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Motion d’orientation

Rénovons maintenant !

Les Verts - Assemblée Fédérale 2002

dimanche 1er décembre 2002

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"Mettre en route l’intelligence sans le secours des cartes d’état-major "

René Char

La maison du bonheur n’est pas bleue

Certes, il n’y a pas à regretter notre choix en mai de défendre la démocratie, en appelant les premiers à voter, à contre cur, pour un président corrompu contre le candidat du fascisme. La défaite annoncée de la gauche en juin débouche néanmoins sur une nouvelle donne. Nous devons faire face en effet au régime le plus réactionnaire depuis Mai 68 : retour de l’ordre moral, atteintes aux libertés, répression accrue contre des pans entiers de la société devenus " classes dangereuses ", démantèlement de la solidarité et de la protection sociale. Cette Chambre bleue, sous des abords bonasses et une image moderniste, ne fait pas mystère de ses projets : libéralisme économique absolu, et contrôle autoritaire des individus et des modes de vie. Voilà donc le contexte politique actuel.

Un immense besoin d’air frais

C’est dire à quel point, après deux années marquées par tant de déchirements internes exhibés sur la place publique, nous faisons le rêve d’un congrès d’unité et de rénovation, à la hauteur des défis à relever par l’écologie politique.

Notre démarche étant à l’opposé des accords de "chefs de tentes" sur fond de compromis illisibles, nous voulons, nous, rassembler toutes celles et ceux qui souhaitent que notre parti se réforme enfin, retrouve sa cohérence et son souffle, celui des européennes notamment.

 

UNE EXIGENCE DE LUCIDITE

L’écologie plus présente, les Verts affaiblis

Les préoccupations et les thématiques portés par les Verts sont plus présentes que jamais dans le champ politique et médiatique. L’actualité nous donne tous les jours raison, et l’écologie suscite intérêt et sympathie. Sur le terrain, nos élus locaux et nos militants agissent. Mais paradoxalement, nous restons une force politique marginalisée au niveau national, souvent décriée, et victime régulièrement du vote " utile " comme du vote " sérieux ".

Relativisons néanmoins. Les européennes et les municipales ont été des succès. La barre des 5% a été franchie à la présidentielle. Grâce à la participation gouvernementale, nous avons gagné une crédibilité et une visibilité accrues, et nous avons contribué à certaines avancées législatives ou au débat d’idées dans de nombreux domaines. Mais nous n’avons pas été en mesure d’influencer les politiques publiques de façon significative.

Notre impréparation au fonctionnement des institutions, nos faibles relais dans la société et l’appareil d’Etat, la communication hétéroclite de nos responsables nationaux, l’amateurisme de notre organisation au pilotage défaillant, montrent clairement nos responsabilités dans une image des Verts aujourd’hui brouillée, vécue comme un boulet pour beaucoup d’entre nous Enfin, nous n’avons pas su écouter et convaincre ceux qui devaient nous rejoindre (les populations défavorisées, le monde rural notamment) : notre projet leur apparaît trop éloigné de leur quotidien.

Un contexte de peur et de repli

Mais force est cependant de constater que la dégradation du débat politique, l’influence de la télévision, l’instrumentalisation jusqu’à la nausée d’une certaine forme d’insécurité, l’individualisme et les ravages de la société de marché, ont également conduit nos concitoyens à s’abstenir ou à se jeter massivement dans les bras du populisme et de la droite dure. Les questions de l’éducation, de l’accès au savoir et à l’information, des médias, sont donc essentielles à traiter aussi pour comprendre ce qui s’est passé le 21 avril dernier.

Plus globalement, il faut nous doter d’outils d’évaluation de notre action politique, au sein des institutions comme des mouvements sociaux, au plan national et régional.

 

UNE EXIGENCE D’INNOVATION

Un parti uni sur l’essentiel, riche de ses idées

L’Audit Participatif Interne le souligne, Les Verts ne sont plus travaillés aujourd’hui par des divergences idéologiques fortes, et leur partenariat à gauche ne fait plus question. Une écrasante majorité d’entre nous se retrouve dans le concept de développement durable, la contestation radicale de l’ultra-libéralisme, la lutte contre toutes les discriminations, l’exigence de solidarité à l’égard du Sud, d’engagement pour la paix, l’attachement à la construction européenne Et si certain-e-s d’entre nous se sentent plus ou moins à gauche, ont davantage la fibre environnementale, sociale ou citoyenne, préfèrent le local au global, le terrain aux idées, ou l’inverse, est-ce vraiment un problème ? A condition d’être clairs sur un socle commun, nous devons être capables de faire vivre en bonne intelligence ces différentes cultures qui concourent à la richesse des Verts.

Un parti au projet cohérent et accessible

Cependant, si nous voulons peser vraiment, nous devons devenir le parti propositionnel, généraliste et responsable, que tant de citoyens attendent pour se réconcilier avec la politique.

Pour ce faire, il faut en finir avec les programmes fourre-tout, hiérarchiser les priorités, et, sans renier aucun de nos engagements, dépasser nos approches trop catégorielles (nos "niches écologiques" !) pour aborder sans complexe la société dans son ensemble. L’écologie doit parler à tous et à toutes !

