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Contribution au débat

Enjeux 4 : c’est ici, dès aujourd’hui et pour demain

Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.78-79

jeudi 28 octobre 2004

Les deux années qui viennent, sans élection, seront pour nous le temps de la preuve : pour ouvrir de nouveaux champs du possible, pour faire renaître l’espoir d’un mieux vivre. Notre développement politique sera lié à notre capacité à inventer, tester des solutions innovantes, résolvant de façon écologique et pertinente les crises de la société. Nous la puiserons dans le dialogue avec les acteurs sociaux. Nous sommes tous des militants engagés dans des combats qui convergent depuis les mobilisations collectives et depuis les positions de pouvoirs acquises.
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Ce qui confortera la confiance des électeurs, ce sera la capacité des Verts à assumer totalement les programmes actés avec leurs partenaires de la gauche. S’ils leur sont loyaux dans les exécutifs, ils se doivent d’être intransigeants sur les moyens financiers et humains qui leur seront alloués. Ils ne tolèreront aucun renoncement de principe dans les engagements pris en commun.
Notre action, dans la gouvernance et la militance, se doit de répondre aux quatre crises qui traversent notre société, à partir de nos forces telles qu’elles sont, et sans plus attendre.

- Face à la crise du progrès qui interpelle les secteurs de la recherche sur la finalité des études en cours, l’industrie et l’agriculture à propos de leur impact sur l’environnement, les firmes sur la finalité de leur production et les nuisances qui en découlent (pollution chimique, effet de serre, radioactivité, déchets), les Verts agiront pour réorienter les recherches sur des objectifs écolo-compatibles en redéployant les financements. C’est dès aujourd’hui que nous préparerons des solutions techniques axées vers la réduction des dépenses énergétiques, vers les sources d’énergies renouvelables, la dépollution, la sécurité sanitaire et alimentaire, etc...
Nous développerons nos liens avec tous les collectifs remettant en cause la logique productiviste et capables de produire un impact positif sur l’opinion publique, afin de peser sur les rapports de force régionaux et locaux.

- Face à la crise salariale qui interpelle directement les tenants de la société duale et démontre la brutalité des rapports capital/salariat dès lors que le politique ne garantit plus le respect du contrat social et qu’institutions et entreprises ne jouent plus leur rôle de piliers du pacte social, il est urgent de construire une alternative à la disparition de l’entreprise comme entité collective (au profit du « contrat interpersonnel » à l’anglo américaine) et à l’émergence de nouveaux rapports entre rémunération et travail. Les régions sont des espaces propices au développement local et au tiers-secteur, que nous pouvons favoriser par une politique d’aides à projet. Il nous faut veiller au respect du droit du travail et encourager les avancées sociales dans les PME principalement. Mais aussi faire surgir des formes nouvelles d’action collective qui proposent du lien social indépendamment du rapport au travail, et développent une activité économique alternative à la logique du capitalisme libéral.

- Face à la crise des solidarités qui altère les modes de vie et le rapport aux structures de base de la société, qui permet les “libertés conditionnées” de la société mercantile et la casse des rapports sociaux de travail, il appartient aux Verts de définir des politiques locales offensives en faveur d’un développement local du tiers-secteur, d’une écologie urbaine qui prenne en compte un nouveau rapport entre les différents groupes humains, basé sur la mixité et la disparition des ghettos. Afin de faire émerger les initiatives les plus signifiantes en matière de re-création de lien social, il faut privilégier l’action associative débouchant sur des formes nouvelles de “communauté de base”.

- Face à la crise du politique qui remet en cause la représentativité, mais aussi l’exercice concret du pouvoir par les institutions et par une machine administrative imprégnée par l’idéologie techno-libérale, les Verts ont à convaincre l’opinion du bien-fondé de la démocratie participative à partir de leurs positions de pouvoir. Ils doivent articuler le rôle des technocrates dans le débat public selon une vision interactive de la démocratie. Une frange significative de la fonction publique peut être ralliée sur des positions éthiques : pour un service public plus soucieux de l’intérêt general.
Il nous faut construire des lieux de confrontation entre acteurs sociaux et représentants élus, phase indispensable pour élaborer ce que seront les projets politiques de demain, sur lesquels la gauche pourra se retrouver et gagner.
C’est sur ces bases “d’utopie réaliste” que les Verts seront à même de se renforcer politiquement et d’acquérir l’expérience collective nécessaire. Ce sera l’occasion de confirmer notre aptitude à agir sur les leviers qui nous sont confiés. Ce sera notre préparation politique au cas où nous serions appelés par les urnes à exercer des responsabilités gouvernementales.


Signataires

Aquitaine :
Lasaygues Marc, Mathieu-Vérité Dominique.

Bourgogne :
Phelippeau Laurent, Pilc Helga, Roux André.

Bretagne :
Rolland Michel.

Centre :
Leniar Denise, Leniar Roland, Marzouki Abderrahmane.

Champagne-Ardenne :
Leclerc Alain.

Haute-Normandie :
Selwin Victoria.

Île-de-France :
Andrianjafintrimo Elvire, Billard Martine, Blettery-Duflot Cécile, Boutault Jacques, Comte-Segrestaa Francine, Contassot Yves, Dabin Gérard, Droulout Jack, Duranton Janine, Gambier Jean-Michel, Giry Thomas, Guibert Bernard, Lebreton André, Lemaire Jean -Pierre, Lipietz Alain, Minnaert Pierre,Peurière Gérard, Philippon Guy, Stoeber Pierre, Toubhans Jean-Jacques, Tronchet Annie, Verstegen Michel.
Languedoc-Roussillon :
Alamartine Françoise.

Lorraine :
Billon Serge, Lefranc André.

Nord-Pas de Calais :
Robilliard Valérie, Séris Nicole.

Pays de la Loire :
Bonnet Joseph, Deligny Marc, Grosdoy Augustin.

Poitou-Charentes :
Gandais-Riollet Nathalie.

Provence Alpes Côte d’Azur :
Chiambretto Bruno, Garnon Patrick, Imbert-Vier Simon, Malvezin Bruno, Meunier Jeanne.

Réunion :
Tagliaferri Jean-Marc.

Rhône-Alpes
Balmain Henri, Bony Catherine, Minnaert Jacques, Minnaert Jean, Persico Danielle, Pizot Pascale, Wilson Michel.


Télécharger les Contributions au débat 2004 - Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.71-96
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