Archives des Verts français Archives des Verts français

Texte du rapport politique de Yann Wehrling

Assemblée fédérale de Bordeaux, le 2 décembre 2006

mardi 5 décembre 2006

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

Rapport Politique du Secrétaire national
Assemblée fédérale de Bordeaux
2 décembre 2006

Chères amies vertes, chers amis verts,

Nous revoilà réunis, comme tous les deux ans, pour adopter notre orientation des deux années à venir.

PDF - 26.8 ko
Rapport Politique de Yann Wehrling

Moment statutaire et traditionnel de notre vie interne, notre Assemblée fédérale se doit de s’inscrire dans le contexte de l’actualité. Cette fois-ci, plus encore que les fois précédentes, j’ai le sentiment que nous devons, tout particulièrement, diriger notre attention vers la société... vers celles et ceux qui attendent de nous des solutions aux problèmes laissés sans réponses par les autres forces politiques. C’est, en effet, la première fois (et cela devrait durer) QUE CE QUE les Verts disent depuis 20 ans est réellement pris au sérieux.

Nous avons aujourd’hui le devoir, collectivement, de produire une orientation et un message qui donne le top départ de la campagne électorale de 2007. Réussir cette Assemblée fédérale est une nécessité absolue.

En ces temps de grande braderie aux idées, tout et n’importe quoi est dit à propos de l’écologie. L’écologie est présentée comme devant devenir l’affaire de tous.
Enfin ! ...pourrait-on dire. Il était temps.
Mais nous seuls, les Verts, sommes capables d’être vigilants et de dénoncer la volonté d’une d’instrumentalisation larvée et insidieuse de l’écologie. On veut faire de l’écologie une sous rubrique des programmes de tous les partis. Et pourtant, nos élus le savent bien : l’écologie provoque du clivage, ...du clivage contre les lobbys et contre les autres formations politiques qui les soutiennent.

Ce n’est pas parce qu’il y a eu au 19e siècle des luttes sociales et des syndicats, que les partis de gauche n’avaient pas de raison d’être. De même, ce n’est pas parce qu’il y a des associations et des personnalités non-politiques qui défendent l’écologie que les Verts deviendraient inutiles, au contraire ! Notre parti est le prolongement politique d’une conscience générale écologiste qui grandit. L’écologie politique a choisi de se positionner à gauche. Elle doit lier lutte contre la pauvreté et protection de la planète dans une logique d’intérêt général contre une logique d’intérêts privés. Et cette double lutte, ni la sociale démocratie ni l’extrême gauche ne la pourront la porter.

Alors que l’élection présidentielle qui se profile est une foire aux égos, remettons le politique, avec un grand P, au service des idées et non l’inverse. Le politique avec un grand P, ce n’est pas seulement des luttes d’accession à des fonctions électives. C’est se battre pour une vision du monde et des idées. Quel meilleur moment qu’une Assemblée fédérale dont l’issue sera le renouvellement de nos instances internes pour rappeler cela (sourire)

A quoi servirait la politique si nous n’élisions pas des personnes qui remettent de l’humain là où il n’y en a plus, là où il y en a si peu ?

Je suis fier d’avoir été secrétaire national des Verts car j’ai vu, en visitant les régions, inlassablement, que les militants et les élus qui font ce parti sont des personnes pétries de convictions, que nos divergences sont au fond minimes. Nos idées sont audacieuses, tellement plus que celles des autres partis. Ne l’oublions pas. C’est un ciment collectif bien plus solide que nous ne le pensons nous-mêmes.

Ces deux années qui viennent de s’écouler depuis la dernière assemblée fédérale de Reims, fut celle, inédite, d’une large majorité à plus de 92%. Si des critiques ont été formulées quant à son bilan, permettez-moi (et c’est mon rôle), d’en défendre certains éléments.
Décider à une aussi importante majorité de travailler ensemble a été un pari. Travailler ensemble, penser ensemble, vivre ensemble a eu pour effet de rompre les frontières artificielles qui existaient entre nous. L’éparpillement des motions cette année, présenté comme une forte division interne, n’est en réalité que la conséquence d’un effacement et d’une remise en cause des anciens courants qui pour certains avaient plusieurs AG à leur actif.

