Archives des Verts français Archives des Verts français

Le beau Danube… tout bleu de cyanure, ou l’or qui tue !

Communiqué à la presse du 15 février 2000

mardi 15 février 2000

Une fois de plus, les digues d’un bassin d’eau cyanurée dans une mine d’or se sont rompues. Cette fois, c’est de la mine Aurul, en Roumanie, que le flot empoisonné s’est écoulé dans la rivière Szamos pour aboutir à Tisza, rivière célèbre de Hongrie, et de là, au Danube.
Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

On commence à mesurer l’étendue des dégâts écologiques devant les tonnes de poissons morts, mais il y en a pour des années car, si la dilution diminue le choc immédiat, elle étend la pollution à doses faibles sur des espaces de plus en plus vastes et tout le système hydrologique du centre de l’Europe est atteint. Les Verts s’étonnent que la commission européenne n’ait pas dégagé une aide d’urgence pour empêcher l’extension de la pollution et insistent pour qu’elle réponde favorablement aux demandes d’aide de la Roumanie et de la Hongrie.

Il y a deux ans, en avril 1998, c’était en Andalousie qu’une digue se rompait en laissant s’écouler 58 millions de mètres cubes de boues toxiques dans le parc naturel de Donana. Mais en France aussi, à Salsigne, depuis mars 1997, suite à des fuites de bassins d’eau cyanurée, la consommation des légumes est interdite dans toute la vallée de l’Orbiel (sans oublier la rupture de la grande digue en 1966). Tous ces accidents ne sont pas dus au hasard, mais sont le fruit d’un système économique qui tient l’environnement pour quantité négligeable.

Toutes ces catastrophes surviennent dans des mines d’or exploitées par des sociétés multinationales ; une filiale du groupe suédois Boliden en Andalousie, une compagnie australienne, Esméralda, en Roumanie et une autre australienne, Eltin, à Salsigne. Les Verts exigent que le principe pollueur-payeur soit appliqué partout et dans sa globalité. En particulier, dans ce cas, il faut prendre en compte, non seulement la répartition des dégâts écologiques, mais aussi la catastrophe économique pour l’agriculture, la pêche et le tourisme. Au-delà de l’urgence, cet accident met en lumière la liaison entre enjeux environnementaux et enjeux géopolitiques car seule une paix durable dans la région permettra la coordination nécessaire entre des pays comme la Hongrie, la Slovaquie, la Serbie, la Croatie, la Roumanie ou la Bulgarie pour gérer au mieux les risques environnementaux.

L’exploitation des mines d’or est une industrie dangereuse manipulant des quantités considérables de produits très toxiques dont les effets sur l’environnement, mais aussi sur l’homme, sont dévastateurs. Il faut rappeler que les maladies professionnelles liées à l’arsenic ont été reconnues suite aux nombreux cancers des travailleurs de la mine d’or de Salsigne. Une fois de plus, cet accident met en évidence les liens étroits entre la sûreté des installations et les impacts des polluants sur l’homme et l’environnement. Si une agence de sécurité sanitaire et environnementale existait en France, elle devrait être capable de se saisir d’un dossier comme celui-là pour le traiter dans son ensemble. Les Verts demandent avec force que ce dossier avance rapidement avec des compétences et un champ d’intervention larges.

Les Verts

Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19