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LES VERTS ET LES MÉDECINES NON CONVENTIONNELLES. Janvier 2010

jeudi 14 janvier 2010

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Les médecines sont nombreuses et variées, sans doute à l’image des soucis et des souffrances des humains qui sont, eux aussi, nombreux et variés. Ces souffrances ont le plus souvent une forte composante subjective et l’important, pour le patient, est de trouver le médecin qui l’accueille et l’intervention qui le soulage. Il y a peu de vérités universelles dans ce domaine.

Dans ce contexte, les médecines sont marquées par un combat idéologique qui donne lieu à beaucoup d’intolérance.

Le système de santé est dominé par la médecine officielle, basée essentiellement sur l’exploration du corps et sur la consommation de médicaments. Cette médecine semble quelquefois plus au service de l’industrie pharmaceutique que de la santé publique et use de sa position dominante de façon impérialiste. Il suffit, pour s’en persuader, de considérer qu’une consultation de psychologue ou de psychanalyste n’est toujours pas remboursée par la sécurité sociale, sauf si ce dernier est médecin. Il faut dire que la pression des industries pharmaceutiques et des lobbys est très puissante dans le système de santé.

Ces critiques rencontrent le point de vue des tenants des médecines non conventionnelles (MNC). Mais, partager la critique ne suffit pas.

Traiter les MNC à égalité avec la médecine officielle, consiste à leur appliquer les mêmes exigences et, aussi, à reconnaître de la même manière leurs limites. Valider le service rendu implique d’évaluer, pour chaque médecine, dans quels cas elle est efficace et quels effets indésirables elle peut entraîner. L’exigence scientifique repose sur des méthodes adaptées, le plus souvent sur des études statistiques, et les MNC ont souvent du retard sur la médecine officielle dans ce domaine. Ce retard est à rattraper.

Mais, plus fondamentalement, les MNC sont aussi des médecines, c’est-à-dire qu’elles prennent en charge individuellement, pour les soulager, des patients qui viennent consulter. Or, s’il est utile de soigner le mieux possible les malades, cela ne suffit pas à constituer une politique de santé. Consommer de la médecine quand on n’est pas malade n’est pas une bonne protection de la santé.

Les Verts préconisent une politique de prévention car les maladies et les souffrances modernes sont de plus en plus liées à l’environnement et aux modes de vie. Le cancer est devenu la première cause de mort dans notre pays. Les maladies cardio-vasculaires sont toujours très prégnantes. La souffrance psychique, le stress et le suicide sont devenus une priorité de santé publique. Les accidents sont trop nombreux. L’obésité, le diabète, les allergies, l’asthme se développent. Les produits cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la fertilité sont de plus en plus nombreux et nous les absorbons quotidiennement à la ville, à la campagne, et même à l’intérieur de nos maisons. L’alimentation, en quantité et en qualité, est une des clés de la santé. Les consommations de toxiques jouent un rôle très important. Le lien social et le « vivre ensemble » sont aussi les grandes faiblesses de la période moderne.

C’est pourquoi la santé passe par une nouvelle politique, orientée, d’une part, vers la santé environnementale et, d’autre part, vers l’éducation pour la santé. Les Verts proposent un système de santé réorganisé en trois axes, les soins, l’environnement et l’éducation. Dans ce domaine, il s’agit de nous responsabiliser individuellement et collectivement pour mieux maîtriser nos conditions de vie.

Cette approche de l’action de santé n’est pas d’abord médicale. C’est dans cet ensemble, et en particulier dans l’offre de soins, qu’il y a place pour les médecines non conventionnelles. Il faudra étudier ce qui soulage en s’appuyant sur les praticiens et en donnant la parole aux patients, pour définir des critères de qualité, des méthodes d’évaluation et mettre sur pied les études scientifiques qui permettront, comme pour les médicaments, de juger de l’efficacité des interventions et de garantir la qualité du service rendu.

Jean-Luc Véret, Président de la commission nationale santé des Verts

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