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PROPOSITIONS POUR LES ELECTIONS REGIONALES 2010. Octobre 2009

mercredi 14 octobre 2009

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La situation

Depuis quelques années, les cancers sont devenus la cause principale de mortalité dans notre pays. Cette réalité est à mettre en relation avec le fait qu’on augmente régulièrement le nombre de produits cancérigènes certains, probables ou possibles dans notre environnement, que nous en absorbons des quantités croissantes dans l’air, dans l’eau ou dans l’alimentation, de même que nous sommes soumis, toujours davantage, à des radiations cancérigènes. Même si l’on ne peut pas identifier la cause de chaque cancer, on ne pourra pas continuer longtemps à jouer la politique de l’autruche sur la santé environnementale. Plus généralement, les principales causes de mortalité et de souffrance modernes sont dues à des maladies de civilisation : cancers déjà cités, maladies cardio-vasculaires, morts violentes, c’est-à-dire accidents et suicides, alcoolisme,... Tous ces problèmes de santé sont liés aux pollutions de l’environnement, aux modes de vie, aux comportements, à la mauvaise qualité des relations entre les humains. Ceci signifie qu’elles seraient accessibles, au moins en partie, à la prévention, fondée sur l’environnement et l’éducation pour la santé. Les maladies en plus forte augmentation sont également des maladies de civilisation, diabète lié à l’obésité, asthme, allergie, de même que la souffrance au travail ou la difficulté de vivre. Il faut constater que notre système de santé est relativement impuissant devant cette situation et que, si la longévité des personnes âgées augmente, notre pays est aussi connu pour l’importance de la mortalité prématurée, en particulier des hommes, comme pour l’ampleur des inégalités sociales, dont les études montrent qu’elle ne se réduisent pas, mais sont, au contraire en augmentation. Le « trou » de la sécurité sociale est en train de devenir un gouffre avec près de 30 milliards d’euros de déficit prévu en 2009 et 2010. Le principe même de gérer ce déficit en empruntant, comme on le fait actuellement, nous paraît inacceptable car il revient à faire payer nos dépenses de fonctionnement par les générations suivantes. En ce sens c’est le strict contraire du développement durable qui, par définition, permettrait aux générations suivantes de vivre avec les mêmes avantages que nous. De plus, on ne peut pas exclure que la sécurité sociale se retrouve plus ou moins prochainement en cessation de paiement. Certains attendent cet événement avec cynisme et avidité pour transférer la protection sociale aux assurances privées, avec le cortège d’augmentation des inégalités qui s’y rattachent inéluctablement. Le paritarisme est à bout de souffle et ne fonctionne plus réellement, les usagers sont toujours marginalisés dans la gestion du système de santé, la centralisation démesurée du système le rend quasi incontrôlable malgré les réformes à répétition. Rien ne freine la volonté du gouvernement actuel de tout céder aux corporatismes et aux lobbys de l’industrie pharmaceutique, du pétrole, de l’agroalimentaire et du sucre, de l’alcool, des assurances,...

