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Réaction verte au mauvais coup de l’été à l’encontre des « gens du voyage », le 31 août 2004

Par les Verts du Val d’Oise

mercredi 1er septembre 2004

Averti de la sortie d’un texte permettant de retarder la mise en œuvre de la loi Besson, je me suis, dès mon retour de Toulouse, informé. Voici une proposition de texte. Que des responsables départementaux ou des élus s’en saisissent et, je l’espère, l’utilisent. Faites le circuler si vous l’estimez utile.

Je confie ce texte à qui veut bien l’améliorer et s’en servir.

Jean-Pierre, pour les Verts du Val d’Oise

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Un mauvais coup : le report à décembre 2008 de la construction d’aires d’accueil pour les « gens du voyage » !

Le droit de vivre sans résidence fixe est, en France, un droit constitutionnel.

100 000 familles sont concernées.

Pour passer de ce droit à la possibilité de vivre en caravane, il a fallu que l’État s’en mêle !

Deux lois successives, espacées de dix années (La loi Besson 1 - en1990 - et la loi Besson 2 -au cours de l’an 2000-), ont fini par obliger les communes de plus de 5000 habitants à réaliser des aires de stationnement pour les citoyens vivant dans des habitats mobiles.

Au détour d’une loi fourre-tout sur « les libertés et responsabilités locales », le gouvernement a fait adopter, par le Parlement, le 13 août dernier, un article -l’article 201-, prolongeant de deux ans le délai dont disposent les communes concernées pour réaliser les aires d’accueil et d’habitat prévues par la loi !

En clair, compte tenu du temps déjà écoulé, et des retards pris depuis le 5 juillet 2000, date à laquelle avait été votée la seconde loi Besson, les aires de stationnement qui devaient être terminées d’ici fin 2003 pourront, légalement, n’ouvrir qu’en décembre 2008, après... les élections municipales !

Cette prime à tous ceux qui, depuis quatre ans, freinent des quatre fers pour retarder l’application de la loi et qui travaillent à son abolition, constitue pour les trois à quatre cent mille Français intéressés (pour eux-mêmes ou quelqu’un de leur famille), tout à la fois une véritable provocation et une humiliation qui ne vont pas apaiser leur exaspération après une attente de trente-cinq ans, depuis 1969 et la fin du refus du « nomadisme » !

Une telle décision politique, préparée et exécutée en catimini, au cœur de l’été, pendant les vacances, et donc durant ce temps de moins grande vigilance, constitue une vilenie, une régression sociale supplémentaire, et le signe d’une nouvelle discrimination à l’encontre de la population tsigane.

Les Verts du Val d’Oise qui, il y a peu, dans les Conseils municipaux, ont attiré l’attention sur les risques de tout rejet systématique des Schémas départementaux d’accueil et d’habitat préparés par les services préfectoraux, constatent que, peu avant les élections sénatoriales, le pouvoir cajole les élus conservateurs de droite, mais aussi de gauche, qui font tout pour échapper à leurs obligations ! Mais que ne ferait-on pour plaire, croit-on, à ses électeurs ?

Les Verts soutiennent l’UNISAT [1] et s’associent à sa vive protestation : on ne peut vouloir, en France, une chose et son contraire, le droit au voyage et l’interdiction de stationner. C’est l’irréalisme qui conduit au désordre. C’est le réalisme dans l’action qui finit par donner confiance aux Français. Or les Tsiganes de France sont nos concitoyens. Il est grand temps de l’admettre, sans tergiversation et sans reculades.

Les Verts du Val d’Oise, le 1er septembre 2004

Notes

[1] Union nationale des institutions sociales d’action pour les tsiganes et Gens du Voyage.

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