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La forêt française : Un enjeu pour le XXI ème siècle

Extrait du Bulletin de la Commission environnement, n°1 (avril 2000)

vendredi 5 septembre 2003

La catastrophe sans précédent qui a touché la forêt de notre pays à l’occasion des tempêtes de décembre 1999, pose un problème de responsabilité à l’Etat devant les conséquences écologiques et économiques de ce phénomène.
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Ces tempêtes furent des révélateurs :

- De la fragilité des écosystèmes exposés aux conséquences de l’effet de serre, de l’équilibre de gestion des forêts, essentiellement fondé sur la production et sur le marché. - De la faiblesse de la solidarité supposée entre la filière-bois et les propriétaires forestiers.

Après le "cadeau" gouvernemental de la loi de finances 2000, qui a exonéré les entreprises de transformation des quelques 350 millions de francs de la taxe forestière, ces entreprises ont souvent joué le scénario de la baisse des cours du bois.

- De l’absence d’une véritable prise en compte politique, institutionnelle et financière de la multifonctionnalité écologique et sociale de la forêt.

Les Verts, qui ont travaillé depuis deux ans pour la genèse d’une véritable politique forestière souhaitent que le projet de loi forestière présenté au Conseil des Ministres du 12 avril soit largement amendé à l’assemblée.

- Pour exiger un véritable engagement de gestion durable basé sur :

- des études scientifiques pour une connaissance des milieux

- des documents de gestion précis,

- une conditionnalité des aides de l’Etat à une écocertification indépendante,

- le développement de sylvicultures plus respectueuses des équilibres, et en particulier, par la multiplication des traitements irréguliers et jardinés,

- une charte de qualité des exploitations forestières.

Pour développer une véritable "culture bois" dans notre pays, au titre de la lutte contre l’effet de serre et pour l’utilisation de matière première et d’énergie renouvelables.

Cela pourrait se traduire par un geste politique du type "1000 bâtiments publics en bois ; par la sortie, après six ans d’attente, du décret d’application de la loi sur l’air, imposant un pourcentage de bois dans les construction, et par le renforcement de l’utilisation du bois-énergie.

- Pour un développement de l’emploi dans une filière valorisant mieux les produits localement.

- Pour étendre la problématique forestière à la réhabilitation des espaces boisés urbains et ruraux, qui ont perdu plus de 100 000 hectare de haies et boisement d’alignement en 20 ans.

- Pour la constitution d’un réseau suffisamment important de forêts non gérées à évolution spontanée.

Au delà de la loi de modernisation forestière, le financement de la forêt doit être assuré dans l’avenir par une pollutaxes reconnaissant son rôle protecteur (Avalanches, érosion), régulateur et dépollueur (eau, air), fixateur de CO2, ainsi que son rôle social éminent.

De même, notre pays doit être moteur dans la définition d’un politique internationale de protection des forêts primaires tropicales menacées.

Groupe Forêt des Verts - avril 2000
(NDRL : animateur : René Montagnon)

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