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Flambee de l’immobilier : s’y attaquer, c’est possible !

Retranscription du Tchat du 20 février, avec le collectif "Jeudi noir"

mardi 20 février 2007

A l’invitation des Verts, le collectif Jeudi Noir répond aux visiteurs dun Tchat.
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Catherine : Qu’est ce que c’est le "collectif Jeudi Noir" ?

Julien et Manuel : Jeudi Noir c’est un collectif de jeunes galériens du logement. l’idée c’est que le mal logement ne touche pas que les SDF mais bien toutes les couches de la population. dont en partie les jeunes actifs, qui souvent sont pris à la gorge par les loyers. du coup on a souhaité se mobiliser de manière festive pour sensibiliser. ça donne des grosses fetes lors de visites collectives ;.. http://jeudi-noir.org y a plein de vidéos pétillantes (Alain Chabat)

Pierro : Et votre squatte, ca devient quoi ?

Julien et Manuel : en fait on est expulsable au 10 avril. après c’est à la prefecture de décider. mais nous on est satisfait surtout parce que le juge a reconnu que notre action était "généralement tenue pour légitime" Le juge a déclaré que ce n’était pas de sa compétence de juger de la supériorité du droit au logement sur le droit de la propriété. C’est pour ça qu’on s’est mobilisé devant l’Assemblée nationale pour demander au législateur de prendre ses responsabilités.

cassandra : Bonjour,Savez vous ce qu’on risque si on fait de faux papiers pour un logement ?

Julien et Manuel : bonjour en l’état actuel des garanties demandées, on risque surtout d’avoir accès plus facilement à un logement... maintenant les risques légaux, je ne suis pas expert, mais si le contrat est signé, c’est bon a priori.
mais c’est pas légal attention

Pierro : D’après vous, peut-on faire baisser l’immobilier sans faire capoter la croissance ?

Julien et Manuel : Tout dépend de ce qu’on appelle la croissance. Aujourd’hui, une partie de la croissance est fictive, puisqu’elle reflète la hausse des prix de l’immobilier. Cette bulle, ce n’est pas de la richesse en plus, ce n’est pas du bien-être supplémentaire. Au contraire, la bulle immobilière aboutit à un gogantesque transfert de richesses des locataires vers les propriétaires, des jeunes vers les vieux et des pauvres vers les riches, pour schématiser (à peine...). Et puis à l’heure actuelle, la flambée des prix alimente peu la croissance... sauf celle des agences immobilières... on peut trouver une autre croissance et si on arrive à réguler cette spéculation, on peut libérer du pouvoir d’achat, qui lui favorisera "la croissance"

Aimee_Voubrahms : Prévoyez vous des actions contre les municipalités qui ne créent pas de logements sociaux ? (à Neuilly par exemple...)

Julien et Manuel : Ca a déjà été fait par des gars chelous, la brigade activiste du clown s’était attquée à la mairie de Neuilly au kärcher... C’est une bonne idée, mais notre but n’est quand même pas de convaincre Nicolas Sarkozy des bienfaits des logements sociaux, ne nous faisons pas d’illusion. En revanche, c’est au niveau de la loi que l’Etat doit fixer des objectifs ambitieux et contraignants, que tous les élus locaux auront à respecter, par exemple en quintuplant ou décuplant les pénalités, ou en rendant les maires récalcitrants inéligibles, ou en obligeant les préfets à se substituer à eux...

Aimee_Voubrahms : Détrompez vous, il est très facile de convaincre Sarco de l’utilité des logements sociaux : faut bien loger les bonnes qui bossent à Neuilly.

Julien et Manuel : Oui c’est un argument qui avait été avancé par un élu de Versailles je crois !

Catherine : Concrètement, comment lutter contre ces loyers exhorbitants, inaccessibles pour la plupart des gens normaux, même les classes moyennes intermédiaires ne s’en sortent pas !