Les enjeux

Cet ensemble de constats montre que la situation est plus grave qu’on ne le croit bien souvent : les maladies de civilisation progressent plus vite que les progrès de la médecine ; l’accumulation de déchets chimiques ou nucléaires engage l’avenir pour des siècles ou des millénaires et dépasse la dimension des politiques humaines ; l’importance que prennent la souffrance psychique et les suicides et la montée des suicides au travail nous obligent à nous pencher sur les critères de qualité de vie. La crise est structurelle et ne se résoudra par la protestation ni simplement par la mobilisation de nouvelles ressources financières. Cette situation rend particulièrement pertinent le projet santé des Verts tel qu’il a été approuvé en Conseil National InterRégional. Il s’agit de réorganiser le système de santé en fonction d’objectifs de santé pour la population, de passer d’un système purement médical à un système de santé globale. Cela implique de développer, à côté du système de soins, 2 nouveaux axes : le premier vers la santé environnementale et au travail, le deuxième vers une réelle politique de responsabilisation individuelle et collective, c’est-à-dire d’éducation pour la santé et de promotion de la santé, et de constituer un trépied dans lequel la politique de santé n’est pas pensée uniquement à partir de la maladie et de la médecine, mais bien de la protection et du développement de la santé de la population dans son sens positif, permettant ainsi de maîtriser l’inflation des soins. Concernant les soins médicaux, il s’agit d’assurer l’accès aux soins en cessant d’augmenter les dépenses à la charge des usagers et en assurant la couverture du territoire par la médecine générale. Il s’agit également de soutenir et moderniser l’hôpital public et de faire cesser l’évolution organisée par le gouvernement actuel vers une médecine à deux vitesses entre les cliniques privées et l’hôpital public. Il s’agit de repenser, voire de refonder la sécurité sociale pour conserver le principe de solidarité aujourd’hui mis à mal. C’est sans doute un des combats majeurs des Verts, qui proposent d’inventer une nouvelle gouvernance basée sur une décentralisation, sous forme de régionalisation, et sur la mise en place d’une réelle démocratie sanitaire, où l’ensemble des citoyens aient un poids en tant qu’usagers actuels ou potentiels du système de santé. L’avenir de la sécurité sociale ou la privatisation du système de santé devrait être un enjeu majeur des prochaines élections nationales. Si tel n’est pas le cas, c’est que tout le monde joue la politique de l’autruche. Nous attirons l’attention des candidats sur le fait que le programme santé des verts est cohérent parce qu’il s’attaque réellement aux causes des dérives actuelles et il est original parce que les autres partis politiques n’osent pas s’y affronter directement. La droite sert délibérément les corporatismes et les lobbys et prépare la privatisation du système de santé. Le PC nous explique qu’il suffit de trouver de l’argent pour continuer pareil... Et le PS a bien du mal avec l’environnement comme avec la rupture avec le productivisme. Nous avons à nous saisir des questions de santé pour négocier un partenariat avec eux. Les Verts ont pris de l’avance et ils disposent maintenant d’un dossier intitulé « Projet Santé » validé par le CNIR, qui est à relire et à diffuser à l’occasion de ces élections. Il propose la restructuration profonde du système de santé en trois agences permettant de rééquilibrer le système autour des trois piliers : l’agence de l’offre de soins, l’agence de la santé au travail et environnementale, l’agence de l’éducation et la promotion de la santé. Est également disponible le projet de loi d’orientation et de réforme du système de santé (LORSS) qui propose une restructuration opérationnelle du système de santé autour d’un axe fort, la régionalisation. Il propose en particulier la mise en place d’un Conseil Régional de Santé comme fondement de la réorganisation de la gouvernance du système de santé et de la mise en place d’une nouvelle démocratie sanitaire.

L’échéance des Régionales

L’approche des élections régionales nous amène à proposer un nouveau rôle des régions dans la perspective d’un projet global de santé. Si la gestion du système de soins médicaux reste la compétence de l’État et nécessite des moyens financiers sans commune mesure avec ceux des régions, ces dernières peuvent jouer un rôle d’innovation et d’impulsion dans les domaines-clefs pour l’avenir que sont la santé environnementale et au travail ainsi que l’éducation pour la santé et la promotion de la santé.

Nous avons également à continuer à nous mobiliser, en particulier pour l’alimentation bio et pour l’éducation à l’alimentation saine dans les restaurants scolaires, contre les produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, les radiations ionisantes, ou encore contre le mal-être au travail, la hausse du ticket modérateur, contre la désertification des campagnes et pour la couverture du territoire par la médecine générale, pour l’hôpital public, etc...

La commission santé a formulé trois propositions pour la campagne des régionales : 1°/ Organiser dans chaque région, d’ici les élections, une rencontre publique sur la politique de santé 2°/ Organiser une journée de formation à l’échelle nationale pour les candidats des régions sur la politique de santé et l’avenir de la Sécurité Sociale 3°/ Créer un réseau de correspondants régionaux sur les questions de santé, en lien avec les reponsables régionaux

Trois axes principaux de campagne pourraient être pour tous : 1°/ Proposer une réelle régionalisation du système de santé, sous l’autorité d’un Conseil Régional de Santé, tel que proposé dans le projet de loi d’orientation des Verts. 2°/ Faire des propositions pour développer ou mettre en place une politique de santé environnementale et une politique d’éducation pour la santé 3°/ Etre présents dans les Agences Régionales de Santé en particulier pour y faire des propositions de réorientation vers la prévention et la réduction des inégalités

Jean-Luc VERET, Président de la Commission Nationale Santé

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