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Chat avec Yann Wehrling

Chat des Verts, Samedi 26 août avec Yann Wehrling

samedi 26 août 2006

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Qu’est-ce qu’un chat (prononcer "tchate”) ?

C’est un salon eléctronique où l’on peut communiquer à plusieurs, par écrit et en temps réel, avec un-e invité-e. Et l’invité, samedi, à 14h, en direct des Journées d’été de Coutances, c’est le secrétaire national des Verts, qui dialoguera devant son écran avec nous et répondra à toutes nos questions.


Yann Wehrling au clavier

Ce dialogue en direct deviendra un rendez-vous régulier. Il permettra aux militant-e-s et à tous ceux qui le souhaitent d’échanger leur point de vue avec nos éminences politiques ainsi que nos spécialistes thématiques.


Le chat est terminé.

En voici la retranscription intégrale :

— -

Samedi 26 Août 2006 : En direct de Coutances

franquet : Bonjour,

Yann Wehrling : Bonjour Franquet... et bonjour à tous. Bienvenue à l’inauguration du chat des Verts... particulièrement adapté aujourd’hui pour celles et ceux qui n’ont pas pu venir à Coutances et auxquels je peux répondre aux questions en direct.

brice : Bonjour Yann, Comment ça se passe à Coutances ?

Yann Wehrling : Bonjour Brice, un temps changeant, mais nous sommes en Normandie ! Ca se passe vraiment bien. L’accueil des militant est non seulement impécable, mais en plus très à cheval sur nos principes écolos (nourriture bio, recyclage, déplacements, etc...). Et bien entendu, sur le travail de fond, tout le monde me dit être satisfait du contenu des travaux.

alistair : Bonjour Yann... L’actualité ratrappe les thèmes des Verts (climat, pic pétrolier)... ça donne le vertige ? Yann Wehrling : En effet Alistair, à force de l’avoir dit, on finit par être entendu parce que la réalité est là. Du coup, nous peaufinons les réponses ici et on devient particulièrement pertinent.

Ramard Dominique : Bonjour. Yann, que retiens-tu de la pleinière d’hier soir sur l’écologie politique ?

Yann Wehrling : En quelques mots (car je pourrais en dire beaucoup de choses), je suis très satisfait d’avoir entendu nos invités associatifs se prononcer en faveur de propositions communes que nous pourrions porter ensemble. Chacun a son rôle, mais quand on défend les mêmes idées, il faut savoir le dire de manière unie. On s’est donné rendez-vous à la rentrée pour poursuivre notre discussion.

franquet : Quelqu’un a-t-il osé pendant ces journées poser la question tabou concernant les présidentielles : est-ce qu’on ne risque pas de revivre un 21 avril ? Est-ce qu’on a raison de présenter une candidate qui va prendre des voies à gauche ? Ne devrait-on pas négocier avec le PS ? Question iconoclaste, je sais...

Yann Wehrling : La question que tu poses n’est non seulement pas un tabou, mais elle a fait débat pendant près d’un an. Maintenant, les choses sont tranchées. Bien entendu, la dispersion des candidatures n’est pas une bonne chose, mais dans une même famille politique. Or, les Verts sont une option politique à part entière. Si nous n’avions des candidats que s’ils défendent une option politique originale, alors les Verts doivent y être évidemment. Et puis, n’oublions pas que les raisons du 21 avril ne sont pas seulement la dispersion, mais aussi et surtout la mauvaise campagne du candidat socialiste et l’énorme score de l’extrême droite.

Julie : Pourquoi avoir invité Hulot, Lepage, et pas José bové ?

Yann Wehrling : Julie : mauvaise info, nous avons invité (et plusieurs fois ;) ) José Bové. Il ne semble pas vouloir venir... mais ça , c’est sa décision et c’est donc à lui qu’il faut demander pourquoi il ne veut pas dialoguer avec les Verts

alistair : Pour les présidentielles : Tant que le candidat PS ne s’appelle pas Jospin, rien à craindre... lui seul est capable de se planter au premier tour !

Yann Wehrling : Alistair : peut-être, mais pour faire un bon score, ne comptons pas trop sur l’identité du candidat PS. Ma priorité en tout cas est de tout faire pour que l’écologie soit au coeur des débats entre les candidats.

Léa : Et vous mangez bio à Coutances ? (juste pour voir si les Verts mettent leurs preceptes en pratique :-)

Yann Wehrling : Léa : Ô que oui... c’est même bon ;)... on mange dans des assiettes et des verres en amidon de maïs, avec des couverts en bois.

