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Bilan d’étape : une année d’action de Roselyne Bachelot

A contre-courant

Energies, Nucléaire, Climat

mardi 20 mai 2003

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NUCLEAIRE

Retour du lobby. retour du mépris

"L’industrie la moins polluante c’est l’industrie nucléaire" R.Bachelot
A propos du nucléaire, elle estime que les Français sont réconciliés avec cette forme d’énergie. "Il faut aborder cette question sans être nucléocrate, ni antinucléaire intégriste (...). Je persiste et je signe : du point de vue de l’émission des gaz à effets de serre qui modifient le climat, la production électrique d’origine nucléaire est une bonne solution si on pratique la transparence, si on résout la question des déchets et de la sécurité » R. Bachelot
« Le gouvernement fonde de grands espoirs sur le débat qui va s’ouvrir sur l’énergie, à l’image de la Finlande, qui vient de construire une nouvelle centrale nucléaire dans les meilleures conditions. » R.Bachelot
En 1988, R. Bachelot s ’opposait au projet d’ enfouissement de déchets nucléaires a Ségré dans Le Maine et Loire. près de chez elle.


Transparence

La Majorité plurielle avait effectué la séparation des fonctions d’évaluateur (création de L’IRSN, loi du 9 mai 2001, décret), de contrôleur (création de la DGSNR, ex-DSIN) et d’exploitant pour une meilleure transparence et indépendance de l’expertise en matière nucléaire.

Cette nécessaire séparation est déjà menacée. Au sein du nouvel organisme d’expertise L’IRSN, signe péjoratif : la voix du MEDD est désormais marginalisée par rapport aux autres tutelles, et le "CEA-promoteur de l’énergie nucléaire" (comme il se qualifie lui-même) semble reprendre en main l’expertise nucléaire extraite de son sein en 2001... Derrière les retards de nominations, ne faut-il pas voir la recherche de titulaires suffisamment dociles ?

Par ailleurs, l’autorité de contrôle, la DGSNR revendique une indépendance totale de l’autorité de contrôle qui, compte tenu de l’histoire et de la tradition française de ce secteur, reviendrait à la confier à 4 ou 5 membres des grands corps, entièrement acquis aux options nuclearistes... lesquels s’autoproclament aujourd’hui. Autorité de Sûreté du Nucléaire" (ASN), rebaptisant unilatéralement la DGSNR, et réduisant leur ministre a ânonner leurs propres positions... Transparence absolue du contrôle, oui - abandon de la capacité de choix politique non !

Point positif : la loi sur la transparence nucléaire a été redeposée par le MEDD le 18 juin 2002 sur le bureau du Sénat (déposée une première fois en juillet 2001 par D. Voynet).

Filière MOX : Marcoule et Cadarache

L’extension de l’usine Melox de Marcoule est en marche, via l’ouverture de Llenquête publique demandée par le MEDD. Cette extension (de 101 T/an a 145 T/an) est en théorie strictement limitée au transfert de capacité de l’usine de Cadarache (45 T/an)... mais aucun engagement n’a été pris concernant la fermeture réelle et le démantèlement de Cadarache. II semble que COGEMA envisage d’y traiter des LTA (leak test assembly). S’y ajoute un marché de dupes sur L’emploi, la COGEMA exigeant L’extension de Marcoule en contrepartie. C’est si un véritable plan de fermeture et de démantèlement est mis en œuvre que l’emploi total sur le site de Cadarache augmentera !

La question des risques sismiques sur certaines centrales françaises n’a pas été dissimulée (mise en ligne au milieu d’autres informations sur le site de la DGSNR). C’est la moindre des choses ! Mais R. Bachelot se plaint que le séisme italien soit utilisé pour l’attaquer ! Les préoccupations de la population sont traitées comme au temps du professeur Pellerin quand il ne fallait surtout pas effrayer les bons et paisibles citoyens. Peut-on accepter le ton du directeur de la DGSNR prenant de haut les questions qui lui sont posées ? (cr. interview de M. Lacoste sur asn.gouv.fr).

La Hague et retraitement

L’opinion sait-elle que plusieurs décrets concernant La Hague ont été signés alors même que l’on annonçait un grand débat national « ouvert » sur l’énergie ?

La question du nucléaire est donc de retour en France, totalement à contre-courant des tendances internationales et de l’opinion qui, à 61 %, ne souhaite pas que cette énergie soit utilisée à l’avenir, et à 62% est prête à payer plus cher l’électricité pour favoriser l’abandon de l’énergie nucléaire (Le Monde du 13 novembre 2002). II est vrai que Roselyne Bachelot a déclaré au sujet de la construction d’une centrale en Finlande qu’elle avait " L’adhésion de l’’opinion a part quelques toqués ". Sur 8 pays européens ayant des centrales, 5 ont décidé de sortir du nucléaire parce qu’économiquement c’est faillitte et le gaspillage.
Dans la perspective de l’entrée de nouveaux pays membres nucléarisés (18 réacteurs de type soviétique), la Commission souhaite faire adopter une directive-cadre sur la sécurité nucléaire. La Commission veut s’assurer que les fonds de démantèlement des réacteurs en fin de vie et de gestion des déchets restent disponibles a une hauteur suffisante. Excellente initiative que le Parlement européen a d’ailleurs amendée dans le bon sens.

