Archives des Verts français Archives des Verts français

Motion d’orientation

Motion B : Pour des Verts utiles

samedi 23 octobre 2004

Bien qu’ayant annoncé notre motion dès le 4/7/04, nous n’avons pas été contactés par le « Comité d’Organisation du Débat » concernante « chapeau » dit « consensuel ». Il ne saurait donc nous engager.

Télécharger ce texte

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

1 - Bilan des Verts ... depuis Waechter :

En 1993, la dynamique qui renversa A.Waechter eut pour origine un constat et un projet ainsi synthétisés par F. Guattari (extraits) :
Vers une nouvelle démocratie écologique
« Les écologistes français sont portés par une part croissante de l’opinion parce qu’ils sont ressentis comme étant les seuls à problématiser de façon novatrice les questions essentielles de notre époque.
Mais il leur appartient de faire passer dans les faits qu’ils sont effectivement en mesure de promouvoir une autre façon de faire de la politique, mieux en prise sur les réalités quotidiennes et en connexion, cependant, avec les enjeux planétaires auxquels toute situation locale se trouve confrontée. (...)
L’engagement dans une telle perspective n’est pas seulement affaire d’idée et de communication, mais également, et peut-être avant tout, de renouvellement des pratiques. Le tissu social, sous l’effet du consumérisme et des médias, est devenu passif, sujet à toutes les manipulations. Les organisations politiques traditionnelles vivent en symbiose avec cette passivité : elles sont devenues dans l’incapacité de promouvoir les débats sur les questions vraiment importantes. Si les mouvements de l’écologie politique calquent leur organisation sur les mouvements traditionnels, ils seront inexorablement conduits à l’impuissance et à une rapide extinction de leur influence. (...)
Les Verts ne sont pas assez ouverts : ils mènent une politique malthusienne à l’égard de leurs sympathisants et de leurs adhérents potentiels ; ils sont souvent ressentis comme des corps extérieurs au sein du mouvement associatif ; leurs instances organisationnelles ont tendances à tourner sur elles-mêmes (...).
(Les Verts) devraient être pluralistes et profondément implantés dans la société (...). Ils devraient attacher une importance primordiale à toutes les questions relatives à l’émancipation féminine. Ils devraient développer un esprit de tolérance mutuelle, de convivialité et constituer un lieu d’accueil et d’appui à toutes les initiatives sociales, de culture et de recherche, dans les domaines de la vie urbaine, de l’éducation, de la santé, des médias alternatifs... Ils devraient également se préoccuper d’une nécessaire réinvention du syndicalisme en France, un syndicalisme qui deviendrait en prise sur les chômeurs, les marginaux, la vie de quartier...
Ce n’est qu’à la condition de catalyser un « passage à l’acte » collectif dans tous ces domaines pratiques que les idées écologistes pourront devenir autre chose qu’une mode superficielle dans l’opinion. Il s’agit, en effet, d’oeuvrer à l’émergence d’une nouvelle démocratie écologique, synonyme d’intelligence, de solidarité, de concertation et d’éthique de la responsabilité. »
Ce constat et ce projet furent repris à l’époque par la quasi-totalité des dirigeant(E)s Verts depuis 93 : D.Voynet, A.Lipietz, M.Billard, J.L.Bennahmias, D.Baupin, MH.Aubert, Y. Cochet, J. Desessard, F.Bavay, G.Hascoët, M.C. Blandin, J.F. Bernard, ...
On peut donc considérer ce texte comme l’engagement qu’ils prirent alors, vis à vis des adhérentEs comme de la société.
Or, tant dans les constats que les promesses, l’essentiel reste à faire. Bien sûr, jusqu’en 97-99, cette dynamique permit de sortir les Verts du groupuscule pour en faire un partenaire apte à entrer dans les institutions. Depuis, notre parti s’est englué dans des logiques carriéristes, nous faisant perdre la crédibilité que nous avions eu tant de mal à acquérir. Irresponsabilité inacceptable face aux enjeux planétaires de notre période historique.

1 bis - Pourquoi ça a merdé ?

Guattari terminait son texte sur la notion d’éthique de responsabilité.
En 1993 pour l’ensemble des Verts, qui débattaient alors énormément lors d’AG fréquentes et formatrices, ce que recouvraient ces termes était à peu près clair pour tout(e)s. Avec le temps, l’élargissement du parti à d’autres composantes qui n’avaient jamais approfondi cette notion, la possibilité soudaine d’arriver à de nombreux postes gratifiants (qui attira des personnes plus intéressées par ces nouvelles possibilités d’ascension sociale que par notre corpus idéologique), l’arrivée probable d’autres membres aux intentions plus opaques (infiltrer pour affaiblir le seul parti qui met vraiment à mal les intérêts de puissants groupes économiques et nos principaux rivaux politiques), la raréfaction des AG et des outils de mise en commun, le sens de ce qu’était un(e) écologiste en politique, et son éthique de responsabilité, s’est peu à peu dilué. Avec cette perte d’un fond intellectuel vraiment commun, nous avons perdu ce qui nous rassemblait.

