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Contribution au débat

Crises environnementales I, quels constats ? ” [suite]

Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.82-84

jeudi 28 octobre 2004

Depuis plus de trente ans l’avenir de la planète est l’objet d’alarme. Aujourd’hui sur le front des quatre crises environnementales majeures les constats sont terribles : les ressources s’épuisent et la crise du pétrole fait la une, la destruction de la diversité biologique s’aggrave depuis déjà des dizaines d’années (voir contribution “préservation de la nature”), nous relarguons encore trop de CO2 et divers autres gaz à effet de serre, les polluants divers, en particulier ceux de la chimie du pétrole, contaminent l’ensemble de la biosphère depuis déjà trop longtemps. Les effets sur le climat, la santé, la nature sont déjà lourds. Sans oublier les menaces de poursuite de la fuite en avant dans la folie du nucléaire.
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Certes la proximité temporelle des ruptures irréversibles de divers mécanismes de la biosphère, leurs états de dégradation sont très difficile à évaluer, les effets et leurs perceptions différent selon leur nature, que l’on soit au Nord ou au Sud, riches ou pauvres. Mais la nature et la gravité des enjeux, qui sont ceux du maintien même de la vie, celle de l’espèce humaine mais aussi de l’ensemble du monde vivant, commandent de cesser de tergiverser.
Il nous faut donc aujourd’hui apprécier la complexité des risques environnementaux et leurs conséquences économiques et sociales en analysant les différences majeures entre la déplétion des ressources et les autres crises. La déplétion du pétrole “débute”, on ne va pas chicaner sur la date, c’est un phénomène inéluctable imposé par la finitude physique de la planète. Mais d’une part, si nous ne succombons pas en particulier aux tentations d’utiliser d’autres sources de pétrole non-conventionnelles et de développer le nucléaire, elle aura environnementalement des aspects positifs : diminution des émissions de CO2, des polluants de la chimie du pétrole, moins de bagnoles donc plus d’espaces libérés en ville, ... ET d’autre part, si elle est potentiellement explosive, si les conséquences économiques au Nord seront drastiques parce qu’elle concerne l’une de nos ressources énergétiques majeures, anticiper peut, et doit, permettre de réguler les conséquences sociales, au moins les plus néfastes.
Par contre les trois autres, qui sont déjà en cours depuis longtemps, ne nous sont pas imposées mais résultent de notre inconscience, individuelle et collective, mais les perturbations bio-physico-chimiques en cause sont incontrôlables.
Les mécaniques naturelles impliquées sont irréversibles. Les espèces disparues sont irremplaçables ; le CO2, les polluants rejetés resteront présents, avec leurs impacts sanitaires et sur la nature, pour des échelles de temps allant de plusieurs dizaines d’années à plusieurs siècles. Nous ne pouvons qu’espérer une limitation de leurs effets. Certains déchets nucléaires sont là pour des millions d’années. On ne peut donc en négliger les conséquences, sous prétexte qu’au Nord, on ne va plus pouvoir rouler en bagnole aussi facilement.
Certes notre incapacité à anticiper de manière efficace les changements technologiques indispensables pour répondre en particulier à la déplétion du pétrole va rendre très douloureuse la mise en place des changements inexorables dans nos modes de vie, de consommation et de production. Mais n’oublions pas que le Sud, lui, souffre déjà du rationnement que nous lui imposons de fait, pour l’ensemble des ressources, et trop souvent par la violence, la guerre.
Si l’usage du pétrole est l’un des facteurs essentiels de l’empreinte écologique des sociétés du Nord, globalement il nous faut intégrer tous les flux de matière et d’énergie générés par l’ensemble des activités humaines. Aussi bien les flux entrants visant à satisfaire les besoins à travers la production, les modes de consommation, les activités diverses, que les flux sortants, c’est à dire les produits et leurs devenirs, les déchets.
Or aujourd’hui c’est l’empreinte globale de l’ensemble des populations humaines qui est déjà supérieure aux capacités de production primaire et de recyclage de la planète. Et cela alors même que la plus grande partie des populations humaines vit dans le dénuement.
Le Nord devrait donc être triplement motivé à renoncer au productivisme et au consumérisme gaspilleur : nécessité de permettre la croissance qualitative des conditions de vie au Sud, de respecter les limites de la planète, et de préserver la diversité des formes de vie.
L’émergence de cette troisième alarme pétrolière est donc évidemment décisive. Aucun gouvernement, de la droite à la gauche, n’ayant su, au moins durablement et avec persévérance, tirer les leçons des deux premières. C’est notre dernière chance de pouvoir anticiper la mise en œuvre de mesures appropriées, mais celles-ci doivent intégrer l’ensemble des contraintes environnementales, sociales, et sanitaires, sinon on voit bien que certaines réponses à la crise du pétrole peuvent alors contribuer à aggraver les autres crises.


Signataires

Alsace :
Wherling Yann, Stoll Henri.

Aquitaine :
Colocoloff Chantal.

Bretagne :
Uguen Alain.

Haute-Normandie :
Cormand David.

Île-de-France :
Chenais Joël, Dorange Alain, Ferrier Lucien, Flores François, Hascouet Guy, Jean Joseph Alain, Lelièvre Maud, Papaloïsos-Chenais Héléne, Poli Stéphane, Zentelin Jean Louis.

Lorraine :
Isler-Béguin Marie Anne, Chiajeze Roger.

Lanquedoc Roussillon :
Biau Jean Claude, Dupont Laurent, Pollet Patrice.

Midi-Pyrénées :
Jurado Alexandre.

Pays de la Loire :
Desprez Frantz.

Poitou-Charentes :
Caroff Gilbert, Ferrier Bernard, Koch Claudine, Maret Jacques.

Provence Alpes Côtes d’Azur :
Azibi Gérard, Azibi Ludovic, Azibi Sebastien, Chesnel Luc, Grognou Alain, Murret Jean Pierre, Navio Sophie.

Rhone-Alpes :
Arnou Eric, Dinguerard Maguitte, Longeon Olivier.


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