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L’Europe et les migrations, thème central de la semaine de travail du Groupe des Verts au Parlement européen

Compte-rendu de Danielle Auroi, le 7 novembre 2006

lundi 30 octobre 2006

Le groupe des verts au PE avait choisi de faire sa « retraite » aux îles Canaries pour travailler sur les migrations à partir de la délicate question des Africains sans papier essayant d’entrer dans l’UE par cette « porte ».
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Plusieurs temps étaient prévus pour des débats approfondis sur la question avec des intervenants prêts à éclairer l’assemblée à partir de leurs connaissances et expériences. C’était le cas de Mamadou Cissoko (président honoraire du ROPPA , organisation des paysans et producteurs agricoles de l’Afrique de l’ouest), Placide n’Zeza que beaucoup d’entre nous ont écouté à Coutances, Claire Rodier, présidente de « Migre Europe », Bernard N’Jonga (président de l’association des citoyens du Cameroun) et Mamayawa Sanduono (présidente de l’association des pêcheurs artisanaux de Guinée et chef inspecteur du ministère de la pêche de guinée)., De plus les Verts canariens et des ONG locales intervenaient dans l’un des débats prévus. Parallèlement à une visite officielle des députés dans un « camp d’accueil » Hélène Flautre accompagnée de Sandrine (de Sinople) a fait un travail plus précis de visite de nombreux camps et de rencontre systématique avec les autorités et les ONG. Marie Hélène Aubert, membre de la commission pêche et Mamayawa Sanduono se sont rendu au port pour vérifier les arrivages de poissons,.En effet la pêche illicite dans les eaux du golfe de Guinée est très active.

Le débat sur la question de l’Europe et des migrations s’est donc tenu en 2 temps.

La présentation de l’Anglaise Jean Lambert, ambiguë à mon sens, a insisté sur le fait que peu d’analyses et de recherches sérieuses s’étaient faites sur le devenir des migrants et sur le bilan des régularisations en Italie et en Espagne et sur leurs effets.

Mamadou Cissoko a montré que les déplacements massifs de populations étaient surtout internes à l’Afrique et que l’exode rural restait un problème central d’autant que l’agriculture africaine était très détériorée, en particulier à cause de la concurrence des produits d’importations sur les productions locales (poulets européens congelés...) Il a insisté sur le fait que migrer n’était que très rarement un choix individuel mais celui de familles ou de villages entiers. Il a insisté aussi sur le fait que ceux qui partaient étaient souvent des gens formés y compris par les universités africaines.

Les autres africains ont largement illustré ces propos Or, de manière surprenante nombre d’eurodéputés verts allemands et autrichiens sont partis sur une défense et illustration des quotas, avec proposition de « bureaux de migration », dans les capitales africaines pour sélectionner les migrants africains selon les besoins européens :discours fort proche de l’immigration choisie de Sarkozy.

Comme s’ils n’avaient pas entendu la représentante guinéenne expliquer que les pêcheurs de Guinée migraient vers les Canaries au risque de leur vie parce que la pêche illicite des Européens au large de leurs côtes ruinait leur activité de pêche artisanale.

En réponse à ces propositions , les Africains ont demandé à l’Europe d’arrêter de penser pour l’Afrique ! Il vaut mieux réfléchir ensemble sur un état des lieux et en tirer des projets partagés à moyen et long terme. Cela passe forcement par une démocratisation véritable des régimes politiques africains et par un développement économique autonome basé en particulier sur la ressource agricole locale qui reste essentielle pour toute l’Afrique.

La question du court terme est d’autant plus complexe à traiter qu’elle revêt un aspect passionnel dans les états européens.

Les Verts canariens ont montré que le problème des Africains qui arrivent sur leurs îles n’est pas économique, ces Africains trouvent assez vite du travail, dans des conditions fort discutables certes, dans les serres des Canaries ou d’Andalousie. A leur sens, le problème est soit humanitaire (les gens qui se noient, les conditions de vie dans les camps) soit politique. la mise en scène de l’arrivée des migrants africains présentée comme une invasion. Pour les Verts canariens, le vrai problème est la pollution et la destruction des terres agricoles aux Canaries liée au tourisme de millions d’européens du nord détruisant paysages et ressources chaque année. Au final, ce débat sur la question des migrations est un premier pas, démontrant que la méconnaissance du sujet - y compris le fait que la majorité des migrants en Europe relève plus des pays de l’Europe de l’est que de l’Afrique- demande du travail et d’autres débats.

Ces rencontres ayant succédé au congrès du Parti Vert Européen, nous pouvons, comme Verts Français, êtres contents d’avoir fait éliminer du texte « le futur de l’Europe » les références à l’immigration choisie. Nous pourrons soutenir nos eurodéputés dans la phase conflictuelle qui s’ouvre sur ce sujet dans le groupe des Verts au Parlement européen.

Danielle Auroi, le 7 novembre 2006
Déléguée à l’Europe et aux politiques régionales

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