2 - « une nouvelle démocratie écologique ... d’éthique de la responsabilité »

Il paraît désormais urgent de se doter d’un texte fort, concis, précis, et contraignant, définissant le sens de l’engagement politique au sein des Verts.
Nous proposons au débat la contribution incluse dans ce document, « les dix valeurs clé » des Verts des Etats-Unis, afin de pousser l’ensemble du parti à en débattre, l’adapter à nos particularités européennes, pour l’adopter avant les élections de 2007.
Ce texte permettra au Conseil Statutaire (qu’il faut rendre indépendant des jeux de pouvoir interne, plus conforme aux méthodes de la justice ordinaire, et doter de moyens suffisants), de s’appuyer non seulement sur des statuts qui ne sont que des règles de fonctionnement, mais aussi sur une charte fondamentale des Verts, afin de juger autant sur la forme que sur le fond les litiges qui lui sont soumis, et sur lesquels la plupart du temps il ne peut statuer faute d’une règle commune définissant ce qu’est l’engagement politique au sein des Verts.

3 - A quoi doivent servir les Verts ?

Pour obtenir ce parti réellement ancré dans la société dont parlait Guattari, il faudra démontrer à l’ensemble des citoyen(ne)s que les Verts leur sont vraiment utiles concrètement. Pour cela, ce débat devra aboutir sur des engagements clairs. Nous soutiendrons les options suivantes :

- Les Verts doivent être un parti permettant aux citoyen(ne)s de s’impliquer concrètement dans la mise en place des politiques qui régissent leur vie, décidées sans leur participation réelle, en mettant à leur disposition les outils adéquats afin d’amener notre pays et la communauté internationale à adopter des politiques justes et durables ;

- leurs élu(e)s auront pour mission principale, d’obtenir pour les citoyen(ne)s toutes les facilités possibles, et d’accéder aux informations sur tous les sujets qui affectent leur vie, pour faire pression sur leurs institutions afin de construire un monde écologique.
Tout sera mis en œuvre pour inciter les Verts à s’appliquer d’abord à eux-mêmes les recommandations qu’ils font aux autres, et réaliser le « passage à l’acte collectif...vers une nouvelle démocratie écologique » auquel s’engagèrent les principaux dirigeant(e)s Vert(e)s depuis 93.
La place manque ici pour lister l’ensemble de nos propositions, qui seront peu à peu exposées sur notre site (http://mapage.noos.fr/verts.utiles). Cependant, parmi les débats qui seront lancés, insistons sur celui de notre communication :

- Interne : relancer La Tribune et Vert Contact tels qu’ils étaient au départ, des outils simples et adaptés aux technologies disponibles, de communication horizontale mettant en valeur la diversité des opinions et des luttes, permettant de repérer parmi nous de nouveaux talents et idées, et de constituer des réseaux pesants réellement dans la société ;

- Externe : inciter les producteurs de docu et ciné, les éditeurs, radios, journalistes, etc., à sensibiliser l’opinion, avide des thématiques qui nous sont propres, et à l’imprégner profondément de nos propres apports, au-delà des intérêts de promotion personnelle de nos élites.

4 - Quid de 2007 ? - Du référendum en 2005 (s’il a lieu) ?

La véritable mission de ce Congrès 2004, c’est de décider ce que doivent devenir les Verts, leurs militant(e)s, élu(e)s et représentant(e)s, le réseau écologiste citoyen qui gravite autour des Verts sans oser s’investir en écologie politique, leur influence collective sur la société et les institutions, leur capacité à améliorer le réel.
Ainsi que le prévoient les statuts, toutes les questions relatives aux élections 2007 seront débattues lors d’un forum national spécifique organisé fin 2005, et tranchées au plus tard lors du congrès 2006.
Le traité de constitution européenne, ainsi que divers sujets ne faisant pas l’unanimité entre nous, feront l’objet de larges débats impliquant tous les niveaux d’engagement, et tranchés par référendum interne.

5 - Pour des Verts Utiles, une tendance comme les autres ?

L’objectif n’est pas une énième tendance pour l’obtention d’un strapontin de pouvoir fictif, mais de générer un nouveau moyen de pression afin de pousser l’ensemble du parti au « passage à l’acte collectif ... vers une nouvelle démocratie écologique », par le respect de l’éthique de responsabilité écologiste.
« Pour des Verts Utiles » est une stratégie à moyen terme de renouvellement des pratiques, des objectifs et des responsables des Verts. Parce qu’il est désormais évident pour les militant(e)s, les élu(e)s de terrain et leurs équipes, comme pour tous nos observateurs, que les pouvoirs verts sont à présent concentrés entre trop peu de mains, et mènent à une perte de crédibilité durable des Verts. Elle s’adresse à celles et ceux qui sont « toujours minoritaires pour choisir, mais majoritaires pour subir » : il est urgent d’agir, tou(te)s les grain(e)s de SEL seront utiles !
Notre objectif est de bâtir un réseau de militant(e)s solidaires, autour d’objectifs et de fonctionnements novateurs, pour être utiles d’abord aux citoyen(ne)s en créant de nouveaux outils, destinés aux militant(e)s et aux élu(e)s de terrain qui veulent mettre fin à l’impuissance persistante des Verts à améliorer le réel, et à s’imposer comme la véritable force politique d’avenir en France et pour le monde.


Télécharger ce texte

Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19