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Enjeux de sociéte 1 : la double crise...

Extrait de la Tribune des Verts no.15, pp.74-75

jeudi 28 octobre 2004

La lourde défaite de la « majorité plurielle » en 2002, couronnant la progression régulière de l’abstention et du Front National, a rappelé aux plus aveugles cette terrible réalité : depuis 20 ans, les forces de gauche ne savent plus offrir à la désespérance populaire de véritables solutions aux crises de notre société. Nous avons l’arrogante modestie de penser que l’écologie politique, à défaut de détenir ces solutions, a su poser les bonnes questions et indiquer de bonnes pistes. Mais nous avons été, jusqu’ici, incapables d’en convaincre l’électorat, d’en convaincre les partenaires de la gauche.
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Avril 2002 sonne comme un ultime avertissement : il ne suffit pas de gagner une élection sur la base de la volonté d’alternance. Faute de mettre en œuvre des réponses de fond, suffisantes dans leurs résultats sur la durée d’un mandat, nous nous exposons à d’encore plus tragiques défaites à l’issue de ce mandat. Pour gagner en 2007, et surtout être reconduits cinq ans plus tard, il faut écouter la société et avoir le courage de réformes radicales. Et, pour cela, les Verts devront d’abord compter sur eux-mêmes.
Plusieurs grandes crises expliquent la montée de la désespérance, que l’on réduit souvent à « crise environnementale », « crise sociale », dont se chargeraient respectivement les Verts et les socialistes. La situation est plus complexe.

a) La crise du contenu et de l’idée même de progrès
Elle est à l’origine de l’émergence de l’écologie politique à côté et parfois contre les idéologies socialistes issues du XIXe siècle. Pendant un siècle et demi, on a cru que le progrès technique, la science et l’industrie offraient les réponses à la faim, à la maladie, à la misère, et que la mission du politique et des luttes sociales consistait à répartir plus équitablement ce progrès. Aujourd’hui, le « progrès » technique, piloté par la techno-science au service du profit, apparaît comme faisant partie du problème et non de la solution.
L’énergie abondante a engendré le dérèglement climatique et l’insoluble problème des déchets du nucléaire. La révolution agricole a débouché sur une succession de crises (vache folle, etc) qui fait craindre le pire de l’irruption des OGM. L’usage incontrôlé de milliers de molécules chimiques est de plus en plus clairement suspecté d’être à l’origine de la montée des cancers et des maladies chroniques ou dégénératives.
Passer de la résistance contre un progrès devenu fou (avec, dans l’immédiat, les batailles contre l’EPR, les OGM, pour Kyoto, et pour la directive REACH) à un modèle de développement maîtrisé et soutenable, c’est, bien au-delà d’une « spécificité verte », un enjeu pour toute la société qui doit se chercher des alliés, en particulier dans les Forums Sociaux.

b) La crise de la société salariale
La victoire du libéralisme économique dans les années 80 a déchiré le pacte social « fordiste » ou social-démocrate de l’après-guerre, en même temps qu’il anéantissait le pseudo-paradis communiste. Au nom d’une concurrence internationale organisée par les gouvernements eux-mêmes, les « avantages acquis » au sein du salariat (relatif plein emploi, croissance régulière du pouvoir d’achat, sécurité sociale et services publics) tombent un à un, ramenant la situation, du salariat féminin en particulier, aux années 1930. Les résultats très réels de la réduction du temps de travail menée par la majorité plurielle ont été gâchés par le manque de soin apporté aux secteurs les plus fragiles du salariat. Outre que les petites entreprises et la fonction publique n’ont pas connu la RTT avec embauche, l’annualisation s’est traduite, pour les ouvrier(e)s et les statuts fragiles, par une baisse des revenus et une intensification insupportable du travail. La victoire de la droite s’est fondée sur cette déception, mais a bien sûr aggravé les choses par une attaque systématique des droits sociaux.
Dans les deux années qui viennent, les luttes de résistance se polariseront vers l’espérance d’une victoire électorale, mais celle-ci ne sera possible que si elle exprime la volonté solennelle (dans la société comme de la part des candidats) de réparer les injustices et les imperfections des années 1997-2002, tout en réparant les dégâts de la politique menée par la droite.


Signataires

Aquitaine :
Lasaygues Marc, Mathieu-Vérité Dominique.

Bourgogne :
Phelippeau Laurent, Pilc Helga, Roux André.

Bretagne :
Rolland Michel.

Centre :
Leniar Denise, Leniar Roland, Marzouki Abderrahmane.

Champagne-Ardenne :
Leclerc Alain.

Haute-Normandie :
Selwin Victoria.

Île-de-France :
Andrianjafintrimo Elvire, Billard Martine, Blettery-Duflot Cécile, Boutault Jacques, Comte-Segrestaa Francine, Contassot Yves, Dabin Gérard, Droulout Jack, Duranton Janine, Gambier Jean-Michel, Giry Thomas, Guibert Bernard, Lebreton André, Lemaire Jean -Pierre, Lipietz Alain, Minnaert Pierre,Peurière Gérard, Philippon Guy, Stoeber Pierre, Toubhans Jean-Jacques, Tronchet Annie, Verstegen Michel.

Languedoc-Roussillon :
Alamartine Françoise.

Lorraine :
Billon Serge, Lefranc André.

Nord-Pas de Calais :
Robilliard Valérie, Séris Nicole.

Pays de la Loire :
Bonnet Joseph, Deligny Marc, Grosdoy Augustin.

Poitou-Charentes :
Gandais-Riollet Nathalie.

Provence Alpes Côte d’Azur :
Chiambretto Bruno, Garnon Patrick, Imbert-Vier Simon, Malvezin Bruno, Meunier Jeanne.

Réunion :
Tagliaferri Jean-Marc.

Rhône-Alpes
Balmain Henri, Bony Catherine, Minnaert Jacques, Minnaert Jean, Persico Danielle, Pizot Pascale, Wilson Michel.


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