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Motion d’orientation

Retrouver / Convaincre la Société

Les Verts - Assemblée Fédérale 2002

dimanche 1er décembre 2002

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I) UN BILAN ASSUME POUR PREPARER L’AVENIR

Le choc du 21 avril oblige Les Verts et la gauche à se remettre en question. Le score obtenu par Le Pen, le niveau de l’abstention, la défaite de Jospin mettent en lumière la coupure entre une société durablement atteinte par plusieurs décennies de crise sociale et ses représentants.

Les électeurs ont sanctionné des politiques jugés responsables de la démission des institutions dans leur vocation de défense de l’intérêt général contre les logiques marchandes.

Parce que le jospinisme relevait plus de l’équilibrisme que d’une réelle synthèse politique en phase avec la société et les électeurs, il a réduit la majorité plurielle à un simple cartel électoral. En maintenant l’hégémonie du PS, il a privé la gauche de l’apport essentiel des Verts et a sombré dans l’immobilisme.

Face à une droite puissante, la gauche n’a pas eu le courage de démocratiser les institutions de la Vème République, et s’est retrouvé otage et victime d’un système dont elle renforça le caractère présidentiel.

La crise de la représentation est aujourd’hui plus forte que jamais : l’Assemblée Nationale compte toujours aussi peu de femmes, de jeunes, d’élus issus de l’immigration, d’ouvriers et d’employés.

La gauche plurielle restera pourtant comme une phase importante de la vie des Verts : la première participation gouvernementale de notre famille politique, au cours de laquelle plus d’un millier de Verts ont intégré des exécutifs locaux.

Jamais les idées écologistes n’ont autant progressé dans l’opinion que durant cette période ; jamais elles n’ont autant influencé les politiques sur des questions que Les Verts voulaient depuis longtemps mettre au cur du débat : RTT, parité, transports, chasse, nucléaire et OGM, développement local, économie solidaire. L’action des députés verts et la participation gouvernementale nous ont donné une crédibilité politique, que nos gains électoraux ont attesté, et ont constitué une expérience de gestion précieuse.

Comme en Allemagne, la participation aux institutions nationales a fait progresser l’écologie politique.

Mais faute d’avoir su construire un rapport de force suffisant avec nos partenaires et d’avoir articulé tous les leviers dont nous disposions, nous n’avons pu infléchir les politiques gouvernementales de manière déterminante. Notre impréparation à l’exercice du pouvoir, notre incapacité à traduire nos orientations en projets appropriables par la société, et capables de s’imposer à nos partenaires, ont limité la portée de notre action.

Les réponses pertinentes viendront de l’analyse de nos propres faiblesses. Un bilan sérieux et utile nécessite une démarche approfondie dans la durée que l’AG fédérale permet d’amorcer.

II) Préparer l’alternance et construire une alternative

Pour nous, la gauche et la droite, ce n’est pas pareil. Avec Raffarin, c’est la droite réactionnaire et liberticide qui est au pouvoir : toujours plus de répression pour les jeunes, pour les étrangers et les syndicalistes, une politique économique conforme aux exigences du MEDEF, une remise en cause des 35 heures, la relance du nucléaire et la diminution des moyens alloués à l’environnement. Cette situation nous place devant une triple tâche : participer à l’organisation de la résistance à la politique de la droite, préparer l’alternance, construire une alternative qui incarne un débouché politique aux mobilisations. Il faut donner un autre contenu à une alliance à gauche renouvelée.

Nous sommes la force politique la moins touchée par l’effondrement de la "majorité plurielle". Cela nous donne une responsabilité particulière. Nos thématiques úlibertés publiques, antiproductivisme et développement durable, alter-mondialismeú représentent le ferment de la reconstruction d’une gauche écologiste, solidaire, internationaliste et européenne. C’est le socle d’un « front solidaire », apte à mobiliser les jeunes et les exclus, les couches populaires et les classes moyennes.

Notre projet politique ne saurait s’imposer à la société. Il doit répondre aux souffrances, aux craintes, aux désirs d’émancipation qu’elle exprime.

Notre parti ne peut se refermer sur lui-même, il doit travailler avec toutes les gauches, sans exclusive ; il doit être partie prenante du fonctionnement des institutions et des luttes sociales, associatives, syndicales, y compris des formes nouvelles de désobéissance civile et d’actions des consommateurs.

Tout en respectant l’autonomie du mouvement social, nous devons chercher à traduire politiquement ses aspirations. Ne nous contentons pas d’accompagner les protestations, mais articulons les revendications et une perspective de transformation écologique de la société.

Cette démarche d’alliance dynamique à gauche n’a rien à voir avec les concepts de parti unique ou de confédération. Elle fonde l’autonomie des Verts. Nous devons batailler contre les tripatouillages électoraux de la droite visant à polariser la vie politique, et nous préparer à mener des listes autonomes lors des prochaines échéances. C’est la condition pour pouvoir choisir librement une stratégie définitive une fois les règles du jeu connues.

