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Retranscription du Tchat avec Guy Hascoët

le 12 décembre 2006

mardi 12 décembre 2006

Comment offrir à tous l’accès à des produits écologiquement et socialement responsables ?
"Le projet des Verts est évolutionnaire et ne laisse de côté aucun aspect de nos vies concrètes."
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Bienvenue sur le salon : 12 décembre - Guy Hascoët. [Sujet] : (L’économie solidaire)

[Description] : Comment offrir à tous l’accès à des produits écologiquement et socialement responsables.

Paul : l’économie sociale et solidaire....ça repose sur les impôts, ça ne paye pas de charges sociales...comment pouvez vous dire que ça représente un avenir économique ?

Guy Hascoët : paul bonjour, je suis arrivé et prépare la réponse à votre question.

Guy Hascoët : L’analyse montre que l’ESS en proportion (environ 10%) bénéficie de moins de subventions que toutes les autres formes d’économie.

Catherine : Le commerce équitable pèse 2%... n’est ce pas dérisoire ? Ah quoi bon se donner tant de mal ?

Guy Hascoët : le commerce équitable c’était 0,2% voilà dix ans, alors pourquoi 20% dans vingt ans...les courbes de développement s’étalent hélas sur trente ans.

Hector : Faire venir du café de l’autre bout du monde, je sais pas si c’est équitable, mais c’est pas écolo ! Quelle dépense de pétrole ! Ne vaudrait il pas mieux préconiser les cultures locales ?

Guy Hascoët : hector, vous n’aimez vraiment pas le café...transporté par bateau il est moins gourmand en énergie qu’un produit local par camion ...

Claire : J’ai du mal à croire qu’une camionette faisant 10 km pour acheminer des pommes locales consomme plus en énergie qu’un bateau traversant l’atlantique pour nous amener du café (et pourtant j’aime ça !)

Guy Hascoët : Oui bien sûr mais hélas elles font plus souvent 2000 kilomètres de camion. La comparaison doit être toujours faite et c’est vrai que les produits hors saison, venus de loin, sont une aberration.

Paul : les produits équitables sont hyper-chers...qu’est ce qu’on peut faire pour les baisser...

Guy Hascoët : il faut supprimer les intermédiaires non indispensables et stabiliser les ventes à un niveau qui permette de négocier une baisse de la marge avec les producteurs...

Catherine : Quand on compte sur la bonne volonté des gens... on arrive à sensibilier 2% avec longtemps, alors qu’une loi obligatoire, c’est 100% tout de suite ! Pourquoi ne pas rendre obligatoire la consommation de produits "écologiquement responsables", au moins dans les collectivités ?

Guy Hascoët : les collectivités représentent 17% de la totalité des achats. Une loi peut difficilement définir les critères de qualité en toute chose. Il faut parier l’évolution par l’introduction politique partout des achats éthiques et responsables.

Paul : Qu’est ce que vous pensez des notations et labels sur les performances sociales ou environnementales ....c’est pas ça l’avenir ? On pourrait même faire un cac 40 des meilleurs qui auraient moins d’impots ou de charges, non ? Comme cela elles devien draient plus attirantes pour les investisseurs...

Guy Hascoët : Les labels, marques et normes permettent de repousser les standards vers le mieux. La notation permet de mesurer la qualité des engagements des acteurs et de permettre éventuellement aux acheteurs de les sanctionner. Rozenn : Et Les Marchés publics ?

Guy Hascoët : le code des marchés publics a ouvert les possibilités des clauses du mieux disant social et environnemental (c’est moi qui ai fait adopter devant les assemblées le fameux article 14 en 2000) et les deux réformes produites par la droite ont heureusement confirmé cette conquête.

Catherine : La cantine de mes enfants est fournie par la Sodexho. Pas moyen d’avoir un produit bio ! Ils disent que c’est cher :-(

Guy Hascoët : le prix des produits agricoles est fonction de la certitude pour les producteurs de bien vendre leurs productions. Le problème pour les collecivités est d’être certaines d’avoir un approvisonnement fiable. Ces deux termes de l’équation amènent aujourd’hui sous notre impulsion des conseils régionaux a constituer des SCIC pour organiser l’interface entre producteurs et cantines de manière à baisser justement l’accès social au BIO.

Claire : Que penser des banques qui communiquent sur leur soutien aux projets "écologiquement et socialement responsables" (comme le Crédit Coopératif, par exemple) ? Et si tout le monde place son argent dans ces banques, n’y aura-t-il plus que des produits écologiquement et socialement responsables (les autres productions n’ayant plus de financement banquaire) ?

Guy Hascoët : les fonds de placements éthiques et solidaires sont valides et fiables. Oui si tout le monde plaçait son argent autrement, ceci constituerait une révolution. paul : qu’est ce qui nous garantit que les produite écolos ou équitables le soient vraiment....on pourrait au moins faire passer cela dans la loi, non ?

Guy Hascoët : la certification est préférable à la loi car elle constitue un accord de toute une filière. La loi est en retard et très vite dépassée.

le_rat_ecolo : économie sociale et solidaire = économie souteraine... (sel, etc...) c’est bon pour moi ça...