Rebattre les cartes, est-ce une mauvaise chose ? Non, si cela se fait dans une ambiance constructive et que les questions que certains peuvent se poser sont mises sur la table. C’est ce qui a été fait pendant deux ans. Et personne ne peut nier que le parti s’est apaisé. Si ici où là, certains débats continuent de se poser dans les médias plutôt que dans les CNIR, les AG ou le CE, reconnaissons qu’ils sont bien moins nombreux qu’autrefois. Comme vous tous, je sais que l’étalement de nos divergences dans l’opinion publique est nuisible à la diffusion de nos idées. C’est une chose de le constater... c’en est une autre d’agir pour que cela change.

C’est cette action que j’ai menée car j’ai estimé que c’était une priorité. Une question de survie. Le bilan n’est pas parfait. Mais le parti s’est objectivement apaisé pendant 2 ans. Si la maturité des Verts n’est pas encore acquise, nous sommes sur la bonne voie. A nous de ne pas perdre ce fil ce week-end.

Ne perdons pas ce fil afin d’aller de l’avant dans l’action et la défense de nos idées.

Quoi de plus motivant que de nous retrouver autour d’une même conception de la démocratie. Il y a quelques jours encore, avec une délégation du Collège exécutif, nous allions soutenir nos élus du Languedoc Roussillon dans notre combat commun contre le racisme ordinaire. Il y a des mots qui tuent et des petites et grandes égratignures aux valeurs que nous défendons. Parler de sous-homme à propos des harkis ou dire qu’il y a trop de blacks dans l’équipe de France de foot est une banalisation du racisme en politique... et donc dans la société française.

Quand en plus, ces propos sont le fait d’un homme qui se dit de gauche, reconnu comme tel par son parti ... alors nous disons stop, George Frêche doit se démettre de ses fonctions ! C’est notre honneur de ne pas accepter l’inacceptable et nous ne céderons pas là-dessus.
Aujourd’hui, nos élus verts tiennent bon en Languedoc Roussillon au nom de nos valeurs. Applaudissons-les pour leur manifester notre soutien.

Autre combat sur lequel nous nous sommes mobilisés et sur lequel nous savons que nous avons raison depuis des années : la crise énergétique. Nous sortons de l’automne le plus chaud depuis 1950. Al Gore fait des films au succès mondial, Le gouvernement anglais publie des rapports alarmistes sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, et chez nous un animateur de télé réussit à faire réagir toute la classe politique face aux enjeux climatiques.

Enfin, nous voilà entendu !. Mais la bataille ne serait que très partiellement gagnée si on s’en tenait à cela. Un petit clic sur internet ou la signature d’un Pacte écologique écrit à grand renfort de communication, c’est bien beau, ... mais nous savons que ce n’est pas assez. Nous savons bien, nous qui sommes investis depuis tant d’années dans les collectivités locales, nous qui avons l’expérience d’une participation gouvernementale, que l’écologie que nous représentons a bien des opposants dans les exécutifs. Quand il s’agit de remettre en cause une rocade, ou une contournante comme ici à Bordeaux, nous sommes bien seuls à nous battre au sein de la classe politique.

Quand il s’agit de faire le choix du rail plutôt que la route dans la vallée d’Aspe, nous nous heurtons à des blocages de la part de ceux-là mêmes qui disent, la main sur le cœur, qu’ils ont pleinement pris conscience de l’enjeu écologique et climatique. Il est rageant de lire et d’entendre tant de mots et de savoir à quels points les actes sont différents... De même pour l’EPR, je répète solennellement que sa construction serait un casus belli pour les Verts.
Au cours de ces deux dernières années, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour dire, au plus près et au plus concret des réalités, que se dire écologiste, c’est avant tout se mobiliser pour d’autres choix énergétiques, d’autres choix d’aménagement... en somme, pour d’autres choix de développement. Car il ne suffit malheureusement pas de dire que tout va mal, il faut aussi dire pourquoi, dire qui est responsable, comment sortir de ces logiques destructrices, et aller sur le terrain pour dénoncer, démontrer, et défendre de vraies alternatives.

