Archives des Verts français Archives des Verts français

Motion ponctuelle 1 : Anticiper

lundi 25 octobre 2004

Extrait de la Tribune des Verts n°15, automne 2004 - Vert-Contact n°721, pp 43-44.

« Qu’est-ce qui peut servir de boussole ? L’anticipation de la menace elle-même ! C’est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l’aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels se laissent déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau » (Hans Jonas, Le principe responsabilité).

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

Tout est dit. Il nous faut déployer politiquement cette assertion de Jonas pour donner aujourd’hui un sens aux « nouvelles obligations » que doivent assumer les Verts. Les signataires de ce texte estiment que, parmi les grandes menaces globales, la plus immédiatement dommageable est la crise des hydrocarbures dont les origines géologique, économique et g é o p o l i t i q u e e n t r a î n e ront d’immenses conséquences dans tous les domaines (voir la contribution « Analyser »). Nous en apercevons l’avènement dans la situation au Moyen-Orient et la hausse des cours du baril, ainsi qu’avec la multiplication des signes du changement climatique. L’addiction de notre monde au pétrole est telle que personne n’échappera au triple choc. Sans anticipation de celuici, sans orientation décidée vers la sobriété, les plus faibles, ici comme au sud, seront frappés par les collapsus plus ou moins violents qui se produiront.

En conséquence, l’apprentissage de la sobriété orientera les propositions et les actions des Verts. La politique de sobriété, individuelle et collective, peut être succinctement décrite comme une perspective d’autosuffisance décentralisée, par minimisation des échanges de matières et d’énergie, une mobilisation générale de la société autour d’un système sobre, démocratique et solidaire.

Quatre dimensions peuvent structurer l’espace en devenir des sociétés de sobriété : l’autosuffisance locale et régionale, la décentralisation géographique des pouvoirs, la relocalisation économique par la vérité des coûts environnementaux et sociaux, la coordination démocratique et les garanties vitales pour tous.

1. L’autosuffisance concerne l’indépendance économique, au sens physique de « produire ce que l’on consomme ». Les premiers secteurs organisés pour l’autosuffisance régionale devront être l’agriculture et l’alimentation, l’énergie et les transports, de telle sorte que l’ensemble humain concerné puisse accroître ses marges de manoeuvres.

2. La décentralisation des pouvoirs, c’est-à-dire l’équilibre régional visé sera mesuré par le niveau de maîtrise qu’auront les habitants sur le fonctionnement et l’évolution du territoire et de l’organisation qui les portent, notamment sur les cycles naturels de sustentation de la vie (eau, carbone, azote, phosphore...).

3. La relocalisation économique indique la possibilité régionale, outre les domaines agriculture-alimentation et énergie-transports, de pourvoir éventuellement à la production et à la consommation dans d’autres secteurs.
Aujourd’hui, le dumping social et environnemental des délocalisations est porté par un coût dérisoire du transport mondialisé. La crise énergétique impliquera une certaine relocalisation européenne des activités de fabrication, pour des raisons de coût du transport et de sécurité. Dans les sociétés de sobriété, il s’agit de concevoir, à une échelle régionale, la fabrication d’objets assez élaborés par des unités indépendantes des multinationales.
La réglementation des échanges physiques extérieurs implique l’abandon du critère de rentabilité aux prix du marché mondial au profit de critères et de valeurs intérieurs adaptés à l’objectif de sobriété. Cette protection nouvelle est un moyen nécessaire de résister aux ravages du choc énergétique et d’intégrer les coûts environnementaux et sociaux dans l’économie. Elle ne doit pas être comprise comme une limitation des échanges culturels.

4. La coordination démocratique. La description du régime économique régional d’une telle réallocation de ressources exige études et débats.
Seul un immense effort collectif, tendu vers l’objectif de sociétés sobres ci-dessus esquissé, pourra décrire cet avenir désirable et construire de nouveaux contrats sociaux. Cependant, une contrainte immédiate est celle du cadre de solidarité permettant d’affronter les évolutions dramatiques possibles.
Il faut poser le principe de minima sociaux en termes quantitatifs - et non monétaires - pour des produits ou des services de première nécessité : se nourrir, se chauffer, se déplacer. Les différences de revenu entre riches et pauvres seront ainsi réduites par cette modalité de la justice sociale.