Pipole : Est ce que ça couche toujours aux journées d’été ?

Yann Wehrling : Pipole : on fait un die in tout à l’heure... pourquoi ?

Frantz : Bonjour Yann, est-ce que les Verts (et a fortiori Dominique) ont décidé de ce qu’ils ne lâcheront pas s’ils participent à un futur gouvernement avec les socialistes ?

Yann Wehrling : Frantz : au moment où je te parle, on est en plein dans la négociation programmatique. Il est certain que sur le nucléaire, l’eau, ou l’immigration, on ne s’engagera pas une voie qui contraire à nos convictions.

erwan : Je connais beaucoup de gens qui, avant que je leur parle et que je les convainque du contraire, pensaient que les verts se situaient au centre sur l’échiquier politique (donc à droite du PS). Comment réagissez-vous à cette image qu’on les verts ?

Yann Wehrling : erwan : un peu étonnant, même si je dois avouer que je suis parfois aussi confronté à de tels propos. Mais notre travail, celui de nos élus, et nos stratégies électorales sont très claires sur notre engagement à gauche. Je pourrais développer plus longuement, mais ce qui compte c’est que nous apparaissions comme une force exigeante à gauche.

alistair : On voit mal le PS lâcher le nucléaire, vu l’avenir pétrolier et climatique... doit-on pour autant renoncer à une participation gouvernementale avec eux ?

Yann Wehrling : Alistair : on est tous à se demander pourquoi le PS, contrairement à tous les socialistes européens, est à ce point accroché aux nucléaires. Rien n’est jamais acquis et nous avons pour nous une opinion publique qui, sondage après sondage, nous donne raison. A nous de faire jouer le rapport de force. De plus, aujourd’hui, nous sommes les seuls à dire comment on va résoudre la question du pétrole et de la fuite en avant énergétique. Il faut ouvrir la voie à des alternatives, les essayer, leur donner une chance en France comme en Espagne ou au Danemark.

Yann : Bonjour, vu les consignes données par François Hollande sur les signatures, les Verts sont-ils surs de réussir à atteindre les 500 parainages ?

Yann Wehrling : Yann (cher homonyme ;) ) : Oui. Nous avons un nombre d’élus verts et sympathisants qui ne m’inquiètent pas. J’ajouterais néanmoins que je trouve l’attitude du PS des plus discutable. Les élus PS ne sont pas complètement propriétaires de leur parrainage car dans de très nombreux cas, pour se faire élire, ils ont eu besoin des Verts... heureusement, ils sont déjà nombreux à ne pas l’oublier !

delaigue : Autre question : que pensez-vous, là- bas, de la "couverture médiatique" de ces journées ?

Yann Wehrling : Delaigue : j’en lis et entends des choses positives. Comme d’habitude, mais c’est quand moins fort que certaines années précédentes, les petites questions inter-personnelles prennent trop d’importance au regard des débats de fond qui intéressent une majorité des militants présents et des gens qui nous regardent.

Geldine : Et l’emplois ? Le programme des Verts permettra-t-il de créer des emplois en france ?

Yann Wehrling : Geldine : OUi. l’isolation des logements, l’économie solidaire, le développement des énergies renouvelables (déjà 200 000 emplois en Allemagne) , mais aussi les nouvelles technologies dans le logiciel libre... ou encore l’agriculture bio et paysanne. Mais il faut aussi s’attaquer à la précarité de l’emploi, notamment pour les femmes et les jeunes.

alistair : On sait que le libéralisme est incompatible avec l’écologie, et pourtant je ne doute pas de la sincérité de Lepage ou de Hulot... peut-on faire cause commune électoralement avec des écolos de centre droit ?

Yann Wehrling : Alistair : personne ne nie les différences qu’il y a entre nous, notamment sur ce clivage gauche droite. On le redira. Pour autant, dire ensemble que sur certains points nous sommes exasperés des discours et dire que nous voulons des concrétisations maintenant ne peut que nous renforcer, renforcer l’écologie, et inscrire un rapport de force plus important vis à vis de nos partenaires. Essayons aussi de faire en sorte de répondre à une population qui attend des Verts qu’ils soient en capacité de rassembler sur des idées, et être avec tous des plus constructifs.

virginie : Envisages tu un second mandat de secrétaire national ?

