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Motion d’orientation

Motion C : Rassembler !

samedi 23 octobre 2004

Face aux urgences, du local au global, les Verts proposent un projet radical que nous aurons à porter en 2007. Pour cela, la diversité des parcours et des approches dans le mouvement est une richesse, le rassemblement une obligation et un levier.
Forts de cette conviction, nous avons décidé de passer à l’acte, au-delà de nos histoires et de nos clivages habituels pour :

- apaiser et coopérer plutôt qu’exacerber des divergences et l’émiettement

- construire ensemble de nouvelles méthodes de fonctionnement, réduire l’emprise des courants

- gagner en efficacité, concilier crédibilité et radicalité.
Cette dynamique, déjà traduite par la rédaction d’une introduction commune à toutes les sensibilités, nous vous proposons de la poursuivre et de l’amplifier.
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Les urgences écologiques et sociales, c’est aujourd’hui
Malgré les prises de conscience et les progrès réalisés, la mesure de l’empreinte écologique des activités humaines montre que la situation de la planète s’est dégradée depuis 10 ans. Cette dégradation va s’accélérer encore. La question n’est plus de limiter les dégâts du productivisme.
La sobriété d’une consommation mieux répartie, la relocalisation des productions, la diversité biologique, la maîtrise énergétique, l’accès à l’eau et l’équité dans la mobilité sont des enjeux de très court terme.

Le monde se durcit, l’Europe est à la peine
Du Caucase au Proche Orient, les conflits interrégionaux, l’intervention des Etats-Unis en Irak, l’extension du terrorisme traduisent aussi une intense bataille pour le contrôle de la rente énergétique.
Des groupes multinationaux, partis à la conquête des marchés libérés par la chute du communisme, ont mis en cause les pactes sociaux d’après guerre.
L’insécurité sociale généralisée se combine à la hausse des inégalités et au recul des libertés.

La France entre crises et désarrois
L’inquiétude se traduit par le recul de la participation, par l’émiettement ou le zapping électoral. Les citoyens hésitent entre individualisme et solidarités, entre protections privées et acceptation de l’impôt, entre croissance et environnement.
Dans ces espaces s’engouffre une droite dure, sécuritaire : la faire reculer et la battre est une urgence.

Des points d’appui pour agir
Mais des réseaux d’appartenance se reforment, et l’individualisme se combine à de nouvelles expériences collectives. La prise de conscience écologique, l’aspiration à la paix progressent, comme la contestation de la mondialisation libérale. L’aspiration à l’unité est forte : le vote est un outil pour stopper les politiques conservatrices.

Nos options stratégiques
Les dogmes avant-gardistes, les incantations à la généralisation des luttes ne suffisent pas à renverser le rapport de forces.
Mais les « beaux » enchaînements sociaux-démocrates (croissance, profits, emplois, consommation, bonheur) se transforment souvent en accompagnement laborieux des évolutions économiques et en défaite.
Sans mouvement de larges fractions de la société autour d’un autre modèle de vivre ensemble, il est difficile d’appliquer des mesures même courageuses.
Les Verts doivent ouvrir le chantier d’une nouvelle méthode du changement.

1/ Nous sommes des écologistes, altermondialistes proeuropéens
Pour nous, cofondateurs du parti Vert européen, la transformation des politiques nationales passe par une autre gouvernance mondiale.
Ces évolutions dépendent largement de la construction européenne : nous souhaitons majoritairement l’adoption du traité constitutionnel européen.

2/ Nous voulons, au cœur de toute la gauche, participer au gouvernement de ce pays
Le refus du ni droite ni gauche, la participation à des exécutifs appartiennent à notre histoire et à notre identité. Mais si l’Ecologie politique est complémentaire d’autres formes de pratiques du changement, elle leur est irréductible : elle a vocation à les dépasser.
La mesure de ce que représentent les Verts passe par l’autonomie électorale et des accords exigeants.
Avec les forces de la gauche réformiste, nous voulons un partenariat durable, régulièrement évalué : ni dépendants ni sous-traitants, nos rapports avec elle doivent être fondés sur une autonomie réaffirmée et un contrat clair, connu à l’avance de l’opinion publique, intégrant les propositions vertes à la hauteur au moins de ce qu’elles représentent dans la société.
Dès 2005 doit s’ouvrir une discussion publique sur ces contenus, ouverte aux militants, aux sympathisants de toute la gauche politique, syndicale, associative et à ceux dont la compétence peut être utile.
Avec l’extrême-gauche, nous pouvons nous retrouver dans des luttes, mais nous n’imaginons pas avec elle d’alliance électorale.
Il doit y avoir un candidat Vert à la présidentielle, un groupe parlementaire Vert, puis, en cas de victoire, plusieurs ministres Verts à des postes importants.
Pour les élections locales, nous nous donnerons les moyens de présenter des candidats en autonome. Les éventuels accords devront prévoir, outre cette présentation, la possibilité que des Verts gèrent des villes grandes et moyennes ainsi que des exécutifs départementaux.