III) UNE STRATEGIE POUR LA RECONQUETE

Pour résister à la droite, pour asseoir la nécessité du développement durable et pour être en capacité de prendre des initiatives, nous devons nous renforcer, c’est à dire :
- Établir la cohérence et la crédibilité de notre projet, en réponse aux attentes ou aux éventuelles inquiétudes qu’il suscite, en démontrant que l’environnement n’est pas incompatible avec l’emploi ;
- Tisser des alliances avec les forces sociales, proches ou éloignées ;
- Ouvrir notre parti à toutes les catégories sociales, et d’abord aux classes populaires, parce que rien ne serait pire que le repli identitaire.
- Tenir toute notre place au sein des collectivités locales où nous sommes représentés,

Dans ce sens, nous proposons quatre chantiers stratégiques :

Construire un modèle de développement juste et durable, qui lie indissociablement les questions environnementales et sociales. Nous devons mener des campagnes sur les transports, les énergies alternatives, l’agriculture écologique, la gestion des déchets, la protection de la nature et créer les conditions d’une alliance en faveur d’une consommation "éco-compatible". C’est la condition de l’émergence d’une alternative crédible d’ écologie populaire .

Construire une alternative au libéralisme et au social-libéralisme.

La lutte contre les inégalités et la précarité est au cur de l’engagement écologiste. Nous serons naturellement présents dans les luttes de résistance à la politique économique et sociale de la droite.

Dans ces mouvements, nous avons la responsabilité de défendre les acquis et de proposer des solutions innovantes.

Nous devons montrer la différence entre la posture sociale-libérale et notre vision écologiste qui lie conditions de vie, modes de production et politiques de la nature.

Démocratiser la République et protéger les libertés.

Réformer les institutions pour permettre la représentation de tous les citoyens, des minorités, la participation de tous aux prises de décision est une priorité. Nous voulons une République décentralisée au cur d’une Europe fédérale. Démocratiser la République, c’est protéger les libertés, aujourd’hui mises à mal. Avec Sarkozy, la police l’emporte partout sur la justice, la répression sur le droit. Face aux mesures ultra-sécuritaires, qui participent d’une logique de violence, les Verts proposent des pistes de diminution des risques (une politique des drogues, l’interdiction des ventes d’armes, criminalisation de la violence routière).

Pour une Europe fédérale.

La construction européenne et le combat pour l’alter-mondialisation sont indissociables. L’accord de Bonn sur le protocole de Kyoto l’a montré, l’Union peut incarner une volonté politique décisive pour combattre l’unilatéralisme des USA. Les Verts doivent devenir les promoteurs intransigeants d’une Constitution européenne fondée sur le social, sur l’écologie et sur une politique étrangère et de défense communes. La création d’un parti transnational vert européen s’avère indispensable.

Face à la stratégie de Bush de guerre préventive, l’Europe doit se porter garante de la paix. Nous devons être à l’origine d’un mouvement anti-guerre.

IV) RENOVER LES VERTS POUR CONSTRUIRE LE PARTI DU DEVELOPPEMENT DURABLE

L’AG Fédérale de décembre 2002 doit se fixer pour objectifs le rassemblement de notre mouvement autour d’une majorité stable et la construction d’un parti fédérateur, qui s’appuie sur tous les Verts, quel que soit leur niveau d’engagement.

Nous proposons plusieurs directions :
- Faire des groupes locaux le cur du parti, en organisant la mutualisation des pratiques ;
- Permettre aux régions d’être le relais des réflexions et actions de terrain ;
- Engager, sur proposition du CNIR, des débats,nationaux ;
- Organiser mieux la parité et la représentation des nouvelles générations et des minorités ;
- Repenser nos moyens de communication et d’information pour être plus réactifs ;
- Bâtir un plan de formation ouvert à tous les militants avec des intellectuels, des chercheurs, des syndicalistes... Verts ou non !

Le résultat de l’audit participatif doit nous pousser à agir. Nous nous engageons à soumettre à la consultation de toutes les structures et adhérent-e-s vert-e-s un plan d’urgence en 9 points :
- Un CE resserré, engagé sur un contrat de mandature voté par le CNIR ;
- Création d’un collectif national d’animation pour élargir la maîtrise de l’actualité politique, qui associe toutes les sphères d’activité des Verts ;
- Renforcement du rôle des commissions ;
- Programme de formation régionalisée ;
- Lancement d’un journal de 8 pages, vendable sur les marchés ;
- Création d’une commission nationale de conflits ;
- Simplification et uniformisation de la procédure d’adhésion ;
- Création d’une commission des finances pour la transparence des comptes et l’assistance au(x) trésorier(s) ;
- Création au sein des Verts d’un observatoire national contre les discriminations.

Pour décider ensemble, nous souhaitons un référendum sur le changement de statuts, préparé par une commission composée de toutes les sensibilités. Le contrat d’animation, où tous les Verts seront représentés, scellera cette volonté commune. Pour l’intérêt général de nos concitoyens et contemporains, construisons sans délai le rassemblement des Verts.


Contact signatures :

Les signatures physiques sont à envoyer, soit par courrier soit par fax, à

Michel Bock

Les Verts BP 8 78041 Guyancourt cedex fax : 01 30 44 21 24 mail : bockm@wanadoo.fr ou tel 06 14 32 17 83


Attention

Texte présenté sous réserve de conformité aux règles de validation (10 000 caractères, blancs compris : signé par 30 adhérents de 5 régions différentes au moins )

Le secrétariat national tient à rappeler que les textes des motions d’orientation sont à l’initiative de leurs auteurs et ne sauraient, avant leur adoption, être considérés comme des positions officielles du mouvement.

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