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[audio] Ecologie et éducation : quelles limites pour la croissance

Journée d’études organisée à l’Université de Paris 8 par les étudiants et les chercheurs en Sciences de l’éducation, le 20 mai 2008

dimanche 1er juin 2008

Le programme de cette Journée d’études, qui n’a pas été organisée par les Verts, nous a semblé particulièrement intéressant. Nous vous en présentons donc le contenu en collaboration avec les étudiants qui en sont à l’origine.
Presentation
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Organisateurs

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Bernard DELOBELLE : Etudiant-Chercheur en Sciences de l’Education, Educateur spécialisé

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David LAMBERT :, Etudiant-Chercheur en Sciences de l’Education, Directeur de Delta Trajectoires.

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Roberto ESPEJO : Etudiant-Chercheur en Sciences de l’Education, Responsable de domaine chez Delta Trajectoires.

Rapporteur de la journée et directeur de recherche des organisateurs.

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Jean-Louis LE GRAND : Anthropologue, Directeur de l’UFR “Sciences de l’éducation-Communication/FLE-Psychologie” et Professeur en Sciences de l’Education à l’université de St-Denis.


Nous souhaitons promouvoir les échanges entre les disciplines, qui souvent s’ignorent, pour favoriser ainsi le débat citoyen. Réévaluer nos choix de société pour les prochaines années constitue un des principes qui doivent gouverner le sens de la recherche universitaire : il s’agit de notre responsabilité de chercheurs. Nous ne saurions en effet nous désintéresser - comme (futurs) pédagogues, (futurs) enseignants et (futurs) chercheurs - du sort de l’humanité comme des générations futures.

« Le désert croît » (Nietzsche)

Qu’il prenne le visage de la croissance verte - le soja transgénique remplaçant la forêt et chassant brutalement les habitants traditionnels des campagnes -, qu’il prenne celui de la désertification de la vie au fond des océans avec la disparition des poissons et de la biodiversité -, ou qu’il prenne celui de l’agrandissement des zones arides et des terres ravagées par les feux de forêt - résultat du changement climatique -, le désert évoqué dans la prophétie de Nietzsche prend aujourd’hui toute sa réalité et tout son sens.

« C’est une triste chose que de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » (Victor Hugo)


Introduction

Ecologie environnementale et Education :
Comment penser et habiter la terre en sachant qu’en détruisant celle-ci, nous n’aurons pas un « ailleurs » où nous réfugier ?


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- Antoine DA LAGE, géographe, maître de conférences et directeur de l’UFR "Territoires - Environnements - Sociétés" de l’université Paris 8, membre de l’UMR CNRS "Espaces, Nature et Culture".


Quand on veut enseigner l’environnement, quand on veut éduquer à l’environnement ou quand on veut former des formateurs environnement, une des premières nécessités est sans doute de clarifier les vocabulaires et les concepts : développement durable, la préservation, le poumon vert...


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- Martine TABEAUD, professeur de géographie à Paris 1, chercheur à l’UMR CNRS Espaces, nature et culture



Ecologie sociale et mentale (Ecoformation) :
Il nous faut poser la question de l’Habiter, de la joie d’habiter le monde et de nous y enraciner. A savoir relier l’homme à ce qu’il est, à son environnement et au cosmos.


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- René BARBIER, professeur émérite des universités en Sciences de l’éducation, éditeur du "Journal des chercheurs" sur le WEB, directeur de l’ISSM Présentation des relations entre l’écologie et les approches non-occidentales (Chine et Krishnamurti), en fonction d’un noyau philosophique à trois concepts : Profondeur, Reliance, Gravité.



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- Odile DESCAMPS, Ingénieur d’étude au Centre de Recherche sur la Formation, CNAM. Membre du GREF (Groupe de Recherche sur l’Ecoformation).

  • Présentation de l’écoformation.
  • Présentation d’un exemple de formation par la matière : la sculpture sur bois. Décryptage d’un moment créateur, présentation du côté formateur de la matière.
  • Présentation d’un exemple de comportement écologique : les Indiens Kogi


Peut-on atteindre un développement durable avec la globalisation ?
Est-il possible de réaliser le développement durable avec des petites communautés de Travailleurs Sans Terre du Brésil ?


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- Eliana ABRAHÃO, ingénieur agronome, professeur de l’institut de biologie de l’université de Brasilia. Présentation d’une recherche-action avec 8 communautés de Travailleurs Sans Terre du brésil autour d’un projet de développement durable.



Ecologie, Politique et Economie. Quels enjeux pour l’éducation :
Que penser de la rationalisation du monde avec le culte de la performance et de la croissance ! Comment penser la société par rapport à l’environnement, à l’être humain et à l’éducation ?


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Jean-Pierre DACHEUX, Philosophe chercheur.
Entre Ecosophie et Ecoformation


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- Bruno CLEMENTIN, Président de l’Institut d’Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable. La décroissance ; naissance d’une notion nouvelle à partir du lien fait par Georgescu Roegen, économiste roumain et élève de Schumpeter entre l’économie et la loi de l’entropie.



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Synthèse des Travaux, par Jean-Louis LE GRAND, Anthropologue, Directeur de l’UFR “Sciences de l’éducation-Communication/FLE-Psychologie” et Professeur en Sciences de l’Education à l’université de St-Denis.



Clôture du Colloque


Cette journée touche donc à sa fin. Out d’abord nous nous excusons du retard que nous avons pris.