C’est bien beau de dénoncer les crimes écologiques. Mais encore faut-il avoir le courage de dénoncer les criminels. Encore faut-il avoir le courage de renoncer au confort de s’attabler avec eux.

Et il en faut, par exemple, du courage à nos élus pour dénoncer les multinationales de l’eau qui, avec la complicité de bien des politiques, détournent l’argent public dans une totale opacité et n’accomplissent pas les travaux que la collectivité publique leur demande dans le cadre de la délégation de service public. Systématiquement, dans les conseils municipaux, au Parlement en passant par les conseils régionaux ou généraux, nous bataillons pour la remunicipalisation de l’eau, la lutte contre les pollutions des nappes phréatiques ou contre les gabegies.

C’est là que l’on voit les vrais écologistes, dans le combat pied à pied, souvent dans l’ombre, rarement sous les projecteurs de la télévision.

C’est exactement ces mêmes dénonciations qui nous ont poussé, pour le bien collectif, pour notre santé et notre environnement, à faucher des OGM. Là encore, les Verts se démarquent car ils ont un courage devenu rare en politique : celui de braver la loi quand elle est injuste et dangereuse et quand de surcroît le débat est criminalisé. Dans quel pays peut-on être poursuivi devant les tribunaux pour avoir osé contrecarrer les intérêts de multinationales dont le seul objectif est le profit financier, à court terme, au détriment de la santé des gens et de l’environnement ? C’est une honte pour la France.

Merci à Noël, Gilles, Gérard, Michel, et tous les militants verts qui ont fauché et qui mènent aujourd’hui le débat devant les tribunaux. Il leur en coûte personnellement, mais grâce à eux, les agissements anti-citoyens de l’agrobusiness ne sont pas restés sous silence et l’opinion publique nous suit. Et elle nous suit massivement.

Cette double articulation entre parti de terrain et parti de gouvernement, ligne que nous avons maintenant éprouvée et confirmée avec exigence au cours de ces deux dernières années, nous la défendons aussi également sur le terrain social. En cela, les Verts sont d’une totale cohérence avec ce que nous appelons l’écologie politique telle qu’elle fut avancée à Rio au Sommet de la Terre en 1992. Parler des crises climatiques et environnementales sans dire un mot sur les questions sociales est non seulement inhumain, mais c’est aussi inutile et inefficace. Et notre engagement fut sans faille pour dénoncer les dérives libérales du gouvernement et défendre une vision écologiste de la lutte contre les précarités. Cette vision refuse la paresse intellectuelle qui consiste à se réfugier dans le mythe de la croissance.

Non ! Notre vision verte est résolument à la recherche d’innovations, d’expériences, et de nouvelles logiques économiques. Sans manquer un seul rendez-vous, nous avons été de toutes les mobilisations sociales pour défendre les droits sociaux mis à mal par un gouvernement au libéralisme outrancier : CPE, CNE, retraites. Nous nous battrons pour que notre pays sorte, avec la gauche, de cette logique qui consiste à donner toujours plus à ceux qui ont tout, et toujours moins à ceux qui n’ont rien.

Crise majeure à porter directement aux torts de Nicolas Sarkozy : la crise des banlieues.
A l’initiative de Noël Mamère, à Bègles, nous avions organisé les Etats généreux des banlieues. Merci à Noël d’avoir permis aux Verts de montrer que nous recherchons des solutions. Comment en effet ne pas mobiliser les moyens de l’Etat pour ré investir les budgets qui ont trop longtemps fait défaut dans nos banlieues. Services publics, école, transport en commun, commerces... tant de choses manquent dans ces territoires laissés à l’abandon, relégués, mis à l’écart. Il faut que cela cesse. Les Verts sont les seuls à avoir dit, lors de la crise des banlieues que l’état d’urgence était un scandale et que les jeunes commettaient sans doute moins des violences qu’ils ne faisaient de la politique. Et il faut entendre leur message, celui de l’urgence sociale.
Mais ce gouvernement est sourd, sourd comme un pot.

