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Aidons les poubelles à maigrir !

lundi 6 novembre 2006

Dossier paru dans VERT no.9, octobre 2006.- 4 pp.

Voir aussi : pages de la Commission déchets non-nucléaires des Verts

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Dossier déchets
Vert no.9, octobre 2006.- 4 pp.

La société de consommation est devenue la “trash-société”, la société poubelle, où la surabondance des biens, conçus pour durer l’espace d’une tentation, encombre les poubelles, s’entasse sur des camions pour finir en fumée ; de l’emballage ou du contenu, on ne sait plus, parfois, lequel a la plus grande valeur marchande. Les deux cycles de production et de destruction fonctionnent de façon étonnement synchrone et viennent gonfler le PIB. À l’interface, les consommateurs / citoyens nourrissent les appétits des deux cycles et paient au prix fort leur consumérisme.

Il est grand temps de sortir de cette machine infernale, dans laquelle, comme à Marseille, on n’aurait comme choix que de payer soit pour remplir la plaine de la Crau jusqu’à la Camargue, soit pour doubler la pollution de l’air de Fos-sur-Mer.

Il est irresponsable de croire que nous pouvons continuer à gaspiller des matières nobles et de l’énergie en espérant le nouveau procédé technique miracle qui fera disparaître les surplus de nos indigestions.

C’est toute la chaîne de la consommation et de la destruction qu’il faut transformer en repensant des principes simples.

BC


Perspective (écologique) : une gestion durable des déchets.

Ça suffit du cantonnement des déchets sous l’angle des traitements. Sortons également du piège de l’approche exclusivement technicienne, avec des déchets dissociés en fonction des producteurs.

Prônons une autre approche : celle d’un véritable choix de société. Et à ce titre, la thématique déchets devient une véritable politique territoriale. C’est plus un problème de mode de vie et de choix de consommation. Les différents déchets sont tous issus d‘un même processus de production / distribution / consommation. La question des produits générateurs de ces déchets devient incontournable, et c’est donc bien tout au long du cycle de vie de ces produits qu’une gestion coordonnée est nécessaire. Cette gestion doit intégrer de façon concomitante une large gamme de préoccupations environnementales, sociales et économiques.

Priorités
Une obligatoire hiérarchie claire entre les options de gestion des déchets :

  • 1) La prévention des déchets - qualitative et quantitative - est la priorité absolue. Supprimons les substances toxiques, mais également les produits inutiles. Substituons des services à des produits. OEuvrons pour la proposition d’alternatives de consommation moins génératrices de déchets. Évitons de mettre au rebut des objets, des produits qui peuvent être réutilisés pour une seconde vie.
  • 2) L’optimisation du tri des déchets.
    Prônons le non-mélange au moment du rejet, quel que soit le producteur. Un objectif à atteindre nationalement : un niveau de tri de 50 %, puis 70 % :
  • le tri des matériaux recyclables doit être encore accru et optimisé, notamment sur une gamme plus large de plastiques et au delà des seuls emballages ;
  • les fractions fermentescibles des déchets doivent être recyclées le plus et le mieux possible en tant que matière organique destinée à retourner vers les sols agricoles (gravement déficitaires).
  • 3) L’objectif des Verts est la sortie de l’incinération des ordures.
    Dans l’état actuel des choses, et vu les errements qui perdurent encore, les Verts exigent un moratoire sur toute extension de capacité ou toute nouvelle unité d’incinération des ordures.
  • 4) Les Centres de stockage des déchets ultimes (CSDU), où sera déposé ce qui reste (réduit à son tonnage minimum), doivent présenter la réversibilité initialement prévue par le législateur.

Financement
Adaptons le financement et les modes de gestion à une perspective écologiste :
Le financement de la gestion des déchets doit obligatoirement passer par des mécanismes qui soient à la fois :

  • les plus équitables possibles ;
  • incitatifs en faveur d’une réduction à la source, du tri et du recyclage ;
  • transparents et lisibles pour tous.

En conséquence, le financement du service public local de gestion des déchets doit reposer sur deux piliers complémentaires :

  • les mécanismes de redevance incitative à privilégier : un budget spécifique “déchets”, la redevance spéciale pour les entreprises à systématiser ;
  • de véritables mécanismes d’internalisation des coûts de gestion des déchets dans le prix des produits. Cela passe par une application généralisée et approfondie du principe de Responsabilité élargie des producteurs (REP).

Mettons en place une discrimination fiscale positive en faveur des produits les plus favorables à l’environnement par une TVA réduite (les écoproduits, les composteurs, etc.)

Social et démocratie
Le développement du volet social :
Un véritable potentiel de création d’emplois et d’insertion d’une politique des déchets privilégiant les services, les réparations, le tri pour recyclage.
De la démocratie, enfin, et une véritable maîtrise publique de la gestion des déchets :
En faisant jouer entre autres pleinement et en enrichissant les outils d’information et de concertation déjà existants.

MJVB

Synthèse réalisée à partir du “4-pages” issu des travaux de la Commission déchets non-nucléaires rédigé par FRANCIS CHALOT, membre du collectif d’animation de la commission

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