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Communiqué de presse du 25 février 2009

Soutien de la FEVE au mouvement guadeloupéen

mercredi 25 mars 2009

Depuis le 20 janvier, les forces progressistes de Guadeloupe, coordonnées par le collectif de 48 organisations « Lyyannaj kont pwofitasyon », dit LKP, dont Les Verts de Guadeloupe font partie, sont en grève pour revendiquer le respect de leur dignité et une amélioration de leurs conditions de ressources et de vie.

La Fédération des EluEs Verts et Ecologistes (FEVE) leur apporte son soutien et regrette vivement que la mort d’un syndicaliste soit venue endeuiller ce mouvement.

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Malgré son ampleur, (65 000 manifestants le 30 janvier, soit l’équivalent de 10 000 000 personnes à Paris !) la grève générale a d’abord été assortie d’un silence assourdissant des médias métropolitains. Mais personne ne peut désormais nier qu’il s’agit de la manifestation d’un réel malaise de la société de la Guadeloupe auquel il est indispensable de répondre par des changements profonds.

La situation actuelle en Guadeloupe est en effet le résultat d’une politique de gestion du territoire qui, depuis des années, n’est pas sans rappeler l’ancien comportement colonialiste de la France. Loin de favoriser le développement de l’île par et pour ses habitants, cette politique fait administrer la Guadeloupe par des personnes (fonctionnaires, dirigeants divers) venues de métropole et qui sont mutées avant d’avoir pu réellement comprendre les besoins et les enjeux du territoire. Ce fonctionnement, dans tous les secteurs (économie, administration, justice, environnement, etc.) maintient les Guadeloupéens dans un état de dépendance plus proche d’une colonie que d’un département...

Le contexte colonial persiste également à travers la possession des terres et des piliers économiques par les héritiers de l’ancien système ainsi que par la dépendance énergétique et alimentaire de l’île. Alors que le soleil, le vent, mais aussi la géothermie, devraient pouvoir assurer une grande partie de son approvisionnement, celle-ci est maintenue par l’Etat dans un système coûteux de monopole énergétique : la Guadeloupe dépend, pour vivre, de plus de 95 % d’énergies fossiles importées (pétrole et ses dérivés, gaz de pétrole liquéfiés et charbon).

A cela s’ajoute un fort sentiment d’exclusion du droit d’accession à la terre, à cause de l’explosion des prix du foncier induite par la défiscalisation qui bénéficie à de grands groupes et à de gros contribuables, locaux et hexagonaux. Un sentiment de dépossession renforcé par le rétrécissement constant de la surface agricole utile (qui réduit d’autant les capacités d’auto-alimentation) à cause d’une politique d’aménagement du territoire inadaptée à la dimension insulaire de la Guadeloupe. Sous prétexte de développer le tourisme, les plus beaux sites du littoral sont privatisés.

Enfin, pour terminer ce tour d’horizon non exhaustif, les Guadeloupéens sont dépossédés de leur environnement par la pollution des terres (notamment les plus fertiles) par le chlordécone. Ainsi que, à un autre niveau, par des manœuvres institutionnelles visant à priver les élus locaux de la gestion de la biodiversité de ce territoire.

En premier lieu, la FEVE soutient les revendications de ce mouvement social, qui sont simples, visent à enrayer la paupérisation de la population et portent sur tous les secteurs (formation, emploi, droits syndicaux, services publics, eau, santé, production, aménagement du territoire, infrastructures, culture) :

- 200 euros de plus ;
- baisse des prix à la consommation ;
- retrouver une économie locale dans tous les secteurs d’activité ;

- arrêt de la surexploitation par les grands groupes ;

- permettre aux Guadeloupéens diplômés d’accéder aux emplois qualifiés.

Mais au-delà, la FEVE appelle à une réorganisation de l’île concertée avec ses habitants, centrée sur la notion d’intérêt public, avec pour objectifs fondamentaux son autosuffisance en énergie propre, en ressources alimentaires et en eau. Des objectifs que les paramètres environnementaux et climatiques de la Guadeloupe devraient lui permettre d’atteindre.

La Fédération des EluEs Verts et Ecologistes tient à signifier sa solidarité à la lutte de tous les Guadeloupéens, Martiniquais et aux autres habitants des DOM-TOM. 

Elle appuie leur demande de :

- mise en œuvre immédiate d’un autre mode de développement dans tous les Territoires d’Outre-Mer pour que l’écologie, la solidarité et la démocratie soient réelles en France métropolitaine et en Outre Mer. Plus que jamais, l’idée « penser global et agir local » est pertinente.

- négociations sérieuses sous la responsabilité du gouvernement représenté par son ministre et non par des médiateurs.

- positionnement clair et engagement du président de la République.

Enfin, la FEVE appelle à ce que cette remise à plat du fonctionnement de la Guadeloupe, de la Martinique et plus largement des DOM-TOM, voire de la France dans son ensemble, soit bien considérée comme une occasion de jeter les bases d’une société qui ne soit pas entièrement basée sur l’économique. Le développement par la croissance continuelle a montré ses limites en réduisant la vie à la nécessité du boire-survivre-manger-consommer. Il est désormais temps de l’écarter au profit de l’épanouissement de l’individu et du vivre ensemble.

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