L’écologie n’est pas seulement une question d’environnement comme on nous le montre généralement dans les médias et comme l’a très justement relevé Bruno Clementin. L’écologie est complexe comme Martine Tabeaud et René Barbier l’ont dit. Elle touche différentes strates : l’environnement, certes, mais aussi l’individu/la personne, l’économique, le politique, les organismes de travail, le spirituel (entreprise, collectivité, institution, associations et autres). L’écologie et l’éducation devrait être lié comme nous l’a fait remarquer Jean-Pierre Dacheux.

Dan l’organisation de cette journée, dans sa structure, c’est ce que nous avons essayé de mettre en avant. En lançant ce mouvement, c’est ce que nous souhaitons mettre en avant. Un mouvement que nous ne souhaitons pas voir s’arrêter à cette journée.

Plus que jamais, il est selon nous nécessaire de poursuivre ce moment, de le faire vivre, d’aider à la diffusion de la conscience de l’écologie, d’une écologie globale, critique et imaginaire.

Nous poursuivrons ce moment en organisant en 2009 un colloque sur le sujet. Premier, nous le souhaitons, d’une longue série. Alors que cette journée d’étude est universitaire, le colloque à venir a pour ambition d’être mixte. C’est-à-dire de faire intervenir, venir et participer des intellectuels et des professionnels, de les faire réfléchir ensemble. De faire se rencontrer le monde universitaire et le monde du privé. Delta Trajectoires, la Scop de formation récemment créée et qui a activement participé à l’organisation de cette journée sera le relais qui travaillera à la mixité de ce colloque. 2 autres Scop avec lesquels nous sommes entrés en contact sont déjà intéressées pour participer et intervenir. Ce n’est qu’un début...

Mais notre action au sein de Delta Trajectoires, c’est aussi, à notre petit niveau, d’essayer d’intervenir au sein de l’éducation, pour apporter un esprit critique sur le sujet, pour faire réfléchir sur l’écologie, pour essayer de répondre à cette question de Christine ce matin du « comment faire ». C’est l’engagement dans lequel nous nous lançons en tant qu’étudiant chercheur et aussi en tant que salarié associé ou bénévole de cet organisme de formation. En créant ce groupe de recherche, ce n’est pas uniquement de la réflexion que nous voulons, c’est aussi de l’action, de l’action constructive.

Nous aiderons à la diffusion de la conscience d’une écologie globale, critique et imaginaire : En travaillant à la retranscription et à l’édition des minutes de cette journée, tout comme à celles du colloque à venir. En mettant à disposition sur le net des enregistrements de cette journée. Et surtout en créant un groupe de recherche sur ce thème. Sur une écologie Critique et Imaginaire. Un groupe de recherche qui devrait naître en parallèle de la mise en place du colloque à venir.

Bien entendu, nous vous tiendrons informé de tout cela.

Bernard, Roberto, Sufeng, Ralphson, Alice, virginie et moi-même, nous tenons à tous vous remercier Nous tenons aussi à remercier tous les intervenants dont nous avons apprécié la qualité des interventions : Antoine da Lage, Martine Tabeaud, René Barbier, Odile Descamps, Eliana Abrahao, Jean-Pierre Dacheux et Bruno Clementin. Nous souhaitons aussi à remercier les membres d’Experice, notre laboratoire de sciences de l’éducation à Paris 8, qui nous ont fait confiance et soutenu : Principalement Jean-Louis Le Grand, Hélène Bezille, Lucette Colin, Patrice Ville et Rémi Hess, mais aussi tout ceux dont nous ne connaissons pas les noms.

Un grand merci à tous, un merci que nous allons concrétiser par un pot de clôture auquel vous êtes tous convié.


Conclusion


« L’écologie est subversive car elle met en question l’imaginaire capitaliste qui domine la planète. Elle en récuse le motif central selon lequel notre destin est d’augmenter sans cesse la production et la consommation. Elle montre l’impact catastrophique de la logique capitaliste sur l’environnement naturel et sur la vie des êtres humains. Cette logique est absurde en elle-même et conduit à une impossibilité physique à l’échelle de la planète puisqu’elle aboutit à détruire ses propres présuppositions. Il n’y a pas seulement la dilapidation irréversible du milieu et des ressources non remplaçables. Il y a aussi la destruction anthropologique des êtres humains transformés en bêtes productrices et consommatrices, en zappeurs abrutis » (Cornelius Castoriadis)


Bibliographie

  • Barbier René (1996), La recherche-action, Paris, Anthropos
  • Barbier René (1997), L’approche transversale, l’écoute sensible en sciences humaines, Paris, Anthropos
  • Castoriadis C. (1996), La montée de l’insignifiance. IV. Les carrefours du labyrinthe. Paris : Seuil.
  • Castoriadis C. (2005), Une société à la dérive. Paris : Seuil.
  • Cottereau Dominique (2001). Formation entre terre et mer. Alternance écoformatrice. Paris : L’Harmattan
  • Georgescu- Roegen (2006), La décroissance : entropie, écologie, économie. Paris Ellébore- Sang de la terre :
  • Latouche S. (2006), Le pari de la décroissance. Paris Fayard
  • Morin Edgar en coll avec KERN Brigitte (1993), Terre-Patrie, Paris : Points Seuil
  • Morin Edgard, 2000. Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris : Seuil
  • Pineau Gaston (2005), Bachelart Dominique, Cottereau Dominique et Moneyron Anne (s.dir) Habiter la Terre, Ecoformation terrestre pour une conscience planétaire, l’Harmattan
  • Pineau Gaston (dir), Barbier René (2001), Les eaux écoformatrices, Paris, L’Harmattan
  • Weber M. (1ère éd. 1956), (1995) Economie et société. Tome I et II. Paris : Plon
  • Weber M. (2002), L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Paris : Flammarion, coll. Champ
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