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Libertés

Non aux menaces d’extradition de Roberta Cappelli et des autres réfugiés politiques italiens

lundi 29 mars 2004

L’Italie a réclamé l’extradition de Cesare Battisti, emprisonné puis actuellement remis en liberté en attente de jugement, et de deux autres réfugiés : Enrico Villimburgo et Roberta Cappelli, en tête d’une liste d’Italiens des années ’70, qui vivent en France depuis plus de 15 ou 20 ans suite à la longue période de conflits sociaux qui a traversé l’Itakie des années ’70. Les réfugiés ont été des militants qui dans les années 70/80 avaient fait des choix de lutte armée. Ils/elles ont choisi la voie de l’exil pour rompre avec ces choix et pour se soustraire aux poursuites judiciaires, aggravées par les « lois spéciales ».
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Roberta est une féministe dont l’histoire est emblématique de toute une génération. Son histoire, aujourd’hui est celle de milliers de femmes exilées anonymes, qui risquent d’être sacrifiées à la « Raison d’Etat » d’une Europe qui a fait le choix d’une politique de répression et de militarisation, allant à l’encontre même des prises de position de sa propre société civile. Et en tant que femmes, elles sont souvent les oubliées de l’histoire.

Tous/tes les exilé/es italien/es en France ont démontré que le choix d’une « autre » vie est possible, et réalisable, que tourner définitivement cette page de l’histoire italienne s’est avéré un parcours humain praticable, ce que l’asile de fait, concédé par la France, leur a permis de faire. Cette parole donnée a été consolidée par des régularisations administratives. Aujourd’hui les nouvelles orientations du gouvernement français remettent en cause cet asile de fait, et Roberta, avec quelques dizaines d’autres, craint d’être extradée d’un jour à l’autre, d’un moment à l’autre. L’extradition pour elle veut dire prison à vie, sans aucun recours, cela signifie se refermer au monde, se replier vers le passé, sans plus aucune possibilité de parler d’elle aujourd’hui ; cela signifie détruire tous ses liens sociaux et familiaux... Roberta et les autres ne représentent un péril social pour personne, les armes ont été rendues : mais où est la paix ?? Où est la solution politique, normale et conséquente que se doivent de pratiquer les Etats, après des conflits internes violents et généralisés, alors qu‚au contraire perdure une législation spéciale qui sur-sanctionne ?

En tant que féministes nous pensons qu’une paix juste doit exister pour les vaincus/es, pour tous/tes les vaincus/es. Ici aussi nous avons à jouer notre rôle de « passerelles de la paix » dans le règlement des conflits. L’asile de fait, concédé par la France, a signifié le choix d’une politique d’apaisement, après des conflits violents, choix fondé sur le principe de l’amnistie, pratiquée à plusieurs reprises par la V République. Nous pensons que cet asile ne doit pas être remis en cause. Nous demandons au gouvernement français qu’il respecte la « parole donnée » et l’asile de fait concédé aux exilé/es italien/nes.

Nous vous invitons à la soirée de soutien contre les extraditions des refugié/es italien/nes le 8 avril, à la Bourse du Travail, 85, rue Charlot- 75003 Paris à 19 heures.

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