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Motion d’orientation

Ecolo !

Les Verts - Assemblée Fédérale 2002

dimanche 1er décembre 2002

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Face aux désordres sans cesse croissants de notre Terre et de nos sociétés, l’écologie politique veut construire un développement soutenable à l’échelle planétaire. Déséquilibre Nord-Sud, carences alimentaires et sanitaires, réchauffement climatique, pollutions, inondations, gaspillage des ressources ces désordres s’observent partout ! Le modèle productiviste est en crise. A la lourde facture écologique s’ajoutent la fracture sociale et l’impasse économique. Le développement soutenable, loin d’être une réponse strictement environnementale, est un projet politique global, intégrant notamment une volonté de justice sociale et de prévention des conflits internationaux.

1995-2002 : Un bilan mitigé, une crédibilité discutée

La politique gouvernementale, intéressante dans ses premières réformes (parité, 35 heures, limitation du cumul des mandats, PACS, CMU), s’est stérilisée dans la gestion et sous la pression des lobbies. Si l’entrée des Verts au gouvernement et à l’Assemblée nationale a marqué un tournant politique et nous a fait gagner en crédibilité, nous n’avons pas su affirmer notre autonomie face au gouvernement Jospin. Après l’arrêt de Superphénix et l’abandon du canal Rhin-Rhône en 1997, aucune réforme phare qui aurait pu donner une identité et une lisibilité fortes à notre action n’a abouti.

Aujourd’hui, c’est à travers le travail des élus locaux et des militants, proches du terrain et des électeurs, que se construisent, jour après jour, crédibilité, enracinement et nouvelles politiques publiques.

Bien que la progression des Verts aux élections régionales, européennes, municipales et cantonales ait montré que nos idées trouvaient un écho grandissant chez nos concitoyens, l’élection présidentielle, malgré le passage symbolique de la barre des 5 %, a déçu. Et, après le terrible choc du 21 avril, les élections législatives ont été pour les candidats autonomes largement en dessous de nos espoirs et des scores de 1997. L’échec de Jospin et la contre-performance des Verts n’étaient pas des fatalités. L’absence de la dose de proportionnelle validée par les accords Verts-PS de 1997 et l’inversion du calendrier, imposée par Jospin contre l’avis des Verts, sont deux éléments dominants de la déroute. Le succès des Verts allemands, basé sur un mode de scrutin proportionnel et sur des avancées programmatiques réelles (sortie du nucléaire, code de la nationalité), montre que la victoire est possible si chaque partenaire entend et respecte l’autre.

Parallèlement, les pratiques et le fonctionnement interne des Verts ont entamé notre crédibilité. L’image que nous donnons à l’extérieur contrarie l’expression de nos idées politiques : déclarations intempestives dans les médias, déchirements publics lors de la pré-campagne présidentielle, conflits internes incessants à tous les niveaux De même, la direction politique a été affaiblie, un secrétariat national isolé par un cercle restreint de conseillers se substituant aux élus du collège exécutif.

Le temps est venu de tout remettre à plat, de réfléchir ensemble et de nous rassembler sur des objectifs clairement définis. Il nous faut ouvrir un nouveau cycle.

Réaffirmer l’identité et le projet des Verts : l’écologie politique

Les Verts doivent se positionner comme un parti résolument innovant, capable d’interpeller chacun au cur de ses préoccupations, capable de décliner la complexité écologique en solutions appliquées et claires pour tous et capable d’initier de nouvelles politiques publiques.

Les Verts, en rupture avec les idées dominantes du passé, rejettent le productivisme. A la différence des pensées libérales et marxistes, l’écologie politique ne croit pas que le progrès technique et économique puisse à lui seul assurer le développement harmonieux de nos sociétés. Le projet des Verts pose la question fondamentale de la production, de ses modes (sécurité, pollution, pénibilité), de ses formes (types d’entreprise, circuits de distribution) et de ses finalités (quels produits). Et naturellement aussi celle de la consommation ! Nous voulons développer une économie plurielle où, à côté du marché et des services publics, l’économie solidaire trouve toute sa place.

Depuis 30 ans, la richesse s’est accrue, les inégalités aussi, entre le Nord et le Sud comme au sein des pays développés, preuve que la croissance n’entraîne pas l’amélioration du partage. Une véritable volonté politique contre l’exclusion et les inégalités s’impose.

En conséquence, nous proposons un grand congrès programmatique en 2003, précédé d’un large débat au sein du mouvement. Les programmes élaborés pour la présidentielle et les législatives devront être revus et actualisés. Des propositions devront être sélectionnées comme thèmes emblématiques de campagne : nucléaire et énergies renouvelables, OGM et brevetabilité du vivant, nature et biodiversité, réchauffement climatique et transports, équité fiscale et pollu-taxe, pluralité des démarches économiques et qualité des services publics, condition animale et réforme de la PAC Avec des objectifs à atteindre dans les années à venir !

Construire à gauche un pôle écolo fort

Parti politique à vocation gouvernementale, Les Verts sont acteurs des luttes citoyennes, sociales et environnementales. Nous les impulsons et y participons, dans le respect mutuel et en affichant notre couleur verte.