Et puis, quand dans sa logique anti-républicaine qui consiste à monter une partie de la population contre une autre, Nicolas Sarkozy veut expulser des centaines de personnes du squat de Cachan, nous étions là pour soutenir les revendications des expulsés : un toit, l’école pour les enfants, des papiers pour ceux qui n’en ont pas. Sur ces dossiers aussi, les Verts défendent courageusement leurs positions. La régularisation est la seule solution. Elle est réaliste. Elle est humaine.

Nos autres revendications sur le droit de vote des résidents étrangers ou encore le transfert de la question de l’immigration du ministère de l’intérieur à un ministère de la coopération développent une vision radicalement différente de l’immigration. Une vision qui dépasse les frontières et la resitue dans le contexte des rapports entre le Nord et le Sud.

Les actions menées pendant ces deux années de mandat montrent bien à quel point, dans les faits, notre parti est résolument tourné vers la défense de son projet, dans toute sa globalité, dans toute sa diversité.

Durant l’année 2005, nous avons traduit cela dans l’écriture de notre projet politique pour la prochaine mandature 2007-2012. « Le monde change, changeons le monde », tel est le titre d’un projet qui tient compte des réalités d’un monde qui évolue et d’une impérieuse nécessité d’anticiper ces évolutions afin de pouvoir vivre ensemble sur cette planète, durablement. Notre programme rejette le cynisme de toutes celles et tous ceux qui, dans la sphère politique, n’ont d’autres objectifs que se faire élire sans jamais changer ce monde ou qui n’en n’ont même pas la volonté. Alors bien sûr, les plus exigeants d’entre vous diront que ce programme est insuffisant.

Or, notre programme fourmille de propositions. Il est innovant. Il est ambitieux. Il est courageux et il est progressiste. Il est à la hauteur de l’avenir. Soyez sûr qu’il sera encore pillé. Pourtant aucun programme d’aucun parti politique ou d’aucun candidat n’a pris comme nous la mesure des enjeux. Aucun ne propose de mesure cohérente et réalisable qui marie à la fois l’écologie et le progrès social. Lisez les programmes des autres partis politiques et comparez !

Traduire ce projet en actes, c’est bien entendu ce que nous faisons d’ores et déjà dans les collectivités locales et au Parlement européen. L’enjeu de l’année prochaine sera de peser au plan national. En travaillant avec les écologistes du monde associatif comme nous l’avons fait au cours des Journées d’été de Coutances, mais aussi avec tous les réseaux de la lutte contre les précarités et les discriminations, ou ceux de l’économie sociale et solidaire, nous renforcerons le nécessaire rapport de force dans la société.

Traduire ce projet en actes c’est aussi vouloir que la gauche gagne les prochaines élections. Mais les conditions de cette victoire, c’est la pleine prise en compte de l’écologie dans la gauche. Sans les Verts, la victoire de la gauche n’est pas possible. Sans ambition écologiste la réussite de la gauche est impossible. Faire barrage à la droite, c’est renouveler profondément le contenu des politiques, c’est réussir le changement pour éviter qu’elle ne revienne dès 2012 dans des conditions pires encore. Il ne faudra donc pas reproduire les insuffisances et les erreurs de la gauche plurielle.
C’est pourquoi, nous avons ouvert des discussions avec nos partenaires de gauche pour rechercher les termes d’un accord électoral et programmatique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que nous n’y sommes pas (encore) parvenu. Conscient des blocages, notre démarche n’en est pas moins ferme et constructive. Le mandat qui nous fut donné lors de la dernière Assemblée générale a été respecté : recherche d’un accord électoral et programmatique avec un groupe vert à l’Assemblée nationale, une loi instaurant la proportionnelle aux législatives, une sortie du nucléaire et une politique énergétique basée sur trois piliers : la sobriété, l’efficacité et les renouvelables ; une politique d’immigration radicalement différente et une action résolue contre la précarité. Il appartiendra à la prochaine majorité issue de cette Assemblée fédérale, sur la base des options adoptée dans le texte de synthèse, de poursuivre ces discussions.

