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Motion d’orientation

Motion D : Regain, décidément Verts

samedi 23 octobre 2004

Regain : après les chocs de 2002, l’écologie repousse, toujours plus verte !
Verte et décidée face aux urgences qui minent la société et la planète.
Ambitieuse d’incarner l’espérance du 21e siècle.
Porteuse d’une pratique pour maintenant et pour chacun, dans la démocratie participative.
Ni écologie d’accompagnement des désastres du productivisme, ni catastrophiste et démoralisante : une écologie tonique, transformatrice.

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Une ambition retrouvée

Il y a deux ans, certains doutaient de la capacité des Verts à exister comme force politique autonome. L’orientation de Nantes a permis d’amorcer le redressement.
En étant présents et visibles dans les actions environnementales, sociales et contre les discriminations, nous avons retrouvé la considération des mouvements citoyens, associations, syndicats et acteurs institutionnels. Elle s’est exprimée dans les conventions nationales et régionales (retraites, santé, écologie du travail, transports) et les Trois Heures de l’écologie.
Ces travaux ont aidé à élaborer notre programme, tout en faisant bouger nos partenaires.
La désobéissance civile en cas de nécessité (OGM) offre une juste réponse non-violente à l’urgence sanitaire et environnementale.
Aux régionales et aux cantonales, les campagnes et les résultats des listes autonomes, par leur forte visibilité, ont renforcé notre crédibilité, y compris au projet des régions en union au premier tour. Nous avons doublé le nombre de nos élus, puis obtenu 6 députés européens dans un contexte plus difficile qu’en 99. Le choix, redouté par certains, est gagnant : les Verts dépassent partout les seuils critiques, même outre-mer.
Une gestion assainie et l’achat du siège ont rendu des moyens à nos ambitions. Le choix du consensus pour la RPI a contribué à l’apaisement du mouvement. Des réformes ont été votées, d’autres sont en cours (mode de désignation des candidats, organisation des instances, fonctionnement, formation des militants) pour mieux affronter l’avenir.

Les grands enjeux

Quatre crises expliquent la montée d’un mécontentement à laquelle la gauche n’a pas su offrir d’issue.

Au fondement de l’écologie, la crise de l’idée de progrès
La croissance et le productivisme, solution de la gauche comme de la droite aux besoins de l’humanité, sont des dogmes dépassés. Pour passer de la résistance contre un « progrès » au service des multinationales (contre EPR et OGM, pour Kyoto et REACH) au développement soutenable, Les Verts doivent trouver des alliés, verdir les Forums sociaux.

La crise de la société salariale
La victoire du libéralisme a déchiré le pacte social d’après-guerre, précarisé les salariés. La RTT a maltraité les secteurs fragiles, la droite accroît la casse des droits sociaux. Une victoire électorale ne sera possible que si nous nous engageons dans un nouveau pacte social s’attaquant à la précarité, réparant les erreurs des années 97-02 et les désastres de la droite.

La crise de la solidarité
Les luttes pour l’émancipation ont renforcé la liberté de chacun, hommes et surtout femmes, parfois aux dépens des solidarités familiales. La « modernisation » a fait disparaître d’anciennes solidarités de travail, de quartier ou de village. Les plus fragiles se sont retrouvés isolés face à la crise du salariat et de l’État providence. L’exclusion et la précarisation ont laissé le champ libre au racisme, à la haine de l’autre, au repli communautariste. Reconstruisons la solidarité sur la base de la libre association des individus, impulsons l’économie solidaire et renforçons les services publics : Les Verts s’y attellent dans les collectivités locales mais le tiers-secteur attend toujours sa loi-cadre.

La crise du politique
L’idée terrible que la politique ne sert à rien s’appuie sur deux crises : la représentation politique (on se sent trahi par les élus) ; la démocratie nationale (« la mondialisation balaie tout »). Avec le désespoir prospèrent l’abstention, la violence, l’extrême droite et le terrorisme transfrontière, avec comme seule réponse la répression. A la crise de la représentation Les Verts répondent par des partenariats avec les syndicats et les associations, par la définition et la conduite participative des politiques publiques, par la lutte pour l’égalité des droits. Face à la globalisation, une régionalisation clarifiée, solidaire s’impose car les solutions sont souvent locales. Aux multinationales, il faut opposer un pouvoir démocratique de même portée. La première étape, c’est l’Europe à construire. Le projet de traité constitutionnel, par son importance, mérite un débat particulier suivi d’un référendum.

