Archives des Verts français Archives des Verts français

Contribution au débat

Enjeux 3 : le lien essentiel aux mouvements sociaux

Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.77-78

jeudi 28 octobre 2004

La grande erreur à ne pas commettre serait de centrer toute la vie des Verts en 2005-2006 sur les échéances de 2007. La crise du politique exige au contraire que nous sachions faire la preuve qu’on peut changer les choses, gagner, même en dehors des périodes électorales : par la mobilisation de la société, et par la mise en œuvre de politiques publiques exemplaires dans les exécutifs locaux auxquels nous participons. Enfin, même 2007 dépend crucialement des conditions des négociations avec nos partenaires : discussions en petits comités, ou large débat impliquant les organisations de la société civile.
Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

Il faut encore revenir aux leçons du 21 avril 2001. La majorité plurielle a été battue pour avoir perdu le contact avec celles et ceux qu’elle a déçus ou désespérés et qui s’exprimaient ailleurs. Préparer le retour au pouvoir, c’est d’abord montrer que là où l’on est déjà (les collectivités locales), on fait le maximum ; que, pour aller plus loin, il faut une majorité nationale sur un projet à la hauteur des enjeux de société. Et que cette fois, on se donne les moyens d’associer tout le monde, avant, dans la définition des objectifs incontournables, comme après, dans la mise en œuvre de nos promesses. Telle ne sera pas la tendance du PS ! L’autonomie des Verts au sein du contrat n’est donc pas une lubie particulariste. Elle doit être préservée à toutes les étapes parce que toute coalition basée sur l’hégémonie du PS mène à la défaite, en 2007 faute de convaincre, ou en 2012 faute d’avoir convaincu.
La condition d’un accord de second tour aux législatives est certes la reconnaissance de la place qui nous est due, mais surtout un engagement de législature centré sur plusieurs mesures-clés pour répondre aux enjeux de la société.
À la définition de ces mesures doivent être associées les forces organisées du mouvement social. Elles seules auront en effet la capacité d’exprimer les demandes de la société, le rapport de force pour en imposer la prise en compte par nos partenaires, le poids pour faire respecter les engagements électoraux, l’implantation pour en vérifier l’impact et proposer les rectifications nécessaires.
Dès l’année 2005, il faudra donc, par une seconde génération de Conventions ou de « 3 heures pour l’écologie », appeler ces différentes forces à élaborer avec nous les points-clés de l’accord à négocier. Il faudra d’autre part organiser la confrontation entre nos partenaires politiques et nos partenaires dans les mouvements sociaux pour « peser » dans les négociations programmatiques et préparer le contrôle de la mise en oeuvre des mesures-clés.
Mais comment établir un lien de confiance solide avec les syndicats et associations (écologistes, droits-de-l’hommistes, altermondialistes, etc) et autres mouvements sociaux ?
La « crise de la représentation » exprime en fait l’érosion d’un vieux modèle : la division verticale du travail entre les associations et syndicats, qui défendaient les intérêts immédiats et catégoriels, et les partis, qui défendaient les intérêts généraux et à long terme, mobilisant le pouvoir institutionnel. Cette division du travail garde bien sûr sa pertinence, mais elle ne correspond plus à la réalité. Les organisations comme la LDH, Greenpeace, ATTAC, la Confédération paysanne ou la CGT, n’ont certes pas vocation à mener des politiques publiques, mais elles sont aussi un lieu d’élaboration politique. De plus en plus de gens se mobilisent sur des enjeux plus politiques que revendicatifs (les OGM...) sans avoir envie de gérer les institutions. Non sans condescendance, trop de « politiques » prétendent pourtant avoir le monopole de l’élaboration des normes sociales.
Les Verts se perçoivent plutôt dans une division « horizontale » du travail politique. Ils recherchent le partenariat, ils reconnaissent l’apport des associations, syndicats, en termes d’idées, de propositions, Ils ne se reconnaissent eux-mêmes qu’une spécificité : chercher à en faire la synthèse (ce qui implique d’être immergés dans les divers mouvements sociaux), et les porter avec résolution jusqu’à leur mise en œuvre dans les politiques publiques.
Il ne s’agit surtout pas de « reprendre ce que disent associations et syndicats ». D’abord parce qu’ils disent des choses souvent divergentes : c’est notre boulot de proposer des compromis, des nœuds de convergence solidarisant les différents mouvements sociaux. Ensuite parce que c’est justement en leur proposant des points de vue sortant de leurs propres sentiers battus que nous leur apparaîtrons utiles, voire nécessaires.
Mais ce travail patient de construction des « convergences solidaires » n’est possible que si nous respectons leurs propres capacités d’élaboration et surtout les aspirations qu’ils expriment. Cela passe par une implication réelle dans leurs luttes (même avec des propositions originales), et par un échange organisé au sein du parti Vert pour mutualiser ce que nous avons appris de ces combats communs.


Signataires

Aquitaine :
Lasaygues Marc, Mathieu-Vérité Dominique.

Bretagne :
Rolland Michel.

Bourgogne :
Phelippeau Laurent, Pilc Helga, Roux André.

Centre :
Leniar Denise, Leniar Roland, Marzouki Abderrahmane.

Champagne-Ardenne
Leclerc Alain.

Haute-Normandie :
Selwin Victoria.

Île-de-France :
Andrianjafintrimo Elvire, Billard Martine, Blettery-Duflot Cécile, Boutault Jacques, Comte-Segrestaa Francine, Contassot Yves, Dabin Gérard, Droulout Jack, Duranton Janine, Gambier Jean-Michel, Guibert Bernard, Giry Thomas, Lebreton André, Lemaire Jean-Pierre, Lipietz Alain, Minnaert Pierre,Peurière Gérard, Philippon Guy, Sitbon Gomez Stéphane, Stoeber Pierre, Toubhans Jean-Jacques, Tronchet Annie, Verstegen Michel.

Languedoc-Roussillon :
Alamartine Françoise.

Lorraine :
Billon Serge, Lefranc André.

Nord-Pas de Calais :
Robilliard Valérie, Séris Nicole.

Pays de la Loire :
Bonnet Joseph, Deligny Marc, Grosdoy Augustin.

Poitou-Charentes :
Gandais-Riollet Nathalie.

Provence Alpes Côte d’Azur :
Chiambretto Bruno, Garnon Patrick, Imbert-Vier Simon, Malvezin Bruno, Meunier Jeanne.

Réunion :
Tagliaferri Jean-Marc.

Rhône-Alpes :
Balmain Henri, Bony Catherine, Minnaert Jacques, Minnaert Jean, Persico Danielle, Pizot Pascale, Wilson Michel.


Télécharger les Contributions au débat 2004 - Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.71-96
Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19