Guy Hascoët : les systèmes d’échanges permettent de recréer du lien social et d’ouvrir des droits à des personnes qui rendent des services à la collectiovité à titre bénévole. Leur volume effectif est si faible qu’il ne menace pas la recette fiscale et les grands équilibres sociaux. L’agglo de Lille va lancer le porte monnaie SOL qui va enregistrer les échanges à l’échelle de toute une population.

Catherine : On dit que l’écologie est mauvaise pour l’économie, et menace les emplois. Peut on créer de l’emplois grace à l’écologie ?

Guy Hascoët : toute l’économie doit muter vers le développement durable et tous les emplois de demain seront développés dans cette optique. Il n’y a pas de justification à produire inutile ou crétin. L’argent libéré se recycle dans des activités, des services et des produits compatibles avec une société écologisée.

Rozenn : Au contraire, l’écologie crée des emplois, elle permet d’innover là où les pratiques sont obsolètes.

Guy Hascoët : le rythme de création d’emplois satutaires dans l’ESS depuis huit ans est le double du rythme des autres secteurs de l’économie avec en moyenne 5% par an.

le_rat_ecolo : pourquoi les verts disent rien sur cette débauche d’illumination enégivore de Noël ?

Guy Hascoët : la sobriété tout le temps et la fête de temps en temps.

Claire : Par rapport à ta réponse au rat écolo, (le volume effectif des systèmes d’échange type "sel" est si faible qu’il ne menace pas la recette fiscale et les grands équilibres sociaux), qu’advient-il justement s’ils se généralisent ?

Guy Hascoët : encore un fois le coût social de l’absence de cohésion et de liens sociaux est bien supérieur à ce que pourront jamais enlever les SELS à nos caisses d’assurance sociale mais sur le fond vous avez raison d’être vigilante.

Catherine : C’est quoi ces idées de "décroissance" ? Si vous réduisez l’activité économique, vous causez du chomage, non ?

Guy Hascoët : la croissance comme la décroissance sont deux concepts aberrants car il y est additionné tout et l’inverse de tout. Ce qui nous intéresse ce sont les termes d’un développement qualitatif.

Hector : L’agriculture bio crée des emplois, mais ca fait des produits + chers ! Comment créer des emplois écolos sans augmenter les prix ?

Guy Hascoët : le prix est fonction des volumes mais surtout de l’écoulement des productions. Le prix baisse car le produit est souvent acheté, ce qui suppose qu’il soit proposé dans de nombreux points de vente et acheté par de nombreux clients. Et puis un prix significatif de beaucoup d’emplois par rapport à un prix significatif de dumping social ou de chômage, il faut choisir.

Claire : Si les aides de la PAC étaient allouées aux producteurs bios, leurs produits seraient moins chers, mais un agriculteur peut-il simplement vivre sans être subventionné en vendant pas cher ?

Guy Hascoët : la remarque est pertinente car la PAC après 2013 va redéfinir les aides et ce sera l’occasion de plaider qualité, emploi et environnement au lieu de quantité, enrichissement d’une minorité agricole, au risque de la disparition des autres paysans.

Paul : j habite briancon dans les hautes alpes, et comme chaque année les canons à neige ont repris du service.comme bouffeur d énergie on ne fait pas mieux. Qui, un jour, osera dénoncer ce gachis ? Je doute que se soit dans vos intentions, car à part inventer des taxes...

Guy Hascoët : les taxes incitatives peuvent être utiles mais pour notre part nous n’avons d’obession de la solution par la loi. L’autoritarisme politique a partout, toujours montré ses limites et ses échecs.

Paul : 1% du budget pour l’agriculture , 17% pour la politique de la ville....est ce qu’on ne devrait pas tout simplement inverser ?

Guy Hascoët : il est évident qu’il va falloir rééquilbre la France de Chirac et de notre gentil Sénat rural.

le_rat_ecolo : votre thème c’est quand même un truc de bobos....qu’est ce qu’elle en a à faire la mère célibataire qui a du mal à faire bouffer ses mômes de vos tee shirt en coton équitable ? Dans une campagne présidentielle vous devriez pas faire des chats sur autre chose ?

Guy Hascoët : Dans très peu de temps toutes les solidarités seront surdéterminées par la question écolo. Quand nous parlons avenir de l’agriculture ou industries du transport, des énergies renouvelables, emploi dans les services ou développement local des territoires, ce sont de grands sujets. Le thème de ce soir est plus reserré délibéremment.

Guy Hascoët : Pour mon premier tchat, je trouve vos questions intéressantes.Je pense néanmoins qu’il ne faut pas omettre de parler des secteurs coopératifs ou mutualistes...de discuter de l’ensemble des questions de société. Notre projet est évolutionnaire et ne laisse de côté aucun aspect de nos vies concrètes. A bientôt pour poursuivre le débat d’idées !


Prochain "tchat" : MARDI 19 DECEMBRE, à 19h tapantes, animé par le (la) nouveau(elle) secrétaire national-e des Verts, qui répondra à toutes vos questions !
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