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Motion ponctuelle 10 : Pour la gratuité des transports publics collectifs urbains

Extrait de la Tribune des Verts n°15, automne 2004 - Vert-Contact n°721, p.54-55

lundi 25 octobre 2004

Aujourd’hui, l’état d’urgence écologique est tel qu’on ne peut plus se contenter de prendre quelques mesures destinées à limiter vaguement les pollutions tout en se gardant bien de toucher aux modes de production et aux modes de vie des citoyens.
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Il faut savoir susciter des comportements radicalement différents qui soient plus économes en ressources et, dans la mise en place des dispositifs, le bon maniement des symboles a une importance capitale.
A ce titre, instaurer la gratuité des transports publics collectifs pour les usagers à l’intérieur des agglomérations urbaines serait un signal fort en direction de la population, de nature à modifier les habitudes de déplacement de millions de personnes et ensuite, plus globalement, pour les amener à réfléchir sur l’utilisation qui est faite des ressources de la planète.
De plus, dès sa mise en place, cette mesure apporte de nombreux bienfaits. Elle permet :

- de diminuer le coût global des transports publics collectifs urbains pour la collectivité, par la suppression de tout le système d’émission et de contrôle des billets ;

- d’encourager l’utilisation par tous de ces moyens de transport au détriment de la voiture écologiquement beaucoup plus coûteuse ;

- de faciliter l’accès des poussettes, des handicapés et des cyclistes du fait de la suppression des tourniquets ;

- de développer le système vélo + rail et tout un maillage de circulations douces ;

- de cesser de mettre en situation de marginalité les plus faibles et de fabriquer des « délinquants pour rien » (les jeunes qui passent pardessus les tourniquets) ; de diminuer le climat de violence dû aux contrôles.

Il est vrai que cette gratuité peut induire des effets pervers (développement inconsidéré d’une urbanisation en tache d’huile), surtout si elle était mise en place par des libéraux (destruction de l’emploi, arrêt des investissements).
C’est pourquoi il est capital que cette mesure soit prise par des écologistes dans le cadre d’une vision d’ensemble des déplacements urbains et de l’organisation de la vie en société. Ainsi, les principaux écueils seront évités.
Par exemple, les emplois « stériles » (émission et contrôle des billets) seront reconvertis en emplois utiles à l’intérêt général : postes d’accueil, de renseignement, d’aide aux usagers, en assurant une présence humaine sécurisante et non agressive, les seuls postes « répressifs » maintenus étant ceux dirigés vers les automobilistes encombrant les pistes cyclables et les couloirs de bus.
Une fois éliminées les dépenses improductives liées à l’émission et au contrôle des billets, la somme supplémentaire à trouver pour financer les transports publics collectifs urbains reste modeste puisque, déjà, l’usager ne paye qu’une petite part, variable suivant les régions, du coût réel du transport.
Plusieurs possibilités existent qui devront être discutées : fiscalité locale, augmentation de la part payée par les employeurs, vignette auto, création d’une taxe sur l’essence, augmentation des tarifs publicitaires justifiée par l’augmentation de la fréquentation, etc. Tout en sachant qu’on ne peut pas raisonner qu’en termes comptables : quelles économies générera la diminution de la pollution en termes de santé publique ?
La peur du gel des investissements est infondée puisque, souvent déjà, les recettes de billetterie ne suffisent même pas au fonctionnement. De même que pour la construction des lycées ou des hôpitaux, l’investissement est toujours la traduction d’une volonté de l’autorité politique. Les craintes quant à l’irrespect du matériel dû à la gratuité ne résistent pas à la lumière des expériences existantes, de même que le gaspillage éventuellement lié à la gratuité (des personnes passant leur temps dans les transports en commun uniquement par plaisir !) serait tellement marginal qu’il serait insignifiant sur le coût global.
L’élément décisif est que c’est une mesure de prévention particulièrement active : combien de jeunes des quartiers ont-ils « attrapé la haine » et commencé dans la délinquance en sautant par-dessus un tourniquet puis en bousculant un contrôleur et en insultant un policier ? Une fois que l’on a ainsi été stigmatisé par les forces représentant les autorités, on est facilement aspiré par la spirale de la marginalité et de la violence et on passe à la vitesse supérieure. Tout ça simplement pour avoir voulu exercer son droit à la mobilité, quel gâchis ! Alors que supprimer l’occasion du premier délit, voilà de la prévention efficace à 100 % !

En résumé, il s’agit là d’une mesure particulièrement lisible par les citoyens dans ses objectifs environnementaux et sociaux, une vraie pédagogie de l’écologie politique !


Signataires

Aquitaine :
Lhomme Xavier, Lasaygues Marc.

Île-de-France :
Auger Suzanne, Benne Francis, Carré Dominique, Chanaï Mohamed, Conza Elya, Dacheux Jean-Pierre, Dall’Armellina Luc, De Oliveira Helder, De Smet Sylvain, Delcombre François, Garel Sylvain, Gleize Jérôme, Grujard Eric, Guivarc’h Sophie, Héron Bernard, Jharee Nitin, Lebreton André, Legendre Flora, Legendre Frédéric, Millot Patricia, Monsillon Gilles, Mosmant Daniel, Mouchart Elisabeth, Nenner Charlotte, Paris Romain, Robert Stéphane, Stoeber Pierre, Teixeira Valentin, Verstegen Michel, Yonnet Franck.

Lorraine :
Billon Serge, Leclercq Philippe.

Midi-Pyrénées :
Descotte Eric, Descotte Martine.

Nord-Pas de Calais :
Cardon Jean-Paul.

Provence Alpes Côte d’Azur :
Meunier Jeanne.

Réunion :
Tagliaferri Jean-Marc.

Rhône-Alpes :
Cornut Pierre, Wilson Michel.

Savoie :
Macron Agnès.

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