3/ Nous voulons devenir un parti d’action et d’intervention
L’action des Verts ne se résume pas à des positions électorales : on ne réforme pas à coups de décisions venues d’en haut.
Elle déplace les lignes de clivage, crée des rapports de forces, propose des compromis majoritaires, bâtit des alliances thématiques (nucléaire, transports...).
Nous assumons les conflits et les luttes, sans nous limiter à la protestation. Nous contribuons aux changements de comportement, nous sommes les initiateurs d’évolutions dans le monde professionnel, les facilitateurs de pratiques alternatives exemplaires.
Au-delà d’une nécessaire VIe République, ce renouvellement passe par de nouvelles formes de débat civique, de paritarisme, d’institutions de la santé, de la culture, de l’éducation, des générations et des territoires, dont les Verts doivent être les promoteurs. Des domaines à forts enjeux doivent être investis : entreprises, culture, consommation, science et recherche.
Enfin, lorsque le débat démocratique est impossible et que se présentent des risques forts d’irréversibilité (nucléaire ou OGM), quand la loi entretient des inégalités (mariage homosexuel, sans-papiers), l’action symbolique, l’objection et la désobéissance civique s’avèrent indispensables pour faire avancer la conscience collective

Pour un parti fort, démocratisé, mutualiste

Depuis quelques années, notre mouvement s’est stabilisé.
Mais l’image de notre organisation n’est pas à la hauteur des enjeux que nous portons et auxquels les citoyens adhèrent de plus en plus.
Si les scores récents n’ont pas trop pâti du vote dit « utile », notre électorat connaît un tassement. Notre positionnement à gauche reste confus. La majorité interne sortante s’est disloquée, en raison surtout de l’absence de ligne partagée et lisible.
Nos débats reproduisent trop les clivages passés de la gauche traditionnelle (laïcité, Europe, Sécu).
Notre parti n’a ni tête ni base fortes mais des baronnies et des courants excessivement pesants.

1/ Faire varier les formes d’adhésion, rassembler le parti par sa base
Il est important de compléter les groupes territoriaux par des groupes sectoriels (entreprises, universités...) représentés dans les instances et de donner un statut aux groupes de sympathisants.
Les groupes de base, dans lesquels devraient se tenir débats et votes, doivent être renforcés : autonomie financière, statuts plus homogènes.
Des projets de territoire peuvent renforcer la cohérence entre élus et militants. La région, mieux articulée avec la direction du mouvement, pourrait redevenir un échelon décisif d’animation et de pilotage.
La mutualisation des savoir-faire, la coordination des élus, peuvent s’améliorer.
20000 adhérents, mieux répartis, d’ici 4 ans, c’est nécessaire et possible !

2/ Elargir la base sociale et métisser
La surcharge militante, la faiblesse du débat interne rendent notre formation peu attractive. Notre sociologie reste élitiste.
Nous devons nous donner les moyens d’une représentation de toutes les origines sociales et culturelles, par exemple à l’aide d’un Observatoire interne des discriminations.

3/ Soutenir, former et rajeunir les cadres
Des militants plongés dans des responsabilités internes sans aide ni soutien se sentent seuls. Il faut redéployer nos ressources pour les aider dans leurs missions et aligner leurs moyens sur ceux des mandats externes.
La politique pour augmenter notre composante « jeunes » parmi nos cadres est insuffisante.

4/ Maîtriser notre communication
La parution d’une presse Verte régulière, des outils multimédia diversifiés, et la création d’une Fondation à dimension européenne, sont des chantiers majeurs de la période.

5/ Poursuivre le travail programmatique
La réflexion programmatique peut être améliorée, grâce à une cellule de prospective et d’évaluation, appuyée sur le réseau des commissions. Nos positions actuellement juxtaposées, peu hiérarchisées, peu chiffrées, peu planifiées dans le temps doivent se confronter à nos partenaires politiques associatifs et syndicaux.

6/ Un référendum interne sur les statuts avant 2006
Notre mouvement ne dispose pas de vrai lieu d’animation politique. La prochaine direction proposera une méthode ou une instance de coordination et de prise de position, incluant aussi les représentants des parlementaires et des délégués thématiques.
Une application non dogmatique de la proportionnelle, l’harmonisation des statuts régionaux, des modalités nouvelles de désignation des responsables moins formatés par les courants, sont des priorités.
L’élection du CE devrait faire l’objet d’une consultation de l’Assemblée Fédérale.

Pour une majorité renouvelée, active et unie

Le discrédit des politiques de droite ne suffira pas à faire gagner la gauche. Au-delà d’une alternance, l’alternative nécessite des Verts rassemblés, rénovés, cohérents, autour d’un projet original de transformation écologique et sociale.
C’est à cela que les signataires de ce texte veulent contribuer.

MICHEL BOCK


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