Archives des Verts français Archives des Verts français

Motion d’orientation

Motion A : Changer et unir Les Verts, agir avec la société

samedi 23 octobre 2004

Après le temps du ni-ni, celui de l’affirmation du projet d’écologie politique, et le temps de la majorité plurielle, celui du positionnement à gauche et des premières responsabilités gouvernementales, dont le bilan n’a pas encore été tiré, le temps est venu pour Les Verts de franchir une nouvelle étape. Loin de nous contenter d’un rôle de force d’appoint, nous avons désormais l’ambition de devenir le moteur de la gauche. Tout en construisant des alliances majoritaires, nous avons l’ambition de devenir, à terme, le parti majoritaire de la gauche. Trois défis sont devant nous.

Télécharger la motion A

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

1. Conforter l’Autonomie des Verts
Face à la gravité de la crise écologique et à l’ampleur des problèmes sociaux, nous ne pouvons nous contenter d’une
écologie d’accompagnement posant des rustines sans s’attaquer au système qui génère ces crises. Il s’agit d’initier une écologie de transformation répondant aux problèmes majeurs de notre temps en inventant un nouveau mode de production et de consommation.

2. Assurer l’Ouverture des Verts
Notre base sociale et électorale est aujourd’hui limitée en grande partie aux classes moyennes urbaines, à fort capital culturel. Cette sociologie pèse sur notre mode de fonctionnement, d’organisation et les objectifs du parti. Faisons preuve de volontarisme, ouvrons grand les portes des Verts.

3. Favoriser les Convergences
Nous voulons bâtir un parti d’intervention et de propositions tourné vers la société, les mouvements sociaux et citoyens, aidant les militants à enclencher des actions collectives. Un parti refondé dans sa structure et son fonctionnement sachant co-produire avec la société les politiques publiques.

I- Un bilan encourageant mais nuancé :

Ces 2 dernières années, l’état des Verts s’est stabilisé : amélioration de notre situation financière, achat d’un toit commun. Les résultats électoraux et la progression du nombre d’élu.e.s ont traduit notre enracinement mais le parti n’a pas surmonté ses faiblesses structurelles dans ses prises de positions publiques et dans son ancrage social. Peu audible contre les réformes Raffarin, en manque de stratégies claires et efficaces, il reste principalement tourné vers les élections. Il n’occupe pas assez sa place dans les mouvements sociaux ou citoyens et dans les luttes environnementales. Parasité par les conflits internes, il n’a ni maîtrisé la problématique de l’autonomie ni mis en œuvre les réformes nécessaires à son organisation.

II- Les enjeux de la transformation

- Changer le mode de développement
Le productivisme, l’accélération de la mondialisation libérale, l’individualisme exacerbé dans nos sociétés mettent la planète en danger, font le lit des conflits et engendrent les guerres, créent un apartheid entre zones de surconsommation et zones de non-droit, vouées à la misère. La crise écologique frappe des régions entières, menace la vie, la santé de leurs habitants et la biodiversité. Le principe de précaution est bafoué (OGM, EPR...). Les changements climatiques, la crise des matières premières, les guerres de l’eau exigent des réponses urgentes sans tomber dans le catastrophisme. Les enjeux environnementaux mettent en cause radicalement nos modes de production et de vie. Ils exigent des ruptures dans les politiques de transports, d’habitat, d’énergie, de santé, de consommation, d’éducation, d’occupation des territoires, de production et de répartition des richesses.

- Combattre la marchandisation
La mondialisation capitaliste organise la précarité, sabre les politiques de régulation au détriment des salariés, suscite le démantèlement des services publics et casse le lien social. Défendre les politiques publiques dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la santé et de la culture suppose, tout en s’opposant aux privatisations, de proposer des solutions s’appuyant sur le contrôle des salariés, des usagers et des citoyens. L’accès de tous aux biens communs de l’humanité est un droit.

- Rénover la politique
La crise du politique est une des conséquences de cette mondialisation. L’idée selon laquelle le politique ne pourrait plus rien contre les pouvoirs économiques favorise l’abstention et les populismes. Les politiques sociales-libérales menées en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne renforcent ces dérives. Un simple zeste de Vert ne peut en rien changer le cours des choses. En prônant une écologie de transformation, Les Verts ont la volonté de redonner du sens à l’action politique et citoyenne.

- Lutter contre toutes les discriminations
.
Les droits fondamentaux acquis sous le modèle français républicain sont remis en cause. Le soutien aux luttes des femmes, la reconnaissance des minorités discriminées, de leur droit à l’organisation et à la différence garantissent la rénovation du pacte républicain.

