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La foret et l’ONF : l’urgence de la vigilance !

Bulletin de la Commission Environnement, n°5 (printemps 2002)

vendredi 5 septembre 2003

Lors des tempêtes de décembre 1999, l’Office National des Forêts a démontré qu’un service public était nécessaire pour répondre aux besoins urgents des propriétaires forestiers, à la régulation économique du marché et à la défense de la forêt.
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Alors que la campagne électorale surfe sur les problèmes de sécurité et de proximité, la présence de milliers de fonctionnaires assermentés chargés de la police de la nature est également un élément indispensable à la prévention, l’éducation et la répression en matière de protection de la nature, de défense des forêts contre l’incendie.

Avec l’accord des Ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, la direction de l’ONF entreprend une réforme visant à supprimer quelque 600 emplois de ces mêmes forestiers de terrain. Cette réforme provoque l’hostilité des personnels, d’une part parce qu’elle leur est défavorable, d’autre part, parce qu’elle nuit aux intérêts de la forêt et des collectivités propriétaires de forêts.

De plus, en redéployant d’autres centaine de forestiers vers des activités commerciales "rentables", l’ONF réduira à minima la notion de service public. La qualité de gestion des forêts des collectivités publiques sera fonction de sa richesse. Cette méthode défavorisera fortement les petites communes forestières et les forêts peu productives.
En filigrane, c’est la fin de l’égalité d’accès des collectivités propriétaires - et de leurs citoyens - à la gestion durable et à la surveillance de l’espace naturel. La production à outrance de bois dans ces forêts devient également le leitmotiv de la nouvelle donne économique de l’ONF.

Il semble que le lobby des grands corps d’Etat (les ingénieurs du GREF en l’occurrence) ait encore gagné la partie en maintenant la pléthore de directeurs, de consultants et de contrôleurs très chers payés, au détriment d’une vraie modernisation basée sur l’initiative et le service public de terrain.
Les Verts, déjà très réservés quand à l’omnipotence de l’ONF et à certaines de ses pratiques sylvicoles (heureusement en déclin) n’admettent pas que les subsides de l’Etat entretiennent ouvertement servent à financer une course au profit (et à la concurrence avec d’autres services de l’Etat ou des associations) sur fond de gestion des espaces naturels.

Nous avions depuis longtemps demandé (et en particulier à travers le débat sur la loi d’orientation forestière) le rapprochement de l’ONF et du MATE, pour en faire un futur outil au service de l’espace naturel et de la gestion durable. La dérive actuelle risque, à contrario, d’ancrer plus encore l’ONF dans son credo productiviste et sa dérive commerciale.

A l’heure où les campagnes se désertifient, où les espaces naturels ont besoin de protection durable, où des efforts d’éducation des enfants et du public sont nécessaires, le Gouvernement actuel abandonne son rôle de gardien du patrimoine et de promoteur de développement rural pour laisser place à une privatisation progressive où la ruralité régressera une fois de plus.
Déjà empêtré dans une stratégie d’écocertification ( [1]) désastreuse au service des industriels et des lobby forestiers, ce dernier portera une lourde responsabilité historique vis à vis des forêts françaises.

Pour le groupe forêt, René MONTAGNON

Notes

[1] Les Verts défendent une stratégie d’écocertification basée sur un véritable contrôle au niveau de la forêt et non une "auto certification" à caractère administratif telle que le gouvernement la met en place (système PEFC). Entre prônant soit l’adhésion des propriétaires à la certification indépendante FSC, ou la mise en oeuvre d’un véritable contrôle statistique des forêts "PEFC" par un organisme indépendant, nous refuseront l’auto satisfaction actuelle des lobby forestiers.

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