Yann Wehrling : Virginie : l’envisager... oui, parce qu’il faut, dans ma situation, ne pas jouer au "après moi le déluge". J’ai cherché à construire l’apaisement et faire travailler ensemble tous les Verts dans leur divesité et leur richesse. Je veux continuer à m’y employer... d’autant plus que seul l’apaisement peut créer de l’unité, et seule l’unité peut nous donner les moyens d’être entendus sur nos propositions.

Geldine : Quel festival de nouvelles techno cette année ! Combien de temps les enregistrements des meetings vont ils rester sur le site des Verts ?

Yann Wehrling : Geldine : Eh oui... si les Verts ne sont pas à la page sur ce champ, on serait vraiment à côté de la plaque. Si certains nous voient en amateurs du temps passés avec la bougie, voilà qui démontre le contraire. De plus, ce chat va devenir un rendez-vous régulier, les enregistrements des meetings seront laissés en ligne.

virginie : quid de la segrégation urbaine, les verts organiseraient-ils des universités d’été dans une cité de banlieue ?

Yann Wehrling : Virginie : excellente idée qui montrerait que nous mettons en accord discours et action. Au moment des émeutes, nous avons été les seuls à réagir fortement sur le message politique qu’il fallait comprendre dans ces émeutes. Nous avons donc immédiatement condamné les couvre-feu et l’état d’urgence. Dans la foulée, nous avons avec Noël Mamère, organisé les Etats généreux des banlieues, chez lui à Bègles. Là encore, toutes ces années de politiques de la ville n’ont pas résolu les problèmes et il faut agir avec les acteurs de terrain pour casser les ghettos sociaux.

Yann : quelles sont les rapports actuellement entre les différents partis de la feu gauche plurielle ? autrement dit, crois tu à la réussite d’une nouvelle coalition ? et les Verts ont-ils des conditions pour y participer ?

Yann Wehrling : yann : Nous avons évidemment maintenu le dialogue et gardons l’objectif de construire un accord programmatique et électoral avec les partis de gauche. Je ne peux pas te dire aujourd’hui si on y arrivera. ce que je sais, c’est que si nous n’y arrivons pas, la gauche perdra. Et je sais que les Verts aujourd’hui, ne sont pas irresponsables. Nos exigences en terme de propositions et pour un groupe parlementaire sont parfaitement entendables et réalisables. Je n’entends en vérité aucun argument qui justifierait l’impossibilité de nous répondre favorablement. Alors... chacun ses responsabilités !

serge : Que penses-tu de fabius qui veut s’il est élu avoir comme numéro 2 au gouvernement un ministre de l’écologie et du développement durable ?

Yann Wehrling : Serge : peu importe qui le propose, ce qui compte c’est l’accord global qui existera entre les Verts et la gauche. Bien entendu, l’architecture gouvernementale, ça comptera. le numéro 2 du gouvernement en charge du développement durable est un bel affichage. Mais il faudra aussi s’entendre, et c’est le plus important, sur la définition de développement durable qui ne doit pas être un fourre-tout sans sens. En tout cas, ce qui compte, ce sera que l’action du gouvernement soit totalement cohérente. L’écologie n’est pas un addendum à une politique non écologique. On l’a trop vu, on le voit trop : de l’écologie au ministère de l’écologie, des autoroutes et du tout routier au ministère des transport, du tout pesticides et engrais au ministère de l’agriculture.

Claude : A en lire son bouquin, Sarcozy est le champion de l’écologie. Etes vous en train de vous faire doubler par la droite ?

Yann Wehrling : Claude : On peut au moins dire que le père Sarko a trouvé utile d’en parler. Preuve qu’il se rend compte, sondage à l’appui, que le sujet mérite attention. Mais la ficelle est grosse : vous voulez que je le dise, alors je le dis... mais c’est pour mieux rester dans l’inaction ou la masquer. Je pense en vérité que le clivage l’année prochaine, s’il est sur l’écologie, ne sera pas sur le discours, mais il sera entre ceux qui parlent et ceux qui, comme nous avec nos élus, agissent au quotidien.

Il est maintenant temps pour moi de retourner à mes rendez-vous des journées d’été. Je vous remercie pour vos questions et ce dialogue que je compte renouveler régulièrement. D’autres animateurs des Verts répondront à vos questions et l’info vous en sera donnée quelques jours avant.

A bientôt. Amitiés à tous, Yann. (la vidéo du début de ce chat est déjà en ligne sur le site (encore de la nouvelle techno ;) ).

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