Julien et Manuel : C’est là qu’on doit agir sur le marché et ses prix
c’est donc là qu’on doit parler de reel encadrement des loyers du parc hlm, ET du parc locatif privé (ça s’est fait auparavant) c’est aussi là qu’on agit sur la péunrie via les réquisitions, via la surtaxe des logements vacants (10% des logements vacants à Paris), et qu’on soutient réellement la demande (aujourd’hui, la plus grande part des aides publiques soutiennent finalement l’inflation)
ensuite y a encore beaucoup à faire : relle construction de logements sociaux très sociaux, lbération du foncier via intéressement des communes à la plus value réalisée sur les terrains classés constructibles, réelle taxation des plus-value immobilières etc...
finalement pas mal de mesures peuvent être décrétées sans budget supplémentaire. Question de volonté politique
Raymond Barre, ce grand gauchiste, avait indexé la hausse des loyers sur l’inflation. Alors qu’aujourd’hui l’indice de référence des loyers (IRL) est au double de l’inflation. Depuis dix ans, les propriétaires ont engrangé des profits exorbitants sur le dos des locataires. C’est pourquoi, à titre provisoire, pour quelques années, on pourrait très bien envisager un IRL égal à zéro pour que l’inflation vienne faire baisser, tout doucement, les loyers réels.
De plus, il ne faut pas oublier l’encadrement des baux à la relocation, parce que c’est au moment de la relocation que les prix flambent (+7 % en moyenne par an), et ça touche particulièrement les jeunes, qui sont plus mobiles.

Fode_Lojman : Les campeurs du canal Saint martin ont ils étés relogés, ou c’est encore des promesses bidons du gouvernement ?

Julien et Manuel : Une partie des campeurs du canal St Martin ont bien été relogés, en HLM ou en hébergement. Mais les campeurs ne sont que l’épiphénomène visible du mal-logement. Il ne suffit pas de trouver une solution aux activistes qui se mobilisent, mais aux 100 000 SDF, et plus largement aux quelques millions de mal-logés.

Catherine : Quel est le rapport de location d’apparte taille / prix le plus délirant que vous ayez rencontré à Paris ? Assistant : Depuis le début de votre action, avez vous les sentiment que les choses évoluent...?

Julien et Manuel : A Paris le taux moyen est je crois de 22euros le m2 (selon la FNAIM, donc ça doit être un peu moins) pour notre part, on est monté jusqu’à 65 avec une chambrette de 9,83m2 pour 650 euros !!! du coup on est venu avec notre mascotte le nain de jardin puisque c’est un appart pour nain, avec un loyer de géant... en gros on était une vingtaine, et du coup on a dû faire la fête dans le couloir tellement c’était petit.... reste que la propriétaire a tenté son coup, comme aux enchères sur Ebay... et le pire c’est qu’il y avait des candidats derrière nous... que la taille de l’appartement a vite fait fuir

lionel : Pourquoi d’après vous les pouvoirs publics ne réagissent-ils pas ? La situation est tout de même délirante !!!!

Julien et Manuel : En réalité, les pouvoirs publics, dans les années 70-80, avaient cru que la question du mal-logement était réglé, avec la résorption des bidonvilles. mais on n’a pas vu venir l’évolution démographique qui a augmenté le nombre de ménages (vieillissement, divorces...). Du coup, on ralenti l’effort de construction et les pouvoirs publics, déconnectés des attentes des citoyens. Par exemple, la gauche plurielle a été pire que pathétique sur ce sujet, et n’a (presque) rien vu venir. Il a fallu attendre les incendies d’immeubles de 2005, la crise des banlieues, les quelques bulles de Jeudi Noir et surtout les tentes rouges des Don Quichotte pour que le ministère fasse un petit effort...

Julien et Manuel : Et encore, ne nous faisons pas d’illusion : Jean-Louis Borloo a osé présenter un budget "Ville et logement" 2007 devant le Parlement en baisse pure et simple !

Fode_Lojman : Y’à de bourgeois dans les HLM ! Qu’attends on pour les virer et faire de la place à ceux qui en ont vraiment besoin ?

