avenirs possibles" manquent franchement d’imagination.
Ainsi, bien que les auteurs constatent que la maîtrise des consommations électriques est toujours rentable sur le plan financier et doublement sur le plan environnemental (ni déchets nucléaires, ni CO2), ils n’en font pas trop. Même dans le scénario qui se veut économe en énergie (consommation en 2050 à peu près analogue à aujourd’hui), ils prévoient une consommation électrique accrue de 50% (alors que la population française se stabilise et qu’elle est largement équipée). Quant à l’énergie éolienne, elle est "marginale" comme l’écrivent les auteurs. C’est ainsi qu’ils l’ont voulu, qu’ils l’ont choisi, lui permettant tout au plus de couvrir de 2 à 5% des besoins en électricité d’ici un demi-siècle.
Ayant ainsi négligé la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables, les auteurs peuvent enfin reprendre le discours classique du lobby nucléaire : les déchets nucléaires ou l’effet de serre, pour en conclure comme d’habitude.
Mais les Verts tiennent à rappeler que l’avenir possible en 2050 dépend aussi des investissements en Recherche et Développement. Or sur ce point, la page 83 du rapport est spectaculaire. Elle montre que la France continue à mettre plus de 90% de l’argent public dans le seul nucléaire. Pire, depuis 1997, l’argent mis dans le nucléaire a plus augmenté en valeur absolue que tout l’argent mis hors nucléaire. Les Verts considèrent cette situation comme inacceptable car elle bloque toute évolution. Les miettes qui ont été données pour la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables, et dont on a tant parlé, sont ramenées à leur juste proportion, soit à peu près rien. Les Verts feront de ce point un enjeu essentiel des négociations à venir.

Maryse Arditi
Porte-parole

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