Nous voulons aussi construire sur le terrain des expérimentations sociales : les systèmes d’échanges locaux, les crèches parentales, les jardins partagés, le commerce équitable L’objectif est de permettre une autonomie accrue des individus et des groupes de proximité, afin d’aller vers une meilleure connaissance et reconnaissance de chacun.

Les Verts doivent bâtir le grand parti du développement soutenable qui puisse devenir une alternative crédible dans le champ politique français afin de transformer la société. A l’heure de l’espace européen et de la mondialisation, exprimons notre ambition pour l’Europe : créons l’Europe sociale, défendons l’Europe de l’environnement et travaillons à la démocratisation de l’institution. Dépassons l’actuelle fédération des mouvements Verts pour construire le Parti Vert Européen, transnational.

Pour cela, nous devons être plus visibles et plus lisibles, fidéliser nos électeurs, en convaincre d’autres et clairement affirmer notre identité politique : nous réaffirmons notre positionnement à gauche mais nous sommes avant tout écologistes et anti-productivistes, d’où notre refus de toute fusion dans une "UMP"de gauche.

La réalisation concrète de nos idées passe par des alliances. Mais les partenariats ne sont fructueux que si les contenus et les règles de travail sont clairs, acceptés et respectés de part et d’autre. Notre stratégie reste l’autonomie contractuelle. La proportionnelle est notre incontournable. Pour passer des contrats, il faut être assez fort afin qu’il en résulte de vraies réorientations des politiques publiques. Si le rapport de force aux élections est insuffisant, il faut prendre le temps de le construire dans l’autonomie : sans contrat, il n’y aura pas de désistement automatique de second tour.

Fonctionner en accord avec nos principes

Chez Les Verts, la forme, porteuse d’exemplarité, compte autant que le fond. Nous devons changer nos pratiques et notre fonctionnement.

Les Verts s’enrichissent de la diversité de leurs réflexions et ont besoin d’une unité fondée sur des projets communs. Sachons accueillir, écouter, former et impliquer les militants. Il nous faut apprendre à conjuguer convivialité, démocratie participative, éthique et efficacité.

L’audit participatif nous éclaire sur nos faiblesses organisationnelles. Nous engagerons un débat pour améliorer nos pratiques et notre fonctionnement, réformer nos statuts et mobiliser les compétences.

Nous proposons notamment :

- Deux porte-parole pour l’expression publique et un secrétaire national qui se consacre à l’organisation interne, mais aussi une révision du rôle, de la composition et du fonctionnement du collège exécutif qui devra respecter la diversité des territoires ;

- Le renforcement des régions, dans un fédéralisme retrouvé, tout en respectant les droits et les devoirs des adhérents (conditions d’adhésion et de droit de vote harmonisés) ; régions et groupes locaux devront disposer de moyens renforcés et le rôle des secrétaires de région sera valorisé ;

- Un renforcement du rôle parlementaire du CNIR et de son bureau ; la mise en place d’une commission finances permanente ; un renforcement du rôle et des moyens des commissions et leur rapprochement avec le CNIR ;

- Un apprentissage à l’animation de groupe pour les militants qui le souhaitent et des formations à la résolution non-violente des conflits et à la médiation pour prévenir et gérer les conflits (à l’instar de nos amis belges d’Ecolo). Des commissions de médiation seront mises en place ;

- Un respect strict des règles par tous accompagné d’une réflexion sur leur faisabilité et leur pertinence.

 

Agir Vert, une planète en partage

Approfondir nos débats internes et mettre en place des processus de coopération va nous permettre de dépasser nos conflits récents ou anciens pour reconstruire l’unité des Verts dans la clarté. Le Pôle ECOLO prouve depuis plusieurs mois la pertinence de cette démarche en rassemblant trois sensibilités dont les histoires différentes deviennent complémentaires et sources d’enrichissement.

Les Verts doivent prendre à bras-le-corps la totalité des problèmes environnementaux, sociaux, économiques, internationaux et citoyens et les reformuler à travers la grille d’analyse et de propositions de l’écologie politique.

Les Verts doivent donner corps à cette vision globale par la mise en uvre du développement soutenable, seule réponse positive à un monde instable en mutation rapide, seul moyen de garantir une Terre habitable aux générations futures.

Une nouvelle période commence :

aujourd’hui, ensemble, et dans l’unité,

agissons pour l’écologie politique !


Les signatures manuscrites doivent nous parvenir, par fax ou par courrier, avant le vendredi 25 octobre, date limite de dépôt des motions.

Les réponses par mail ne suffisent pas.

Signature à retourner :

" Ecolo ! " - 12 rue Léon Jouhaux 75010 Paris

Fax : 01 53 62 10 42 - mail : ecolo@freesurf.fr


Attention

Texte présenté sous réserve de conformité aux règles de validation (10 000 caractères, blancs compris : signé par 30 adhérents de 5 régions différentes au moins)

Le secrétariat national tient à rappeler que les textes des motions d’orientation sont à l’initiative de leurs auteurs et ne sauraient, avant leur adoption, être considérés comme des positions officielles du mouvement.

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