La question du démantèlement et, plus globalement, la question économique, jouent un rôle crucial. Les arguments rebattus sur "le nucléaire, énergie la moins coûteuse" volent progressivement en éclats. L ’exemple anglais du renflouement massif (plus de 2 milliards d’euros) et en urgence par l’Etat d’un opérateur (Bràish Energy) le montre. En France, le rapport Charpin-Dessus-Pelat en 2000 démontra lui le coût exorbitant de la filière MOX.

Le secteur privé, qui sera partie prenante en cas de privatisation partielle d’EDF, est peu intéressé par la gestion d’une industrie aussi risquée, tant au plan de l’exploitation qu’au plan financier. La transparence, faute d’être imposée par les pouvoirs publics, pourra l’être par le marché : Tepco, société japonaise très liée à Cogema, exploitant deux centrales, a reconnu avoir falsifié ses rapports d’inspection et menti a l’agence de sûreté pendant des années (Libération 19 novembre 2002). Et un accident grave a fait deux morts par irradiation au Japon en 1999.

Commentaire : quand il s ’agit d’augmenter la production (Marcoule) ou de traiter des produits plus dangereux (La Hague) on fonce ! Quand il s’agit de limiter l’impact environnemental (en arrêtant Cadarache) : on traine... Le débat national sur I ’énergie promis par le Premier ministre a bien mal démarré, déjà concurrencé par « Energies : Le vrai débat ! » auquel les Verts participent activement.


ENERGIES RENOUVELABLES

" Je ne suis pas pour le nucléaire mais pour que notre génération n ’épuise pas toutes les réserves d’énergies renouvelables et pour préserver l’environnement "
R. Bachelot, Paris-Match du 30.8.2002

Depuis mai 2002, les énergies renouvelables sont victimes d’un brutal coup d’arrêt :

- coupes sombres dans le budget de L’ADEME : les ressources disponibles totales passent de 407 ME à 325 ME (-20%). Alors que l’Industrie maintient des contributions quasi stables, c’est celle du MEDD qui baisse spectaculairement même si l’ADEME est devenu trop riche d’un coup, le soutien auxporteurs de projets, et les pressions contre l’inertie des entreprises et des élus n’a pas de raison d’être réduit … bien au contraire.

- menace mortelle sur l’éolien : le projet de loi sur l’ouverture du marché de l’électricité est l’occasion pour le lobby nucléaire de restreindre les facilités accordées a l’éolien. Les budgets destinés à la promotion des énergies renouvelables dans le budget du MEDD baissent de 81 a 61 ME.

- la suppression des emplois-jeunes aura un impact très négatif, alors qu’on aurait pu admettre des évolutions qui auraient fait évoluer les emplois-jeunes de sorte qu’ils ne constituent plus une une fonction publique au rabais ou , dans la associations, un désengagement de l’Etat. Quid des points Info Energie dont on entend la promotion actuellement sur les ondes sans les emplois-jeunes qui les font fonctionner ? - et cerise médiatique sur le gâteau, AREVA sponsorise la voile et le grand large et intègre le Syndicat des Energies Renouvelables !

Commentaire : cette volte-face est grotesque et scandaleuse. En effet, la maîtrise de I ’énergie doit être une priorité nationale puisque la France s’est engagée a respecter Kyoto. La France accuse un retard énorme en matière d’énergies renouvelables. Sur l’éolien, le retard est abyssal. 150 MW installés (0,7% de I ’électricité produite) contre 4.000 MW en Espagne et 10.000 MW en Allemagne. Faut-il rappeler qu ’au Danemark par exemple, le chauffage électrique est interdit a proximité d ’un réseau de chaleur ou de gaz naturel ? En France il équipe 55% des logements neufs ! Engendrant d’ailleurs l’essentiel des impayés de chauffage, lesquels sont pris en charge par la collectivité.

CLIMAT et EFFET DE SERRE

Quand R. Bachelot affirme le 22 juin 2002 que " L’abandon du nucléaire équivaudrait a rejeter 300 millions de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère" elle se trompe sur le fond (car l’essentiel du problème de croissance de l’effet de serre vient des transports non électriques) ? Et elle remet en cause la position française : le nucléaire a été clairement exclu des mécanismes du traité par l’assemblée des Parties au protocole de Kyoto, avec le soutien de la France et à la demande des PECO et du sud.

Commentaire : La France entend-elle remettre en cause sa parole, exprimée par le président de la République dans les enceintes internationales
 ? Comment dépasser le demi-échec de COP 8 à New Delhi ? Comment s’engager à réduire les émissions de GES tout en donnant a nouveau priorité à la route dans le budget 2003  ?



Télécharger le Bilan Bachelot (pdf - 89 k)

Document réalisé à partir d’une note de Blaise Desbordes,

Réalisée avec le concours d’Yves Cochet, Dominique Voynet, Jean-Patrick Leduc, Gilles Euzenat et Sandrine Bélier.

Yann Wehrling
Porte parole national des Verts

contact :
06 84 35 51 33

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