Un congrès programmatique en 2003

Depuis la création des Verts en 1984, les réflexions des intellectuels sur l’écologie ont été nombreuses, la société a évolué, la globalisation s’est accélérée, la composition du parti a changé et certaines de nos options méritent aujourd’hui une discussion approfondie (de l’éducation aux minima sociaux, de la santé à la justice),sans complaisance à l’égard des fausses évidences et des slogans faciles de la " pensée unique verte ". Ainsi nous voulons mettre en place un processus collectif de relecture de notre projet, de débat, et de rédaction d’un texte politique de référence, qui se conclura par un congrès programmatique à l’automne 2003.

 

UNE EXIGENCE D’AUTONOMIE

Devenir un parti capable de gagner par lui-même

Le pari de faire des Verts le deuxième parti de la gauche est gagné. Donnons-nous désormais les moyens de devenir, à terme, un parti capable d’accéder à des seconds tours. C’est là une condition vitale pour donner vraiment sens au concept d’autonomie contractuelle. La rénovation de notre positionnement y contribuera, mais cela ne suffira pas. Pour devenir ce grand parti du XXIème siècle, quatre exigences supplémentaires :

- Faire de l’Europe l’horizon de nos analyses politiques et de nos pratiques militantes. Définir le projet européen comme une alternative à la mondialisation libérale, et construire un parti vert européen capable de mener des campagnes à l’échelle continentale.

- Clarifier notre partenariat avec les partis de gauche sans nous fondre dans une fédération ou un "grand parti" où nous perdrions notre spécificité, ni céder au mirage d’une alliance avec une extrême gauche protestataire.

- Etre présents sur le terrain, avec nos propres propositions et nos modes d’action, sans suivisme ni instrumentalisation à l’égard des mobilisations associatives, syndicales, et du mouvement social, lui aussi hétérogène.

- Etre à l’écoute des expérimentations et des innovations au quotidien. A l’écoute de l’économie solidaire, du commerce équitable et des solidarités locales bien sûr, mais aussi des créateurs et des entrepreneurs qui ont compris ce que " développement durable " voulait dire.

Réussir le rendez-vous de 2004

Régionales et européennes sont nos deux élections de prédilection, et nous devons nous préparer à les affronter d’une manière autonome. Ces échéances doivent marquer un nouveau départ de l’écologie politique, et constituent une occasion unique de mener des campagnes fortement articulées, en nous appuyant sur le bilan très riche de nos élus.

 

UNE EXIGENCE D’EFFICACITE

Nous avons beaucoup dit, et peu fait jusqu’ici, pour mener à bien l’indispensable réforme du fonctionnement des Verts. L’API nous incite à passer rapidement à l’acte. Animés par une secrétaire nationale et une équipe garantes de l’unité et de la démocratie participative, Les Verts auront à mener quatre chantiers essentiels :

- Une communication, une information, une formation, améliorées

- Travailler sur une communication externe plus pédagogique, pertinente, cohérente
- Développer le rôle d’Internet et d’intranet
- Faire connaître, mutualiser, articuler l’action des élus et des militants
- Relancer la Tribune des Verts, outil d’appropriation des débats, en la modernisant.
- Systématiser la réunion des secrétaires locaux et régionaux

 

- La remise en marche de la " machine " à penser

- Bilan des EGEP et réforme des commissions thématiques
- Création d’une fondation écologiste, lieu de débats avec des experts diversifiés
- Echanges réguliers avec les grandes organisations syndicales, associatives, professionnelles

- Une politique financière rigoureuse et inventive

Les marges de manoeuvre financières actuelles sont faibles. Avec la réforme de l’organisation, la perspective volontariste de 15.000 adhérents dans deux ans, et une gestion rigoureuse, nous passerons ce cap difficile.

- Une réforme urgente de notre organisation

Un débat décentralisé sur l’organisation générale des Verts aura lieu sur les bases du rapport final de l’API pour déterminer quelles modifications sont nécessaires, notamment pour clarifier et simplifier nos statuts. Ce processus trouvera son terme au plus tard en juin 2003, et sera validé au moins pour sa partie statutaire par référendum.

Le temps est ainsi venu d’inventer un parti VERT refondé, recréant des solidarités humaines dans un monde où l’individualisme, le profit immédiat et la prédation sont maîtres, et répondant aux désirs de mobilisation, vifs et multiples, des citoyens, pour une planète préservée et une société plus humaine.

Bref, L’IMAGINATION AU POUVOIR, L’EFFICACITE EN PLUS !


Contact signatures :

Bernard Jomier 31, rue d’Hautpoul 75019 Paris

Fax : 01 42 08 38 15


Attention

Texte présenté sous réserve de conformité aux règles de validation (10 000 caractères, blancs compris : signé par 30 adhérents de 5 régions différentes au moins )

Le secrétariat national tient à rappeler que les textes des motions d’orientation sont à l’initiative de leurs auteurs et ne sauraient, avant leur adoption, être considérés comme des positions officielles du mouvement.

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