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Motion ponctuelle 2 : Crises environnementales II, que faire ?

Extrait de la Tribune des Verts n°15, automne 2004 - Vert-Contact n°721, pp 45-46

lundi 25 octobre 2004

Nous devons répondre de façon doublement pertinente : intégrer la complexité des liens entre les quatre crises, et protéger les plus faibles.
Depuis longtemps, justice sociale, préservation de la biosphère, usage des ressources naturelles auraient dû exiger un mode de développement sobre. Réduire l’empreinte écologique globale du Nord passe par la réduction rapide de l’empreinte de chaque individu, et pas uniquement des gros industriels.
Ces réductions sont inéluctables et devront évidemment être plus ou moins différenciées pour tenir compte des inégalités existantes : il nous faut, maintenant, éviter de subir.
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La gravité de la crise du pétrole devrait avoir l’intérêt de contraindre le Nord à se poser une question essentielle, au delà des incertitudes temporelles : peut-on encore , quand 1,2 milliards d’habitants consomment entre 50 et 80 % de diverses ressources, laisser à une combinaison délétère d’intérêts égoïstes, ceux des pays développés et des marchés financiers, le soin d’en assumer la répartition ? Il n’est plus possible de se contenter d’un programme qui laisse croire que seules des mesures progressives, de type incitatif, pourront longtemps encore permettre de modifier avec la rapidité nécessaire comportements et activités.

Certains s’offusquent, ici, au Nord, à l’idée d’imposer des cartes de rationnement, ou l’interdiction de diverses pratiques individuelles, en particulier de loisirs. L’accusation de fascisme écologiste peut même fuser (Luc Ferry, philosophe, ex ministre). Pourtant nul ne propose de mettre en prison, de déporter, de fusiller, mais de prendre conscience que seule la mise en place anticipée de mesures contraignantes adaptées, pourtant inexorables, peut permettre d’éviter la loi du plus fort, le chaos, la guerre, à l’heure des pénuries.

La motion “ Anticiper ” propose que “ quatre dimensions doivent structurer l’espace en devenir des sociétés de sobriété : l’autosuffisance locale et régionale, la décentralisation géographique des pouvoirs, la relocalisation économique, la coordination démocratique et les garanties vitales pour tous.”. Nous partageons cette approche à laquelle nous apportons quelques précisions.

1. L’autosuffisance au-delà des premiers acteurs déjà évoqués concernera l’ensemble des secteurs de production et de consommation.
Ceux ci devront à la fois s’adapter à la nouvelle donne énergétique mais aussi contribuer à la réduction de leur empreinte écologique.
C’est le défi de l’écologisation des systèmes industriels qui doivent dans leur conception et mode de fonctionnement véritablement copier les logiques même des cycles de la biosphère. Les flux des activités humaines devront s’intégrer totalement dans les cycles naturels.
Cela est plus facilement réalisable à l’échelle locale.

Depuis longtemps à l’échelon local, de petites entreprises peuvent être porteuses de projets de productions, de services, plus écologiques, mais elles ne pourront se développer que dans la mesure où l’on mettra fin à la dictature des multinationales et des marchés financiers. Le démantèlement des premières, une forte régulation des seconds, doivent être à l’ordre du jour.

2. La décentralisation des pouvoirs, indispensable, est cependant porteuse de risques. Apparition de baronnies, renforcement des particularismes, re p l i s communautaristes. Dans ces cas, les choix ne seront pas nécessairement compatibles avec une approche environnementale globale, ni même avec des valeurs universelles de respects des différences, de l’égalité homme-femme, de la protection des plus faibles. Doivent être traité par le point 4.

3. La relocalisation des flux de matière doit s’accompagner, à contrario, d’une circulation sans barrière (droit de brevet, solvabilité) des connaissances, y compris des savoirs locaux, permettant d’aider à réduire l’empreinte écologique.
Aujourd’hui dominent des logiques de confiscation du savoir par les intérêts privés, en particulier dans le cadre des politiques de recherche.
Le concept de “ logiciels libres ” répond à la volonté totalitaire de Microsoft, celui de “ technologies libres ” doit en devenir le pendant dans le domaine de la diffusion des technologies. La mise en place de banques ouvertes de données internationales est essentielle.

4. La coordination démocratique, nécessaire localement pour gérer ensemble la complexité des défis, devra aussi contribuer à la mise en place de régulations fortes afin d’éviter des effets pervers évoqués en 2. Définir un cadre de solidarité supra local, Européen, international, développer divers outils institutionnels internationaux de régulation, de contrôle, et de sanction, qui veilleront aux respects de normes internationales environnementales, des droits sociaux et du travail est urgent.

L’une des difficultés majeures sera donc d’arriver à articuler reterritorialisation des échanges matériels tout en continuant à travailler à l’extension des droits fondamentaux à l’ensemble des humains.


Signataires

Alsace :
Wherling Yann, Stoll Henri.

Aquitaine :
Colocoloff Chantal.

Bretagne :
Uguen Alain.

Haute-Normandie :
Cormand David.

Île-de-France :
Chenais Joël, Dorange Alain, Ferrier Lucien Hascouet Guy, Jean Joseph Alain, Lelièvre Maud Papaloïsos-Chenais Héléne, , Poli Stéphane Zentelin Jean Louis.

Lorraine :
Isler-Béguin Marie Anne, Chiajeze Roger.

Languedoc-Roussillon :
Biau Jean Claude, Dupont Laurent, Pollet Patrice.

Limousin :
Guédet Laurence.

Midi-Pyrénées :
Jurado Alexandre.

Pays de la Loire :
Desprez Frantz.

Poitou-Charentes :
Caroff Gilbert, Ferrier Bernard, Koch Claudine Maret Jacques.

Provences Alpes Côte d’Azur :
Azibi Gérard, Azibi Ludovic, Azibi Sebastien Navio Sophie, Chesnel Luc, Grognou Alain Murret Jean Pierre.

Rhône-Alpes :
Arnoud Eric, Dinguerard Maguitte, Longeon Olivier.

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