- Construire l’Europe
Les Verts sont pour l’Europe fédérale. Aujourd’hui, il s’agit de savoir si le Traité constitutionnel ne ralentira pas l’Europe que nous voulons.
Dans ce débat, acceptons nos différences d’appréciation comme l’expression d’un réel débat démocratique interne. Quelle que soit l’option que nous prendrons, nous nous engageons à créer un rapport de forces en faveur d’une Europe sociale, écologique, démocratique en travaillant avec les sociétés civiles. Le développement d’un parti Vert européen en est un moyen déterminant.

III- Une stratégie durable

- Rester cohérent
Depuis 1993 notre démarche repose sur 4 piliers : participation aux élections et aux institutions, participation aux mouvements sociaux, développement de pratiques alternatives, construction d’une organisation mondiale verte. Il faut traduire ces choix dans la réalité pour ne pas être réduits à une simple machine électorale franco-française.

- Mobiliser pour gagner et pas seulement témoigner
Les victoires sur des objectifs limités font progresser la prise de conscience et répondent aux urgences. Le boycott consumériste, le recours à la désobéissance civile, peuvent faire avancer des causes importantes. Nous devons mieux communiquer sur les avancées concrètes que nous obtenons et mettons en œuvre.

- Construire des alliances sectorielles et un programme de transition écologiste
La construction d’alliances sectorielles de manière continue avec le mouvement associatif et syndical implique d’engager des campagnes sur des sujets forts : insécurité sociale, citoyenneté, transports, énergie, santé, éducation... Cette coproduction avec les acteurs sociaux doit déboucher sur des objectifs à moyen terme et des projets de politiques publiques ou à vocation contractuelles que porteront les Verts dans les combats électoraux et les institutions.
Elle permettra, sur la base du programme des Verts voté en 2003, l’élaboration d’un programme de transition écologiste pour les 20 prochaines années avec des échéances à 2, 5, 10 ans. La création d’un haut conseil stratégique de l’écologie contribuera à la réalisation de ces objectifs. Si nous ne nous adressons pas à toute la gauche politique, sociétale, associative, syndicale, si nous n’établissons pas des convergences solidaires avec les mouvements de la société tels qu’ils sont, le tête-à-tête avec le seul PS deviendra un étouffoir.

- Baser notre démarche électorale sur l’autonomie stratégique

  • Engager dès 2005 un processus de négociation d’un contrat de législature.
    Aucun accord ne sera envisageable avec la gauche sans l’obtention minimale d’un groupe parlementaire Vert à l’Assemblée et l’obligation incontournable d’une part importante de proportionnelle
  • Pour porter un projet ambitieux de transformation écologique, sociale et citoyenne et affirmer l’identité des Verts, présenter un.e candidat.e Vert.e à la Présidence de la République
  • Pour renforcer le poids des idées écologistes dans les municipalités, se mettre en capacité de présenter des listes autonomes au premier tour dans un maximum de villes pour ne pas être otages de majorités PS.

IV- Pour un parti d’intervention et de proposition

Les mutations sociales et organisationnelles des Verts sont liées et requièrent des solutions plus politiques qu’administratives.
Notre capacité électorale, disproportionnée par rapport à notre nombre d’adhérents, fait qu’insensiblement, nous devenons un parti d’élu.e.s, de collaborateur.rice.s et d’aspirants à ces fonctions. La représentation politique des jeunes, des ouvriers et employés, des adhérents issus de l’immigration est faible, celle des femmes ne va pas de soi. Enrayer cette tendance, aller vers un parti des 20 000 adhérent.e.s nécessite :
D’appliquer enfin les propositions issues de la RPI... :
• remettre les courants à leur juste place, celle du débat d’idées. Biodégradables, ils doivent cesser d’être les machines à choisir les candidats entre les congrès
• former une équipe de direction soudée. La désignation du CE doit tenir compte des compétences et des disponibilités des personnes
... De recentrer le parti vers l’action militante
• donner aux régions des moyens renforcés pour dynamiser les groupes locaux
• organiser chaque année au moins une conférence des secrétaires de groupes locaux
• donner la priorité à l’accueil et à la formation interne des militants
• mutualiser et valoriser le travail souvent méconnu des élu.e.s et des militant.e.s
• renforcer notre capacité militante avec une presse diffusable à l’extérieur
• organiser des fêtes de l’écologie au niveau régional, voire national
• créer un secteur entreprises, un secteur DOM-TOM, un réseau des Français Verts à l’étranger et soutenir Fac Verte.

Le congrès du changement...

L’heure n’est ni aux débats en trompe l’œil ni à la revanche. Au 2e tour nous œuvrerons pour une synthèse sans exclusive autour d’un message fort adressé à la société : celui du parti de la transformation sociale et écologique, intégrant la génération alter-mondialiste. Un parti Vert, au cœur de la gauche, responsable, réaliste et qui refuse toute vassalisation. Tous ensemble : Changer et unir Les Verts, agir avec la société.


Télécharger la motion A (pdf - 132 k)

Top
Plan du site | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
EELV - 6 rue Chaudron - 75010 - Paris - Tél. 01 53 19 53 19