Archives des Verts français Archives des Verts français

Emploi, précarité, pouvoir d’achat.

Forum de la gauche et des écologistes

Contribution de Yann Wehrling, avril 2006

samedi 29 avril 2006

Les personnes à la rue, ceux qui survivent avec un RMI ou un RMA, les chômeurs ou encore les salariés qui vivent au dessous du seuil de pauvreté, tous ont en commun de vivre dans la précarité financière et pour une grande part d’entre eux de subir diverses formes d’exclusions. Et pourtant, la France est deux fois plus riche qu’il ya 30 ans .

Pour la droite, l’unique réponse à la précarité résiderait dans la flexibilité, source unique relance de l’activité économique. Or, nous pouvons constater que précarité et croissance cohabitent dans de nombreux pays. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, régulièrement donnés en exemple, font partie des pays dont la croissance n’a pas permis de faire reculer la précarité.

À l’opposé de cette logique de court terme socialement ravageuse, les Verts prônent le développement humain, c’est-à-dire la mise en place d’une économie respectueuse de l’être humain ou la personne, de l’amélioration de la qualité de vie des personnes et de l’environnement.

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

C’est en ce sens que les propositions que nous faisons lient économie, mesures sociales et écologie. Le sens général de la démarche des écologistes c’est qu’on ne peut pas faire du social sans écologie et de l’écologie sans mesures sociales. A défaut, ça n’aurait pas de sens et nous courrons à de nouvelles désillusions et à l’échec.

Répondre à la précarité des sans emplois et s’attaquer à la précarité dans l’emploi.

Le terme de chômeurs tel qu’il est repris par les statistiques ne recouvre pas la réalité. Il n’y a pas en France 2,6 millions de chômeurs mais plus vraisemblablement 4 ou 5 millions. La tâche est donc d’une ampleur considérable. Les Verts proposent de mettre en œuvre les objectifs suivants.

- Sécuriser les parcours professionnels

Tous les acteurs de terrain s’accordent sur un point : pour lutter contre la précarité des sans emplois, il faut agir avant que les personnes basculent dans des situations difficiles.
Les Verts proposent que dans le temps d’une mandature législative un système de sécurisation des parcours professionnels soit mis en place. C’est une revendication très largement partagée par le monde du travail.
Cela suppose à la fois de limiter les ruptures dans le revenu des ménages en revalorisant les minima sociaux à un niveau compatible avec les moyens nécessaires pour subvenir aux besoins minimums. Il est proposé d’instaurer de manière optionnelle dans un premier temps un contrat d’activité qui comprendra les clauses actuelles du contrat de travail, ainsi qu’un crédit de droits formation et un contrat d’utilité sociale.
En cas de dimminution de l’activité dans l’entreprise, le revenu lié à la formation ou à l’activité d’utilité sociale (mise à disposition des compétences professionnelles dans une association, service à la collectivité...) prend le relais tout en garantissant une continuité de statut et de revenu de la personne.
Par ailleurs, le système de retraites par répartition doit être revu et renforcé pour assurer sa pérennité.

- Une allocation d’autonomie pour les jeunes

Cette allocation vise tout autant les jeunes sans emploi que ceux poursuivant leurs études. Les uns comme les autres vivent très souvent avec des moyens très réduits, voire en deçà du seuil de pauvreté. Une enquête réalisée à la demande de l’UNEF concluait que 40% des étudiants vivaient sous ce seuil.

- Lutter contre le phénomène des « travailleurs pauvres »

Travailler ne préserve plus nécessairement de la précarité. On compte pas moins de 1,2 million(s) de travailleurs pauvres qui sont rémunérés au Smic sur un contrat à temps partiel voire très partiel, dans la grande distribution, la restauration rapide et autres emplois de service.

Ce temps partiel, qui touche particulièrement les femmes, ne fournit pas aux salariés les revenus leur permettant de subvenir aux besoins indispensables. C’est pourquoi les Verts proposent de créer une prime salariale à la charge des entreprises qui augmenterait le coût du travail (et donc le salaire) de tous les contrats inférieurs à un mi temps. Ce dispositif aurait pour effet de créer un « SMIC mi-temps » qui correspondrait à un revenu minimum de 66 % du SMIC.

- Taxer les entreprises qui recourt le plus aux contrats précaires

Instaurer un système de bonus malus sur les cotisations patronales pour pénaliser les entreprises dont le taux d’emploi précaire (intérim, CDD courts, stages, temps partiels inférieurs à un mi-temps...) est supérieur à la moyenne enregistrée dans la branche.

- Revaloriser le SMIC

Le SMIC lui-même ne met pas à l’abri de la précarité. Le niveau des loyers est en partie responsable de la situation. Aussi les Verts ont pour objectif de fixer le SMIC à 1500€ net. Les collectivités et l’Etat devront se montrer exemplaire et supprimer leurs emplois précaires.

- Les stages

Une des formes de la précarité est la succession des stages à répétition. Pour limiter cet engrenage, nous proposons de les limiter à 6 mois et de les rémunérer de façon à permettre aux jeunes de couvrir leurs besoins élémentaires (50% du smic pour les stages de 1 à 3 mois et 80% après. Ces mesures devront bien sûr s’appliquer à la fonction publique.

G/ Utiliser les Service publiques comme un levier du vivre ensemble

Il faut renforcer la capacité du service public à faire vivre le lien social qui fait encore plus défaut aux personnes en situation de précarité. Pour cela, il faut mettre en place une réelle participation citoyenne afin d’améliorer la qualité du service publiqc et renforcer sa légitimité.

2/ Favoriser la création d’emploi nouveaux.

A/ Poursuivre la réduction du temps de travail

En premier lieu, Le Verts proposent d’étendre rapidement les 35 heures aux petites entreprises, comme le prévoyait le dispositif d’origine remis en cause par la droite. Ils proposent aussi d’engager le passage aux 32 heures tout en veillant à ne pas répéter les erreurs constatées dans la mise en œuvre des dispositifs sous le gouvernement Jospin.

B/ Entrer dans une conversion écologique de l’économie créatrice d’emplois

L’isolation des bâtiments pour diminuer l’émission de gaz à effet de serre pourrait créer 150 000 emplois dans l’artisanat ; l’application de la directive européenne qui impose 20 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité pourrait créer 240 000 emplois (source UE). Plus largement, l’enjeu est de passer d’une économie de la production à une économie de la fonctionnalité. Pour produire une voiture, un ordinateur ou une console de jeux, il faut de moins en moins de travail humain. Pour les réparer il en faut toujours autant, voire plus en raison des nouvelles obligations de recyclage. Ces emplois de proximité ne sont pas délocalisables.

C / Développer l’économie sociale et solidaire.

Les besoins non satisfaits par le marché classique sont très nombreux (santé, accompagnement des personnes, environnement, culture...). Ils sont pourtant à l’origine de la majorité des créations d’emploi des deux dernières décennies. Un grand plan de développement de l’économie sociale et solidaire permettrait d’améliorer la qualité de vie, de répondre à des besoins non satisfaits et de créer des centaines de milliers d’emplois sur les territoires.

Conclusion

Pour les Verts, il existe nombre de mesures qui permettent de relever le défi de la précarité et de relancer l’emploi sans pour autant attendre la croissance, dont les conséquences sur l’environnement et la qualité de la vie ne sont pas toutes favorables. Nos propositions cibles avant tout un objectif de développement humain.

Mots-clés : ,
Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19