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Les Français qui vivent à l’étranger doivent-ils voter aux élections françaises ?

Témoignages mondiaux en prévision de la première élection en 2012 de 11 députés pour les Français établis hors de France.

dimanche 12 septembre 2010

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En 2012, pour la première fois, les 2 millions et demi de Français qui vivent à l’étranger vont élire 11 députés à l’assemblée nationale pour les représenter. Ils votent déjà depuis longtemps pour élire le Président de la République et ceux qui élisent leurs sénateurs. Ces premières élections législatives dans le monde entier seront un événement. Europe Ecologie doit y participer et avoir des élu-e-s.

Les Français qui vivent à l’étranger souhaitent-ils voter aux élections françaises ?

- Oh oui, je veux voter aux élections françaises. Nous, les femmes françaises, nous nous sommes organisées au Burkina. Nous avons divers problèmes entre autre en cas de divorce des couples bi-nationaux après lesquels il faut mettre en accord la loi française et la loi burkinabèse souvent très différentes. Et je ne parle pas du souhait que nous avons tous que nos enfants suivent une scolarité française, une scolarité organisée et financée par la France. Alors, comment pourrions-nous, hommes ou femmes, être indifférents aux élections françaises ?

FY, 28 ans au Burkina Faso et mariée à un burkinabé

- Oui bien sûr, je vote aux élections françaises ce qui est très important pour moi. Car si pour des raisons sentimentales et professionnelles j’ai été amené à traverser l’Atlantique, je me sens toujours autant impliqué par les débats politiques français et européens. Il existe un cliché totalement erroné sur les Français de l’étranger : tous des évadés fiscaux de droite. Les récentes élections ont au contraire montré que les Français de l’étranger votaient en moyenne bien plus "européen" et "écolo" qu’en France métropolitaine. En 2012, des députés des Français de l’étranger seront élus. Forts d’une expérience transnationale, ils pourront alors proposer un éclairage différent sur les questions politiques nationales.

RP, 5 ans aux Etats-Unis, 4 ans au Canada, 2 ans au Mexique, marié à une péruvienne

- Je vis depuis trois ans à Baden-Baden en Allemagne, ville où j’ai décidé de m’installer définitivement avec ma famille. J’ai beaucoup déménagé sur plusieurs continents mais j’ai toujours usé de mon droit et devoir de vote. Ce qui logistiquement ne fut pas toujours aisé, la chose se compliquant depuis que de nombreux consultats francais ont fermé outre-Rhin. En tant que citoyenne française vivant à l’étranger, il m’est important de savoir que tous mes congénères sont bien représentéEs à tous les niveaux décisionnels, par des politiques compétents qui s’intéressent aux problématiques des leurs vivant à l’étranger. La nostalgie du pays peut être minorée par un seul geste, celui du bulletin.

PSL,25 ans en Allemagne et un mari allemand

- Je suis un binational : à la fois Français (de naissance) et Canadien (par naturalisation). J’ai deux pays et j’ai deux droits de vote. Mon pays de naissance fera toujours partie de moi et personne ne pourra me l’enlever (n’en déplaise à M. Sarkozy) car il est en moi, que je le veuille ou non. Étrangement, c’est à l’étranger qu’on s’est chargé de me le rappeler. Au Canada, j’étais souvent d’abord considéré comme un Français. En tant que tel, j’étais le représentant de la France, bien malgré moi... En tant que Français qui arrivait au Québec, je souhaitais bien souvent rester discret. Mais non, on vous rappelle régulièrement votre origine. Le statut de Français de l’étranger est un statut qu’on apprend à apprivoiser, et qui nous rappelle à nos devoirs par rapport à notre pays. Car vivre à l’étranger ce n’est pas renier ses origines pour autant. C’est une occasion de s’enrichir et d’alimenter notre pays de nos expériences et de nos découvertes. Une occasion d’être un lien, avec le monde pour ceux qui sont restés au pays (notre famille, nos amis, etc.). Inversement, nos familles, nos amis et nos connaissances sont autant de liens qui nous gardent attachés à nos racines. La vie et le développement du pays qui m’a vu naître m’intéressent et je souhaite faire ma part pour l’aider à grandir et devenir meilleur, même si cela passe seulement par mon droit de vote...

JV, 10 ans au Canada

- Bien sûr que je voulais voter quand je vivais en Éthiopie. Je savais bien que je rentrerai un jour en France. Et puis pour tous les gens que je rencontrais, j’étais un Français, pas seulement un francophone. J’avais ma part de responsabilité dans la politique que menait la France à l’étranger.

JH, 3 ans en Éthiopie, 5 ans en Suisse

Les Français qui vivent à l’étranger souhaitent-ils voter aux élections du pays dans lequel ils vivent ?

- Je vivais depuis 6 ans au Gabon quand a eu lieu une élection présidentielle. Omar Bongo a décidé que les étrangers, très nombreux dans le pays, devaient aussi voter. Je me suis immédiatement refusé à cette idée. Et puis, j’ai pensé qu’en France on parlait beaucoup de la Françafrique et on dénonçait en particulier de la façon dont la France soutenait certains chefs d’Etat africains quand elle ne les amenait pas avec ses militaires. Alors, que moi, française, je participe au choix du président du Gabon ? Non. Je ne l’ai pas fait.

FH, 8 ans au Gabon, 18 ans en Afrique

- La constitution colombienne de 1991 ouvre la possibilité de vote aux consultations locales pour les étrangers légalement installés dans le pays. Depuis la réforme de 2007, les étrangers qui ont cinq ans de résidence légale dans la capitale pourront élire le conseil municipal et le/la Maire de Bogota par exemple. De ce point de vue et de manière étonnante, la Colombie fait preuve de maturité politique. D’ailleurs, les Colombiens qui résident à l’étranger élisent également leurs parlementaires, dans une circonscription propre, depuis 1991. La plupart des étrangers qui y sont installés depuis des années se sentent partie prenante de la vie colombienne et souhaitent donc voter aux élections locales. Les mêmes peuvent vouloir voter aux élections du pays de leur nationalité. Dans des vies construites à des endroits différents de notre planète, les appartenances ne se contredisent pas toujours, elles se complètent et se chevauchent ! Il n’y a pas de contradiction à voter en 2011 aux élections municipales à Bogota, où l’on vit, et voter aux élections législatives françaises en 2012.

SC, arrivé en Colombie en 2009

- Pour un Français, voter aux élections algériennes est tout simplement impensable. Un million d’Algériens sont morts pour prendre leur distance avec la France. Comment pourrait-on laisser des Français participer aux décisions politiques algériennes ? En Algérie, nous sommes des étrangers. L’Algérie ignore le droit du sol, nos enfants nés en Algérie ne peuvent pas être Algériens. Chaque pays a son histoire. Chaque pays a sa façon d’organiser sa vie politique. Acceptons que chaque pays décide des droits qu’il donne aux étrangers qui vivent sur son sol.

SG, 5 ans en Algérie

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