Autre échéance majeure qu’il nous a fallu préparer et mettre en place : la présidentielle. Après une primaire interne qui a suscité bien des sarcasmes dans la presse, je ne résiste pas à l’envie de dire à nos amis journalistes que je m’amuse de la différence de traitement qu’ils ont réservé à nos primaires internes, mode de désignation habituel chez nous jugé trop démocratique, mettant en scène nos divergences, et ce qu’ils ont fini par dire du même processus - mais vraiment le même - mis en œuvre par le PS, jugé positif et transparent pour lé démocratie de ce pays. Ah, que vous soyez puissant ou faible... vous connaissez la suite du dicton...

Bref, le débat a eu lieu. Un imbroglio, rare, d’égalité de voix au second tour nous a tous collectivement agacé et il a fallu de l’habileté et un grand sens de l’écoute pour sortir collectivement de cette épreuve. Nous avons refait le vote en toute transparence, et, avec un calendrier respecté. C’est Dominique qui a été désignée au cours de l’été dernier.

Depuis, son équipe a été mise en place. Vous la connaissez tous. Et, la campagne démarre avec les moyens dont nous disposons, mais aussi avec une force à ne pas négliger : celle des idées.
Nous avons fait notre travail. Il fut impartial. Nous voulions être présent à la présidentielle. Nous avions besoin d’une porte parole pour nos idées. C’est fait. Elle a toutes les compétences, la légitimité, l’aura et la notoriété pour nous représenter tous. Quoiqu’il arrive, nous devons être derrière Dominique, car réussir les présidentielles, c’est faire réussir l’écologie politique, c’est faire réussir les Verts. Je n’en dirai pas plus sur ce chapitre car je sais que Dominique développera demain bien mieux que moi tout ce qu’il y a dire sur cette présidentielle dans laquelle nous sommes maintenant bien rentré.
Nous pouvons nous faire entendre mieux. Pour cela nous devons nous unir pour défendre nos idées et exiger les espace politiques et médiatiques auxquels notre représentativité nous donne droit et dont nous sommes trop souvent injustement privés. Je suis intervenu à plusieurs reprises auprès du CSA pour demander que notre présence à l’antenne corresponde à notre représentativité.

Sujet à ne pas passer sous silence dans ce rapport politique : la réforme interne. Je dois regretter que, malgré la mise en place de l’Observatoire des discriminations internes et de la Commission de résolution des conflits, ou encore l’harmonisation des statuts régionaux, le verre n’est qu’à moitié plein et la réforme reste devant nous. Je forme le souhait que, pour les deux prochaines années, le constat des obstacles au bon fonctionnement seront enfin partagés par une large majorité et que nous pourrons enfin adopter une batterie de réformes qui rendront les Verts mieux adaptés à la situation qui est la nôtre aujourd’hui. Il faut devenir plus efficaces et plus attractifs. C’est possible si la volonté politique est là.
J’ai l’impression d’avoir oublié tant de choses dans l’action menée depuis deux ans, notamment sur ce que nous appelons péjorativement « les gommes et les crayons »... mais sur lesquels nous passons néanmoins tant de temps.
Rien d’inutile pour autant quand on rend plus esthétique, mieux organisé, plus ergonomique notre nouveau site internet, quand notre lettre d’information électronique permet à nos militants connectés au web de suivre en temps réel notre actualité, ou quand le journal Vert est enfin plus régulier, plus beau et plus ouvert vert l’extérieur. Rien d’inutile non plus quand les outils de communication tel le tchat bimensuel permet de discuter directement et sans tabous avec des politiques et des spécialistes des sujets d’actualité, ou quand l’organisation récente de conférence de presses mensuelle et thématique sur des sujets d’actualité font des Verts une vraie force de proposition. Rien d’inutile enfin quand on lance une campagne d’adhésion qui doit encore se développer.
Et j’oublie volontairement d’autres aspects, car bien du temps a été passé à des choses moins intéressantes pour le développement de nos idées. Mais ça fait aussi parti de la vie d’une organisation. Il faut l’accepter et se dire que vouloir un mouvement démocratique, c’est aussi en assumer les aléas relationnels et humains. C’est évidemment plus aisé de travailler en solo ... dieu merci, les Verts, ce n’est pas l’UMP.
Après avoir dit tout cela, je veux insister sur un point, je défends un bilan qui est celui de l’apaisement. Nous avons encore du travail pour réussir à ce qu’on dise de nous que nous sommes enfin matures.
Si certains sont parfois - et c’est normal - traversé par des doutes, constatons objectivement que l’écologie n’a jamais eu l’aura et l’intérêt qu’elle a aujourd’hui. Nos idées ont de l’avenir, nous sommes certainement la force politique en France qui a le plus de marge de progression devant nous. Nous devons peut-être changé, évolué, modifier notre fonctionnement pour capitaliser cette envie d’écologie, mais n’ayons pas de doute sur le fait que l’écologie politique intègre enfin les esprits en attendant de devenir la logique des décideurs. Et les meilleurs décideurs, c’est nous.

