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11 décembre 2007 : le Protocole de Kyoto a dix ans, et l’essentiel reste à faire

Communiqué de presse de Dominique Voynet, du 11 décembre 2007

jeudi 13 décembre 2007

Aujourd’hui 11 décembre 2007, le Protocole de Kyoto a dix ans. A ce jour, il a été ratifié par 174 pays, et dernièrement par l’Australie grâce au récent changement de gouvernement.
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En dix ans, la prise de conscience des opinions publiques et, sachons le reconnaître, des gouvernements, a progressé. La publication cette année du 4eme rapport du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique, a notamment contribué à asseoir définitivement la légitimité scientifique des alertes lancées, et contribué, avec d’autres actions, à l’obligation de prendre en compte, enfin, l’impact de nos modes de vie sur la planète, sur le climat et sur, finalement, nos vies elles-mêmes.

Le déroulement de la treizième conférence des parties, ouverte à Bali le 3 décembre et consacrée à l’après Kyoto, montre pourtant que l’essentiel du travail reste à faire.

Les débats en cours sur le projet de décision finale laissent apparaître une tentation forte de saborder les objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, au profit d’engagements incertains et de vagues promesses de faire mieux. A ce stade, d’après les organisations non gouvernementales présentes sur place, le texte reste très flou sur les moyens et les objectifs de lutte contre la déforestation, pourtant responsable de 18 à 25 % des émissions mondiales de CO2. On se désole enfin de constater que le projet de décision n’est, à cette heure, pas complété par un programme de travail précis, fixant les étapes des négociations à venir pour préparer l’après Kyoto.

Ministre française de l’Environnement en 1997, je conduisais la délégation européenne à Kyoto lors des négociations qui ont abouti à la mise en place du Protocole. J’ai pu mesurer alors les difficultés, dans un contexte où la « négligence climatique » était bien plus forte encore qu’aujourd’hui, et plus sûre de son « bon droit ». J’ai aussi mesuré depuis les progrès accomplis.

Mais je sais, par expérience, combien il peut être dangereux de ne se satisfaire que de ce qui a déjà été fait.

La lutte contre les dérèglements climatiques est une course de vitesse, engagée bien avant que les gouvernements ne se décident à bouger - trop peu, très tard, trop timidement. Si nous voulons vraiment réduire les impacts du réchauffement global et limiter l’augmentation de la température globale à 2 ° C, nos engagements doivent être incomparablement plus élevés qu’ils ne le sont ; et ils devront être tenus.

Dominique VOYNET

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