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Programme des Verts - ARCHIVES - Fiche D2 : Climat

Publiée le 29 octobre 2003

mercredi 29 octobre 2003

Fiche thématique publiée en conclusion du processus programmatique 2003-2004
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Agir sans attendre

La température de la planète s’est élevée de 0,6 °C en moyenne au cours du XXe siècle, et le phénomène s’amplifie. Neuf des dix années les plus chaudes ont été enregistrées dans les années 1990. Le lien entre ce réchauffement incontestable et l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre (CO2 principalement) est établi.

Réchauffement climatique et effet de serre

L’activité humaine est en cause et, en premier lieu, la suractivité et le mode de développement du Nord, puisque la végétation et surtout les océans sont en mesure d’absorber une certaine quantité de gaz à effet de serre, malheureusement déjà trop petite pour faire face aux rejets actuels des pays industrialisés.

Les principales sources de rejets de gaz à effet de serre sont identifiées :

  • les transports représentent la part qui croît le plus rapidement, en raison de la forte croissance du trafic routier (voitures, camions) et aérien ;
  • les rejets de l’industrie, tout en restant importants, tendent à diminuer légèrement dans les pays industrialisés en raison de l’adoption de techniques nouvelles ;
  • le chauffage des bâtiments représente une part plus ou moins importante selon le climat ;
  • la production d’électricité (centrales thermiques au charbon, au fioul, et dans une moindre mesure au gaz) apporte aussi son lot de CO2 ;
  • enfin, l’agriculture, surtout productiviste, contribue aussi à l’effet de serre (notamment méthane, fabrication et décomposition des engrais) ;

Par ailleurs, il faut souligner que 20% de la population de la planète (Etats-Unis en tête, mais aussi l’Europe) est à l’origine de 80 % des rejets.

Des conséquences indirectes déjà visibles de ce réchauffement commencent à se dessiner :

  • la pluviométrie augmente dans certaines régions du globe tandis qu’elle diminue ailleurs, d’où un accroissement des risques d’inondation, de sécheresse, et d’érosion des sols ;
  • par endroits, les écosystèmes et l’agriculture commencent à souffrir fortement du manque d’eau, notamment à la suite d’une évaporation accrue par le réchauffement ;
  • l’oscillation El Nino/La Nina s’amplifie, soumettant les régions équatoriales à des variations chaotiques du climat de plus en plus fortes ; les glaciers reculent, l’enneigement hivernal diminue ;
  • le permafrost (sol gelé en permanence) fond et les bâtiments s’effondrent faute de support pour leur fondation ;
  • la hausse du niveau des océans menace déjà de nombreuses contrées à fortes populations (dont plusieurs îles habitées du Pacifique).

Et demain ?

De nombreux scientifiques prédisent une poursuite du réchauffement durant le 21e siècle, avec une augmentation de la température moyenne de la Terre de 1 à 6 °C. La fourchette peut paraître large, mais il s’agit moins d’une incertitude sur la réponse de l’atmosphère que d’une incertitude sur l’attitude que les terriens adopteront face à ce problème majeur. Autrement dit, si nous ne faisons rien, c’est la partie haute de la fourchette qui se réalisera, soit 4 à 6 °C de plus en un siècle. Il s’agirait là du bouleversement climatique le plus rapide qu’ait jamais connu notre planète depuis que l’homme existe.

Les conséquences d’un tel réchauffement seraient considérables : les climats locaux subiraient de profondes modifications, la pénurie d’eau douce s’accentuerait, des écosystèmes entiers seraient anéantis faute de temps pour s’adapter, les catastrophes météorologiques se multiplieraient, l’élévation du niveau des océans s’amplifierait, inondant de nombreuses régions parmi les plus peuplées de la Terre, des Etats disparaîtraient.

Des obstacles

La prise de conscience est réelle. Les "rapports scientifiques à l’attention des décideurs" s’amoncellent, les conférences internationales s’enchaînent, le "développement durable" est sur toutes les lèvres.

Pourtant, concrètement, peu de choses bougent : les engagements de réduction des émissions d’ici 2010 pris à Kyoto restent extrêmement modestes, les rares mesures sont symboliques car aucun moyen coercitif n’a été mis en place.

Il existe donc un énorme décalage entre les discours et les actes. D’abord parce que la nécessité de réduire les émissions ne fait guère clivage, les alternatives, dans le mode de développement actuel du nord, étant inavouables : il faudrait soit réduire la population mondiale, soit maintenir et même accentuer la misère d’une partie de la population ! Le discours du développement durable est donc le seul possible, mais pour passer à la pratique, les obstacles sont nombreux :

  • économiques : le lobby pétrolier est particulièrement puissant ;
  • idéologiques : le productivisme, la recherche de la croissance à tout prix, restent la référence incontournable des décideurs ;
  • psychologiques : l’échelle de temps à laquelle on se place (un siècle) est inhabituelle ;
  • sociaux : toute proposition d’évolution de notre mode de vie peut être vécue comme une remise en cause d’un confort "acquis" (se déplacer en voiture, chauffer son logement à plus de 20 °C en hiver).

PROPOSITIONS

Le projet des Verts

Tôt ou tard, il faudra diminuer nos émissions et en particulier au "Nord", premier "pollueur", qui doit montrer l’exemple si l’on veut pouvoir exiger des pays dits en "voie de développement" du Sud qu’ils ne copient pas notre modèle productiviste gaspilleur pour répondre à l’exigence, évidemment légitime, d’amélioration des conditions de vie de leurs populations. Il est urgent de s’engager le plus rapidement possible dans cette voie, en privilégiant d’abord les pistes les plus prometteuses.

Depuis Rio il y a plus de 10 ans, rien n’a été entrepris : si ce n’est dès aujourd’hui, nous serons très bientôt contraints par les faits - et nos enfants le seront d’autant plus - à faire de lourds sacrifices pour réduire drastiquement nos émissions. Il s’agit de faire des choix dès maintenant pour préserver des marges d’autonomie de vie désirable pour les générations futures.

En accord avec la Charte des Verts mondiaux il faut :

  • adopter un objectif de réduction des émissions de 20 % environ à l’horizon 2020, et de 70 % d’ici la fin du siècle
  • appliquer le protocole de Kyoto, avec mise en place d’un système d’amendes en cas de non-respect
  • mettre en place une taxe mondiale sur le carbone
  • garantir pour les pays en développement l’accès aux technologies les plus efficaces et les plus appropriées (énergies renouvelables)
  • instituer un moratoire sur la recherche de nouvelles énergies fossiles

Plus concrètement, en France et en Europe, les Verts demandent :

  • la réorientation de la politique des transports (abandon des projets autoroutiers, priorité au rail, taxe sur le kérosène)
  • la réduction à la source des déchets
  • le développement des économies d’énergies et l’usage des sources renouvelables
  • l’intégration de normes énergétiques pour toute nouvelle construction
  • une politique des territoires, ménageant de l’espace pour des forêts diversifiées (puits de carbone), pour l’agriculture durable, ou pour les énergies renouvelables (champs d’éoliennes)
  • l’adoption d’une approche plus transversale des enjeux du développement durable dans les programmes scolaires
  • une fiscalité indirecte indexée sur la consommation de ressources et d’énergies fossiles.
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