Stratégie vers 2007

Dans les deux ans à venir, la vie des Verts ne peut se focaliser sur 2007.
Nous pouvons changer les choses sans attendre en mobilisant la société, jusqu’à la désobéissance civile quand il le faut, en étant exemplaires dans les exécutifs où nous sommes.
L’écologie autonome, alternative, c’est dès maintenant la mise en pratique de la démocratie participative.
Même la préparation de 2007 dépend de la façon dont nous négocierons avec nos alliés : en petits comités ou en impliquant la société civile.
Il faut sortir du modèle où seuls les partis défendent l’intérêt général : les associations et syndicats sont aussi des lieux d’élaboration politique.
Le 21 avril 2002, la majorité plurielle fut battue pour avoir perdu le contact avec celles et ceux qu’elle a déçus. Préparer le retour au pouvoir, c’est montrer que notre gestion des collectivités locales est différente ; que pour aller plus loin il faut une majorité sur un projet à la hauteur des enjeux de société.
Cela exige d’associer tout le monde dans la définition des objectifs comme dans la mise en œuvre de nos promesses, sur le terrain comme dans les institutions, que cela plaise aux partis ou pas. L’autonomie des Verts doit être préservée à toutes les étapes du contrat. Toute coalition sous hégémonie du PS mènera à la défaite, en 2007 faute de convaincre, en 2012 faute d’avoir convaincu.

Le principe d’autonomie contractuelle implique donc des choix précis.
Autonomie au premier tour des municipales, sauf impossibilité établie, et de la présidentielle.
Agir autrement ferait le lit du MEI ou d’une écologie de droite. Ne négocions pas quelques maires minoritaires dans leur conseil contre la disparition ailleurs de listes vertes, mais préparons des accords de second tour où nous pèserons à la hauteur du désir d’écologie des électeurs.

Des engagements de législature
Un accord de second tour aux législatives suppose la reconnaissance du poids de l’électorat Vert (groupe parlementaire), et surtout des engagements centrés sur plusieurs mesures-clés. La proportionnelle, le refus de l’EPR, les plans de sortie du nucléaire et d’une lutte radicale contre l’effet de serre, l’abrogation des lois de régression sociale, sont des préalables à tout accord. Associons les forces environnementales et sociales à la définition de ces mesures. Ensemble nous bâtirons le rapport de forces pour faire respecter les engagements, pour appliquer les politiques et en évaluer l’impact. Dès 2005, de nouvelles conventions Vertes appelleront ces forces à élaborer avec nous les mesures incontournables à négocier. Débattre publiquement avec elles et avec tous nos alliés politiques, pas seulement avec le PS, permettra de peser sur les négociations.

Des liens de confiance avec associations et syndicats
Il nous revient de leur proposer des objectifs permettant aux différents mouvements de converger. C’est en les aidant à sortir de leurs propres sentiers battus que nous leur apparaîtrons utiles. Pour construire ces convergences nous devons respecter leurs capacités d’élaboration et leurs aspirations. Cela passe par une implication réelle dans leurs combats, par un échange organisé au sein des Verts pour mutualiser l’apport de ces batailles communes.

Le parti Vert que nous voulons

Parti de transformation, altermondialiste, solidaire, Les Verts, indépendants et fidèles à leur éthique et à leurs fondamentaux, synthétisent les aspirations à mieux vivre pour dégager une majorité culturelle dans la société, sans avant-gardisme ni technocratie. Notre mouvement doit respecter un équilibre entre les élus, leurs salariés et les autres militants dans la répartition des responsabilités, trouver une articulation permettant de marcher sur deux pieds : dans le mouvement social et dans les institutions. Militer et gouverner sont une même politique Verte, définie et évaluée collectivement.
L’accroissement de nos responsabilités nous impose un développement quantitatif et qualitatif pour mieux représenter la société (jeunes, femmes, handicapés, résidents de toutes origines), ce qui implique un mode de fonctionnement qui donne envie d’adhérer. Les cotisations doivent être unifiées, adaptées à tous les budgets. Améliorer l’accueil et la formation, c’est assurer une meilleure participation de tous dans le mouvement comme dans les institutions.
Un mouvement actif et attractif valorise les groupes locaux et le travail des commissions. La parité imprègne son fonctionnement. Une commission nationale de conciliation cherchera à apaiser les conflits avant recours au Conseil statutaire. Les modes de désignation des candidats devront concilier proportionnelle et respect des militants locaux. Les reversements des élus seront assurés. La limitation du cumul simultané ou successif des mandats sera facilitée si nous assumons concrètement les problèmes des élus sortants.
Les Verts doivent être à l’image de la société qu’ils proposent. Un lieu où les décisions se prennent collégialement, dans le respect de toutes les opinions, et non sous la baguette d’une personnalité censée l’incarner. Le fédéralisme structure notre mouvement comme le monde que nous voulons : l’initiative politique se partage entre le groupe local, la région, le national et le parti européen à construire pour qu’ils portent l’irréductible différence de l’écologie politique : sauver la planète et recoudre une société déchirée.
Pour cela, RDV à l’AG !


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