Et puis, un bilan de mandat c’est une goutte d’eau dans l’histoire encore longue de l’écologie politique. Comme dirait l’autre, c’est l’histoire qui jugera.

J’ai envie de parler ici de Solange Fernex à qui je pense beaucoup depuis quelques mois. Elle avait cette force. Celle de ne pas s’inscrire dans le court terme, de voir loin, de voir au delà de la carrière de sa propre personne, de supporter les égos de ceux qui l’entouraient et du sien certainement aussi. Elle avait la force de ses convictions. Vous pourrez encore le vérifier en fin d’après-midi en regardant le film que nous projetterons en sa mémoire. Car à la fin, tout ce qui reste, ce sont les idées, les idéaux. Et le travail accompli. C’est pour cela que si on entend ici ou là des critiques sur les Verts, entendons bien qu’il s’agit de critique sur nous, les membres du parti, et non sur nos idées...
Si nous avons été la boite à idée de la gauche, continuons d’inventer aujourd’hui les idées qui seront celles des autres dans 20 ans. Il n’est plus temps d’annoncer les crises. Il nous faut dessiner les étapes et les mutations et décrire le monde qui sera le nôtre dans plusieurs dizaines d’années.

Faisant abstraction de façon totalement artificielle de ce qui se passe dans les couloirs, chaque secrétaire national qui se respecte doit, dans son rapport politique, dire, à la fin de son mandat, que « ce qui nous unit et plus fort que ce qui nous divise ». Je le dis. Je le pense. Vous qui êtes délégués, vous avez chacun entre vos main, individuellement, le choix et le pouvoir de faire en sorte qu’il en soit ainsi à l’issue de cette AG et durablement dans l’intérêt général des Verts qui sont, je le sens, en train de construire un nouveau chapitre de leur histoire.

En conclusion, je voudrais vous dire que les périodes d’incertitudes appellent non pas des remises en cause mais un grand calme, de la sérénité, et une totale cohésion. Cessons de nous donner des leçons les uns aux autres, serrons-nous les coudes, mobilisons-nous durant cette présidentielle aux côtés de Dominique, pour ne jamais rater une seule occasion de montrer notre unité et notre détermination à défendre l’écologie politique. Défendons l’écologie politique, la vraie, celle qui, dans une vision planétaire, sait que la lutte contre la pauvreté et la défense des droits humains sont les conditions sine-qua-non de la protection de la planète.

En réussissant cette AG, nous grandirons... et nos scores électoraux peut-être également !

Merci

Yann Wehrling


PDF - 26.8 ko
Rapport Politique de Yann Wehrling

Rapport Politique de Yann Wehrling

Prononcé à l’Assemblée fédérale de Bordeaux le 2 décembre 2006

Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19