A l’échelon international enfin, les Verts appelleront les Nations Unies à convenir aujourd’hui d’un Protocole basé sur les objectifs de garantie, pour les pays pauvres, d’importation d’un minimum de pétrole ; d’interdiction de tirer profit de la pénurie pétrolière ; d’incitation aux économies d’énergie ; de stimulation des énergies renouvelables.


Signataires :

Alsace :
Fernique Jacques, Hauss Yves, Sonzogni Djamila, Stoeckel Hugues.

Aquitaine :
Colocoloff Chantal, Cuisset Jenofa, Daverat Michel, De Marco Monique, Guénée Mireille, Mayereau Louisette, Pinat Itziar.

Basse-Normandie :
Bosquet Daniel, Marie Mickaël, Poncet Jean-Marc, Veret Jean-Luc.

Bourgogne :
Durnerin Christine.

Bretagne :
Bernard Dominique, Chéradame Anne, Cochet Céline, Le Boulicaut Jocelyne, Mermet Laurence, Provault Patrick.

Centre :
Labes Christian, Ronceray Dominique, Soler Thierry.

Champagne-Ardenne :
Crouzot Gérard, Joannesse Raymond, Joly Gérard, Joly Stéphane.

Franche-Comté :
Guyet Hubert, Voynet Dominique.

Île-de-France :
Agier-Cabanes Isabelle, Alluchon Mathilde, Amedro Alain, Atallah Marie, Barrau Christophe, Bastard Luc, Bertola Christian, Boissel Gérard, Boÿer Géraldine, Candelier Catherine, Caplat Jacques, Catahier Syrine, Chaimovitch Patrick, Chaplain Mathias, Cloarec Dominique, Cochet Yves, Contat Franck, Dacheux Jean-Pierre, Dedieu Dominique, Deffarge Sophie, Delcombre François, Delmas Anne-Marie, Denjean Jean-Marc, Dorange Alain, Dubarry Francis, Dumesnil Jean-Luc, Dussart Dominique, Eloi Armand, Ferreira Lino, Filippetti Aurélie, Flipo Fabrice, Franjou Patrick, Girard Pascale, Gohier Patrice, Grard Marie-Aleth, Héron Bernard, Kerckhove Stéphan, Komitès Pénélope, Lapp Karim, Ledoux Eric, Le Duc Jean-Patrick, Le Port Corinne, Loichot Elisabeth, Lowczyk Olivier, Mathis Sophie, Mercier Jean-Jacques, Meslé Patrick, Nguyên Van Thuy, Pagès Olivier, Pompili Barbara, Portugal Maria, Poulteau Eva, Ranguin Cécile, Salvi Philippe, Sébert-Montels Stéphane, Serne Pierre, Sinaï Agnès, Souben Jean-Yves, Souben Tania, Stoeber Pierre, Tarraud Bruno, Turbelin Dominique, Valois Raymond, Vampouille Michel, Vicherat Philippe, Villard Christine, Yonnet Franck.

Languedoc-Roussillon :
Angot Rémi, Chartrand Frédérique, Comps Michèle, Iordanoff Aliocha, Iordanoff Sylvain, Laisné Jean-Marc, Pasquet Corinne, Robert Noyon Sabine, Thiebaut Geneviève, Triboulet Pomme.

Limousin :
Guérineau Jean-Luc.

Lorraine :
Poncelet Philippe.

Midi-Pyrénées :
Brozio Brigitte, Brozio Karl-Heinz, Calmettes Jean-Louis, Dedébat Nicole, Dedieu-Casties Françoise, Lenglet Catherine, Mendez Marie-Françoise, Saracino Marc.

Nord-Pas-de-Calais :
Baly Stéphane, Redouté Patrick.

Pays de la Loire :
Allard Gérard, Aubert Marie-Hélène, Aubron Gérard, Bulard Olivier, Chenu Christian, Hubert Richard, Mahé Gilles, Naizin Patrick, Quirion Michel, Ratouit Frédéric, Vernageau-Bazin Marie-Jeanne.

Poitou-Charentes :
Brion Yves, Larible Patrick, Rivet Serge.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur :
Bordin Robert, Perrimond Jean-François, Susler Ozcan.

Réunion :
Espéret Jean-Pierre.

Rhône-Alpes :
Allain Dominique, Comte Roland, Gouzou-Testud Guylaine, Longeon Olivier, Mazalaigue Joël, Morel Maurice, Vernay Paul.

Savoie :
Guilhaudin Nicole.

Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19