Julien et Manuel : ca c’est typiquement une question de volonté politique... Quel surloyer appliquer à ceux qui n’ont plus lieu de rester en HLM ? faut il les virer, ou mettre un surloyer qui les incite à passer dans le privé ? le parc social est riquiqui, il faudrait évidemment qu’il bénéficie aux plus défavorisés... ça tout le monde est d’accord, personne n’assume. En aparté, Borloo nous a dit qu’à Paris il y avait pas mal de personnes logées en HLM grâce à des passe-droits qui datent du temps Jean T. et Jacques C. Reste qu’en temps que ministre du logement il n’avait apparement pas de réponse à apporter à ce problème

Sur cette question, il y a un petit tabou au sein nde la gauche et des organismes gestionnaires du logement social. Pour l’Union sociale de l’habitat, avoir des locataires au-dessus des plafonds de ressource, c’est le pied, ça évite de loger les plus pauvres, qui devraient pourtant être prioritaires. Le logement social ne doit certes pas être réservé aux plus pauvres, mais il doit leur profiter en priorité !

Sara : Y a-t-il des mesures développées par d’autres pays dont nous pourrions nous inspirer ?

Julien et Manuel : Tout récemment, la Catalogne a fait passer une loi courageuse dans un pays touché de plein fouet par la spéculation immobilière. Le gouvernement régional a proposé de surtaxer les logements vides et d’exproprier temporairement les propriétaires qui laissent dormir des appartements vacants. Hommage à la Catalogne !

Aimee_Voubrahms : On passe son temps à faire des incitations pour créer des logements locatifs alors que c’est l’accession à la propriété qu’il faudrait favoriser. Que chacun soit propriétaire de son logement, ce serait bien mieux.

Julien et Manuel : Que chacun soit propriétaire de son logement n’est certainement pas la panacée... surtout si c’est un moyen de ne pas s’attaquer au fond du problème de la pénurie et de la spéculation... actuellement ça ressemble plus à un slogan qui légitime des prêts sur 50 ans (à taux variable, bonjour l’angoisse !) plutot qu’à une vraie réponse... En revanche on peut réorienter les aides à la pierre type Borloo ou pire Robien qui elles alimentent la hausse ;. l’initiative privée peut être orientée vers du social, mais il faut encore le vouloir... et s’attaquer en même temps aux causes de la spéculation

Julien et Manuel : En plus, ceux qui prétendent faire avancer la cause de l’accession sociale à la propriété le font souvent pour justifier leur refus des logements sociaux, comme par exemple Patrick Ollier (qui avait provoqué la montée au créneau de l’Abbé Pierre l’an dernier) ou encore aujourd’hui le député sarkozyste Yves Jego qui propose de comptabiliser les accessions dans les 20 % de logements sociaux minimum.

Avantager l’accession à la propriété plutôt que la location accessible, c’est viser les classes moyennes supérieures au lieu de ceux qui auraient vraiment besoin que l’Etat intervienne pour les loger... D’ailleurs, hier, quand on a demandé à Corine Lepage ce qu’elle comptait faire contre les loyers trop chers, elle nous a répondu "accession à la propriété" !

Buisson : je passais juste vous dire bonjour et vous souhaiter bon courage

Julien et Manuel : Merci, sympa, n’hésite pas à passer au "ministère de la crise du logement", au 24 rue de la banque, à Paris !

Sara : Pourquoi votre mouvement est-il surtout composé de jeunes ?

Julien et Manuel : Et pourquoi les autres mouvements de locataires ou de consommateurs sont-ils surtout composés de vieux ? La crise du logement touche tout le monde, mais s’attaque d’abord aux plus vulnérables. Parmi eux, les jeunes, derniers arrivés dans la file d’attente pour les logements sociaux, touchés en premier par la précarité, trinquent en premier (on pourrait dire pareil pour les immigrés). Les jeunes paient leur logement quatre fois plus cher en moyenne que les vieux, alors qu’ils gagnent moins et vivent dans des appartements plus petits. Ceci dit, on compte dans notre groupe un retraité, faut pas être sectaire...


MERCI A TOUTES ET A TOUS ! BONNE SOIREE...! ET A BIENTOT POUR LE PROCHAIN TCHAT DES VERTS !!!!

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